I. — EFFETS SUR LA CIRCULATION PULMONAIRE
Tinxez, UNGar et Grossiorp (1936) [57] ont déterminé des lésions d’infarcissement pulmonaire et une hypotension de la petite circulation par excitation du bout distal du phrénique au cou. Ils obtiennent le même effet par excitation des racines. L'excitation est par contre inefficace en-dessous de l’A.P.S. Les auteurs concluent à la nature histaminergique des fibres végétatives du phrénique. Ces expériences et leur interprétation sont passibles de critiques. On connaît l'extrême banalité des lésions d’infarctus pulmonaire chez les chiens. On peut se demander d'autre part si les troubles circulatoires notés ne sont
(1) Nous n’envisageons donc pas la valeur physiologique des fibres post-ganglionnaires du bout périphérique.
No
pas la conséquence de modifications cardiaques. Autrement dit, l'hypotension du. ventricule droit que les auteurs enregistrent et interprètent comme le reflet d’une hypotension de la petite circulation ne serait-elle pas l'effet cardiaque de l'excitation phrénique ? Rien ne s'oppose anatomiquement en effet . à ce qu'une partie des fibres végétatives du phrénique soit branchée sur le plexus cardiaque. Dans les conditions où opèrent ces auteurs, il est donc difficile de dissocier le facteur cardiaque et le facteur vaso-moteur dans les perturbations de la petite circulation.
BüuRSTEIN (1947) [10] a réalisé une préparation de poumon perfusé in situ avec le sang de l’animal lui-même qui permet d'éliminer le facteur cardiaque. Un appareil de Jouvelet est intercalé entre le ventricule droit et l’artère pulmonaire, et débite le sang circulant à un taux constant. Un système de siphon famponne les modifications tensionnelles dans l'oreillette gauche et permet d'y maintenir la pression à un niveau sensiblement normal. Dans ce dispositif le poumon garde son innervation et sa circulation bronchique intactes. Dans ces conditions Bursren a étudié les répercussions sur la vasomotricité pulmonaire de l'excitation du ganglion stelaire et du phrénique. L’excitation du stellaire détermine une vaso-constriction indéniable, mais légère et transitoire, Celle du nerf phrénique ne fournit aucune réponse. De cette expérimentation, on peut déduire que les filets végétatifs du phrénique
Ne
ne paraissent pas destinés à la circulation fonctionnelle du poumon.