ACTION DES PROTEASES SUR LA PROTHROM- BINE
Les différents agents protéolytiques actifs sur la pro” thrombine doivent être divisés en deux groupes.
Les uns, en effet, provoquent en même temps que la transformation de la prothrombine en thrombine, la dénaturation du fibrinogène en fibrine. Ce sont : des venins teis ceux de Bothrops et certaines coagulases microbiennes.
Les autres n'ont aucune action sur le fibrinogène purifié ou sur le plasma privé de prothrombine. Ce sont la trypsine, là pyocyanicoagulase, certains venins et plus particulièrement celni de Vipera russellii qui ne serait actif qu'en présence de calcium,
Nous ne parlerons que de la trypsine et du venin de Vipera russellit qui agissent uniquement sur la prothrombine.
Nous avons dit que là thrombine résultait de la transformation de la prothrombine .Nous avons montré de plus que des raisons de grandeur moléculaire jointes aux varia-
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tions du pH au couts de cette transformation, obligeaient à considérer cette réaction comme une protéolyse, scindant la prothrombine en molécules plus petites de thrombine. I1 est à peu près certain que l'action des venins, de la trypsine et de la pyocyanicoagulase doit être rapprochée de celle des ferments du type tryptase plasmatique (facteur A) à qui nous avons attribué le clivage de la prothrombine.
Contrairement à ce qui se passe avec la tryptase dans la coagulation normale, ces différents ferments protéolytiques continuent à agir après l’apparition de la thrombine et sont capables de détruire thrombine et fibrinogène avant que la fibrine ait pu se former. Il faudra donc chercher une dilution de ces ferments permettant au fibrinogène de coaguler avant que sa protéoiyse ne soit effective.
LE VENIN DE VIPERA RUSSELLIT :
C’est Arthus (5) qui, en 1920, à noté l’action du venin de Vipera russellii. Edsall (40) et Mac Farlane (78) ont montré que ce corps n’agissait pas comme les autres ferments et venins et paraissait être três proche de la tryptase plasmatique. Pour agir, il faudrait à ce venin une concentration suffisante d'ions calcium; les plaquettes ou les lipoïdes auraient le même rôle activant que dans la coagulation physiologique. Witts et Hobson (132-133), reprenant l’étude de l’action favorisante des lécithines sur la coagulation par ce venin de vipère, ont mis au point une technique particulière de mesure de la prothrombine dont nous avons eu déjà plusieurs fois l’occasion de parler et que nous allons étudier maintenant, en analysant les différents temps qui là composent.
TECHNIQUE DE WITTS ET HoBsSON :
Son principe est celui des méthodes de dosage en un temps, mais la thromboplastine est remplacée par le venin seul ou lécithiné.
Le sang est décalcifié par l'oxalate de potassium en solution à M/10. La solution recalcifiante est une solution à M/40 de chlorure de calcium,
On met 1 cc. de solution décalcifiante pour 9 ce. de sang.
La solution de lécithine est composée d'ovolécithine dissoute À raison de 10 gr. pour 100 cc. d'alcool à 95° I faut ajuster par la soude le PH de là solution entre 7 et 8, car il y a une acidification nette.
On met 0,05 ce, de solution de lécithine pour 1 ce. de solution de venin,
Deux solutions de venin sont utilisées, l’une à 1/10.000, l’autre à 1/80.000. En pratique, on peut se servir d'une solution telle que le mélange venin-lécithine coagule un plasma normal en 10 se condes. Le sérum physiologique à 8.5 p. 1.000 est utilisé comme solvant.
Pour diluer le plasma el obtenir une courbe étalon, on utilise un plasma déprothrombiné par l'alumine.
Pour trouver le taux de prothrombine p. 100, on peut employér la formule classique
temps normal x 100
— p. 100 prothrombine,
temps observé qui serait valable avec cette méthode. De même la courbe tracée en portant les logarithmes des temps en ordonnées et les logarithmes des concentrations en abcisses serait une droite.
En plus du taux de prothrombine, cette méthode permet de déterminer ce que Witts appelle : « lécithin difference ».
L'action activante de l'ovolécithine dans la coagulation est considérée comme semblable à celle de l'activateur thermostable des plaquettes; lorsqu'un plasma est saturé en lécithine, sa vitesse de coagulation cesse donc d’être influençable par les facteurs thromboplastiques et .théoriquement, le taux de prothrombine intervient seul. La prothrombinémie est donc calculée à partir du temps de coagulation obtenu avec le mélange venin-lécithine.
En opposition, le temps de coagulation trouvé lorsqu'on utilise le venin seul va être influencé par la quantité et la qualité des thrombocytes du sujet qui à fourni ie plasma. L'action de l’activateur issu des plaquettes est de raccourcir le temps de coagulation; on peut donc considérer que la formation du caïillot en présence de venin seul sera d'autant plus rapide que le nombre des thrombocytes du sang est plus élevé (une centrifugation de 10 minutes À 3.000 tours-minutes laisse la plupart des plaquettes dans le plasma).
La lécithin-difference représente l'écart existant entre le temps de coagulation du plasma par le venin seul (influencé par les thromboeytes) et le temps de coagulation en présence du mélange venin-lécithine (Saturé en facteur thermostable) qui est le vrai temps de prothrombine. | La lécithin-difference sera donc inversement proportionnelle au taux des plaquettes sanguines. Elle est comprise entre 12 et 16 secondes pour sujet normal.