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récente, transitoire et peu susceptible de récidive, ainsi que par BAUMES, J.-B. Franck, HAsse, HÉNOCH, etc. FoviLe les assimilait à tel point qu’il se demandait s’il ne fallait pas bannir les expressions multiples d’attaques épileptiques, épileptiformes, éclamptiques, etc. BuRLUREAUX écrit : “ Quant à l’éclampsie des jeunes enfants, son identité avec l’epilepsie nous semble indiscutable ,. Plus récemment, GÉLINEAU, DUFOUR, CRUcHET se sont faits les défenseurs de la même opinion.
Pour nous, nous considérons les attaques éclamptiques de l'enfance comme de véritables crises épileptiques. Elles ressortissent à des états cérébraux divers qui peuvent d’ailleurs s'associer : la congestion simple, l’intoxication, les lésions inflammatoires méningo-corticales. Epilepsie et éclampsie ont, nous l'avons montré, même symptomatologie clinique et surtout elles nécessitent toutes deux un même terrain, préparé en général par une hérédité névropathique similaire ou dissemblable : elles ont une pathogénie univoque, l’intoxication, agissant sur ce système nerveux prédisposé et porteur de lésions, quelquefois grossières (lésions de méningo-encéphalite aiguë, allant de la simple congestion à la désintégration cellulaire, ou chronique, sclérose tubéreuse ou atrophique), souvent discrètes (prolifération névroglique).
Mais le fait qui vient apporter le plus grand appui à cette thèse est la transformation commune des convulsions de l'enfance en épilepsie idiopathique. Nous abordons ainsi la partie la plus intéressante de notre travail : l’avenir réservé aux enfants qui ont été atteints
de convulsions,
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Il est hors de doute que, dans la majorité des CAS, les convulsions de l'enfance guérissent sans laisser la moindre trace, la moindre tare pour l'avenir; mais que de fois elles ne sont que le prélude d’une épilepsie qui s’installera pendant la seconde enfance, à la puberté ou plus tard encore.
Cette question de la plus haute importance a préoccupé à Juste titre, depuis une trentaine d’années, les cliniciens qui ont établi à ce sujet des statistiques nombreuses.
Moreau de Tours, sur 240 épileptiques avait noté 43 fois des convulsions, soit 17,9 %.
MicHÉa, sur 63 épileptiques en a trouvé 13, presque le quart, qui avaient présenté des convulsions dans le bas âge.
FÉRÉ, dans l’ensemble de ses statistiques personnelles, trouve chez des épileptiques une proportion de 34 p. 100 d'anciens éclamptiques.
Pierre Marie donne le chiffre de 75 à 80 p. 100; H. Mari celui de 64,1 p. 100; HaBErMaAAS, dont la statistique porte sur 1,200 épileptiques, n’a trouvé des convulsions infantiles que dans 20 p. 100 des cas.
Dans le même ordre d'idées, BERGER signale que, sur 105 cas, l’épilepsie a débuté 22 fois (soit 20 p. 100) avant l’âge de 5 ans. GowErs l’a vue débuter avant l’âge de 3 ans dans 12,5 p. 100 des cas et il ajoute en plus qu’il a exclu de cette statistique les cas qu’il considère comme éclampsie simple de lenfance. OSLER trouve une proportion plus forte encore, 180 fois sur
Courts a étudié l’avenir de 85 convulsifs infantiles :
11 sont devenus épileptiques, soit 12,9 p. 100 ; 29 ont été atteints d’autres névroses (chorée, migraine, psychoses, etc.), soit 34,1 p. 100; 45 enfin sont restés in demnes, soit 52,9 p. 100.
Durour, de l’observation de 66 convulsifs infantiles, a constaté que 15 sont devenus épileptiques, soit 22,7 p. 100.
BurLarDp et TOwNSEND ont trouvé que sur 30 anciens éclamptiques, 6 étaient faibles d'esprit ou épileptiques, soit un cinquième.
Moxo», qui a compulsé les observations de 68 épileptiques de Bicèêtre, trouve 30 convulsifs avérés, soit 44,11 p. 100, 25 douteux, mais probables, 21 non convulsifs.
GILLET a pu avoir des renseignements précis sur 23 sujets qui avaient été atteints de convulsions infantiles : 3 sont devenus épileptiques et 1 hystérique. Dans 17 cas, il a pu relever des antécédents héréditaires névropathiques.
Durour, dont la statistique porte sur 54 cas d’éclampsie de l'enfance, n’a relevé que 4 fois la transformation en épilepsie (7,4 p. 100). Il est vrai qu'il n’a tenu compte que des cas de convulsions dites idiopathiques, ce qui explique la faible proportion qu'il signale. On peut affirmer toutefois que cette proportion est encore très supérieure à celle qu’on relève chez les individus normaux. MARCHAND croit que les épiléptiques qui ont été atteints de convulsions infantiles sont plus nombreux que ceux qui n’en ont pas présentées.
Nous aurions voulu apporter une statistique précise. Malheureusement, pour nos malades de l'asile de Maré-
ville, surtout pour ceux qui nous viennent des départements des Vosges et de la Haute-Saône, nous manquons la plupart du temps de renseignements suffisants sur les antécédents héréditaires et personnels. Nous nous sommes donc contenté de rapporter les observations de ceux pour lesquels nous possédions des renseignements suffisamment précis, mais néanmoins nous avons trouvé, malgré cette fâcheuse absence des commémoratifs, chez un quart environ de nos épileptiques les convulsions infantiles nettement affirmées.
Mais ce qui importe surtout, c’est de poser les bases
du pronostic éloigné des convulsions infantiles, de dégager les signes qui permettront de faire craindre ou même, dans certains cas, d'affirmer l’éclosion d’une épilepsie future.
Si les attaques ont été violentes et fréquemment répétées, ou si elles sont survenues au cours d’un état de santé normal ou à la convalescence d’une maladie aiguë, elles devront faire craindre que le système nerveux de l’enfant ne soit déjà atteint de lésions méningocorticales.
Il en est de même si l’attaque est unilatérale et se reproduit plusieurs fois du même côté, car elle indique alors une lésion irritative locale très probable, affirmée au cas où l'enfant reste frappé d'hémiplégie spasmodique, qui devra toujours rendre très réservé le pronostic.
Plus grave encore sera le pronostic quand les convulsions ne sont qu’un épisode d’une affection aiguë du cerveau, complication d’une maladie infectieuse ou propagation d’une otite ou d’une mastoïdite souvent
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méconnues, révélées d'autre part par un état méningé, des symptômes généraux, une température élevée. Si cette encéphalopathie aiguë n’entraîne pas la mort de l'enfant, il deviendra un idiot et probablement en outre un épileptique.
Graves aussi sont les convulsions qui ont été la conséquence d’un traumatisme, en particulier d’un traumatisme obstétrical (forceps, version, bassin dystocique) qui a provoqué une hémorrhagie méningée chez le fœtus; graves, les convulsions de la cyanose du nouveau-né.
Mais l'élément qui domine le pronostic futur des convulsions infantiles est la connaissance des antécédents héréditaires.
Les ascendants peuvent présenter eux-mêmes soit des tares héréditaires très importantes ou des tares acquises (épilepsie, alcoolisme, tuberculose, etc.), que nous avons longuement passées en revue au chapitre d'étiologie. On recherchera l’état des parents au moment de la conception, le surmenage, l’état d'ivresse, les poussées de syphilis ou de tuberculose.
Les collatéraux peuvent être déjà atteints d’épilepsie : ils ont fait la preuve et obligent le clinicien à réserver son pronostic.
L'éclamptique devra être suivi pendant toute son enfance de très près par le médecin auquel n’échapperont point ainsi les signes précurseurs, avertisseurs d'une épilepsie qui menace de s'installer.
Ce sont ces états convulsifs de l’enfance qui surviennent chez les héréditaires sans causes apparentes, sans prodromes, au cours d’un état de santé appa-
remment normal, que l’on peut assimiler à des crises d'épilepsie essentielle et qui ont pour substratum anatomique des lésions encéphaliques chroniques d'emblée, dont le développement a débuté après la naissance ou pendant la vie intra-utérine.
Ce sont surtout les modifications de l’état mental et du caractère au cours de la seconde enfance. Ces troubles de l'humeur et de l’activité générale méritent une mention spéciale et il importe de les rapporter à leur véritable cause et de n’en point méconnaître toute la portée diagnostique et pronostique.
L'enfant menacé d’épilepsie, déjà porteur d’une diathèse épileptique, est habituellement quelque peu débile, égoïste, instable, passant facilement de l’excitation à la dépression, indiscipliné, irritable, souvent agité et violent, d'autre part facilement flagorneur. Il a fréquemment des tendances au mysticisme, à l’érotisme ou à la cruauté. Dans les formes les plus légères, on ne remarque chez l’écolier que de l’inattention, de l’indocilité, de l'instabilité.
Sur ce fonds mental éclatent parfois des réactions rapides, explosives comme la crise épileptique ellemême et qui les ont fait considérer comme des équivalents psychiques de l'attaque (épilepsie mentale des Allemands, convulsions mentales de MAUDSLEY).
Brusquement, sans causes où à l’occasion d’un prétexte insignifiant, éclatent des accès de colère ins tantanée, irrésistible et qui ne connaît pas de bornes. L'enfant, au milieu de pleurs et de cris de rage, trépigne, se roule à terre, brise ses jouets, déchire ses vêtements, s’arrache les cheveux, se frappe lui-même
ou se jette comme un furieux contre ses camarades qu'il griffe ou brutalise, allant quelquefois jusqu’à l’'homicide. Ces accès de colère atteignent quelquefois un paroxysme indescriptible et l’enfant en arrive à des actes d’une violence inouïe. Ces crises s’accompagrent parfois de pâleur de la face, de fixité du regard et même de quelques mouvements convulsifs qui orientent le diagnostic vers leur véritable nature.
D’autres fois ce seront des impulsions dont les modes les plus communs sont la fugue, le vol, l'incendie, le vagabondage. L’amnésie dans ces cas ne serait pas habituelle d’après NACEOTTE.
Il y a lieu de mentionner ici ces accès de {erreurs nocturnes que TROUSSEAU considérait déjà comme de l’épilepsie. Brusquement, après quelques heures de sommeil, l'enfant s’éveille, se dresse sur son lit comme en proie à un cauchemar effrayant, les yeux fixes, grands ouverts, rivés vers une apparition terrifiante qu’il fait tous ses efforts pour repousser. Il pousse des cris, prononce des paroles incohérentes au milieu desquelles quelques mots permettent de laisser deviner qu'une hallucination visuelle (animal monstrueux, voleur, assassin), est la cause de sa frayeur. Il ne reconnaît pas les personnes qui l'entourent, cherche à se jeter dans leurs bras pour y trouver une aide ou une protection. Après quelques minutes, une demi-heure ou même une heure, l'enfant se rendort d’un sommeil paisible. Quelquefois une émission involontaire d'urine apparaît à la fin de la crise. Le lendemain l'enfant n’a conservé aucun souvenir des faits de la nuit. Dans les formes frustes tout se réduit à des rèves sté-
réotypés à caractère pénible, des crises d’agitation de courte durée ou de somnambulisme.
Ces mêmes enfants sont souvent également des débiles moteurs, présentant äe la maladrèsse constitutionnelle, de la paratonie, des syncinésies, le signe des orteils de Babinski. L’incontinence nocturne d'urine n’est pas rare.
Plus caractéristiques encore, et plus affirmatifs de la tare épileptogène, parce que phènomènes moteurs à coup sûr épileptiques, sont le ic de Salaam ou crise de rythmie salutatoire (CRUCHET) et la crise procursive, si bien décrite par BOURNEVILLE.
Le tic de Salaam consiste en des mouvements de salutation plus ou moins rapides, réguliers dans leur rythme comme les battements d’un métronome et accompagnés d'hébétude, d’inconscience qui sont le stismate de leur origine comitiale.
On nomme crise procursive une fugue dans laquelle l'enfant s’en va tout à coup droit devant lui, suivant une ligne ordinairement droite quelquefois circulaire, ou recule (épilepsie rétropulsive) pour s’arrêter de même au bout d’un temps variable, sans avoir aucunement conscience de ce qui s’est passé. La crise procursive n’est parfois que l’aura motrice d’un accès épileptique franc ; dans ce cas elle peut être plus ou moins consciente.
Enfin il ne faudra pas méconnaître les manifestations du petit mal qui précèdent souvent l’établissement des grandes attaques. Nous voulons parler des vertiges et surtout des absences, plus rares que chez l'adulte, mais aussi plus difficiles à reconnaitre et que
l’on est trop enclin à attribuer à un caprice ou à de l’inattention.
La névrose comitiale procède lentement, aussi reconnaissons de loin les prodrômes du mal sacré et n’hésitons pas à l’attaquer résolument et préventivement, sans compter sur l'influence favorable des progrès de l’âge, de la menstruation, qui seront des circonstances plutôt aggravantes que favorables ; ayons sans cesse à l'esprit le précepte de GÉLINEAU : Znitium sapientiæ, limor epilepsiæ, præsertim apud parvulos.
Pour conclure, nous considérons donc comme indices certains ou presque certains d’une tare épileptogène, l'association chez un enfant d’antécédents héréditaires névropathiques, de convulsions infantiles et de troubles du caractère et de l'intelligence (émotivité et instabilité spéciales). La tare épileptogène sera affirmée si l'enfant présente déjà en même temps des équivalents psychiques ou moteurs, tels qu’accès de fureur soudains avec pâleur de la face, terreurs nocturnes, tic de Salaam, fugue procursive et surtout vertiges et absences.
La tare épileptogène sera probable si un enfant, dont les antécédents héréditaires sont inconnus, a eu des convulsions infantiles et présente quelques-uns des troubles psychiques que nous avons rapportés ou est porteur d’un ou de plusieurs de ces stigmates physiques grossiers, qui sont la signature de la tare dégénérative.
Ces constatations commanderont un traitement prophylactique spécial dont il nous reste à nous occuper.