‹ Contribution à l'étude des convulsions infantiles considérées dans leurs rapports avec l'épilepsieChapitre 44 sur 48 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Essai de thérapeutique prophylactique de l'Epilepsie chez les Convulsifs infantiles

Il résulte des données que nous venons d’exposer que les convulsions de l'enfance ne sont bien souvent que le symptôme avant-coureur d’une épilepsie future et que, d'autre part, c’est dans l’hérédité avant tout qu'il convient de rechercher les sources profondes de ces manifestations comitiales.

Ces considérations nous permettent, à un point de vue pratique, trop négligé à notre avis par les praticiens, de poser les indications rationnelles du traitement prophylactique de l’épilepsie, qui menace ces enfants frappés, soit dès leur conception, soit au cours de la vie intra-utérine, soit après la naissance, d’une tare dégénérative. Nous avons précisé les indices qui nous feront diagnostiquer chez eux la constitution épileptogène et qui nous commanderont de leur assurer toute l'attention et toute la sollicitude dont ils ont besoin pour échapper dans la mesure du possible aux terribles manifestations de la tare qu'ils ont reçue en partage.

Les bases de ce traitement prophylactique de l’épilepsie ont été particulièrement bien établies par notre maitre M. le Professeur Paris, qui nous a conseillé de reprendre cette question pour en faire le sujet de notre thèse inaugurale.

Dès avant la naissance une prophylaxie utile peut être instituée. Il est évident qu’il ne peut être question de supprimer l’hérédité des géniteurs, quoiqu'à ce point de vue nous sommes d'avis que le médecin, s’il est consulté, doit déconseiller formellement le mariage aux épileptiques, aux tuberculeux avancés, aux syphilitiques récents et insuffisamment traités. Mais il est possible aussi de corriger dans une certaine mesure la prédisposition. Si le père ou la mère sont des comitiaux, un traitement bromuré convenablement conduit; un traitement mercuriel ou arsenical, contrôlé par les moyens de laboratoire dont nous disposons aujourd'hui, s'ils sont syphilitiques; une hygiène et un traitement appropriés, la suralimentation, s'ils sont tuberculeux, ne pourront qu’avoir une influence heureuse sur le futur produit de conception. Il ne faut cependant pas perdre de vue qu'un traitement spécifique (mercuriel ou arsenical) trop intensif ne doit pas être prolongé outre mesure, car il risque de déterminer chez la mère, par exemple, des accidents d’hydrargyrisme ou d’arsenicisme chroniques, qui peuvent avoir sur l'embryon une influence néfaste.

Mais c'est surtout au moment de la conception elle-même et pour la durée de la gestation que

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les conseils du médecin aux parents, à la mère en particulier, seront de la plus haute utilité.

Nous avons vu les terribles conséquences qu’entraine pour l’enfant l'ivresse, au moment du coiït, d’un ou des deux conjoints. Pourquoi le médecin n’en avertirait-il pas les jeunes mariés, ainsi que du rôle néfaste, au moment de la conception, des émotions fortes de la mère ” Les maladies infectieuses de tout ordre offrent à ce moment le même danger pour l'enfant qu'ils vont procréer que toutes les causes débilitantes de l’organisme qui exercent leur influence sur le spermatozoïde et l’ovule.

Au cours de la gestation il importe d'expliquer à la femme enceinte pourquoi elle doit s'abstenir de lPusage des boissons fortes et des liqueurs contenant des essences nuisibles. Si elle est syphilitique, il est évident qu’elle devra être traitée. Si elle est épileptique, femme d’un épileptique ou si on a seulement des raisons de supposer que le fœtus est menacé de par son ascendance d’une tare épileptique, il est incontestablement absolument nécessaire de lui recommander un régime spécial et d’instituer toutes les mesures prophylactiques que réclame un adulte menacé d’épilepsie et dont nous aurons l’occasion de nous occuper.

I importe qu’elle soit l’objet des soins les plus minutieux; son entourage s’attachera à lui éviter tout prétexte d’impatience ou de colère et à lui faire la vie plus calme que jamais. On devra assurer l’antisepsie intestinale et lui imposer un traitement

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bromuré continué pendant toute la grossesse, quoiqu’à dose affaiblie.

Il faudra naturellement veiller sur les circonstances de l'accouchement afin d’échapper ou de porter un prompt et efficace remède aux incidents ou accidents qui pourraient survenir et être pour le fœtus une source de prédisposition ‘morbide que le médecin saura ainsi éviter.

L’allaitement nécessite une attention toute particulière. Voilà longtemps que BRESCON recommandait d'enlever l'enfant nourri au sein à sa mère épileptique. M. le professeur Paris a insisté sur cette prescription dont le bénéfice est double, car, d’une part, l'enfant est ainsi soustrait à l’action d’un facteur qui n’est pas négligeable d’éclampsie infantile et d’épilepsie précoce; il est mis à l'abri des traumatismes qui pourraient résulter pour lui d’une attaque convulsive de la mère et, d'autre part, la mère elle-même ne risque pas de subir, par le fait de l'allaitement, une aggravation de son mal ou une atteinte d’aliénation mentale à laquelle sont si exposées les nourrices prédisposées.

Si la mère qui nourrit n’est pas atteinte d’épilepsie, il sera néanmoins prudent de lui recommander la même hygiène, le même régime, de lui assurer le même calme et les mêmes soins que ceux que nous avons prescrits pour la comitiale enceinte et qui devront être plus stricts encore si elle est sujette à des troubles névropathiques. Elle vivra donc d’une vie paisible en évitant autant que possible les émotions et les fatigues.

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