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ont été eux-mêmes atteints d’épilepsie ou d’éclampsie puerpérale.
c) Une Hérédilé dissemblable.
d) Une Hérédité affirmée seulement par des stigmates physiques grossiers de dégénérescence ou par une association de stigmates physiques et psychiques, constatés avant l’apparition des crises convulsives.
a) Hérédité directe ou convulsions survenant chez des enfants dont les parents ont été affectés eux-mêmes de convulsions infantiles.
Le rôle de l’hérédité et, en particulier, le rôle de l’hérédité directe n'avait pas échappé aux vieux cliniciens.
WiLLIS, BŒRHAVE, LINNÉE, ZIMMERMANN, RAULIN, SÉNAC, VIRIDET, TISSOT en rapportent des exemples remarquables.
Lorry a vu une famille tout entière, le père, la mère, les enfants, les filles, les garçons tomber en convulsion à la moindre impulsion de la cause la plus légère.
HOFFMANN croit également les convulsions héréditaires.
BaumEs (1805), professeur à l'Ecole de Médecine de Montpellier, qui publia le premier travail d'ensemble sur la maladie qui nous occupe, écrit : « Puisque les maux et les habitudes des parents passent à leur postérité, rien ne doit infirmer l'opinion qui admet une faculté héréditaire dans les convulsions » ; et, plus loin, il ajoute : «Ce n’est point que les convulsions, parce qu'elles sont héréditaires, doivent ou puissent se dé-
velopper et avoir lieu après la naissance sans cause manifeste. Cette aptitude qui vient de l’hérédité demande ordinairement a être mise en jeu; mais il y a cette circonstance que les moindres causes en ont le pouvoir. » On voit, dès cette époque, nettement posés le rôle de l’hérédité et celui des causes déterminantes occasionnelles.
Pusoz rapporte une observation d’hérédité des convulsions de l’enfance bien démonstrative.
BRACHET, dans son Trailé des convulsions des enfants, les regarde, lui aussi, comme d'origine héréditaire. Cette origine est également mentionnée comme fréquente par ANDRAI, (TUERSANT et BLACHE, GiINTRAC, Ri- CHARD, de Nancy. Cette opinion est celle de Boucaur qui relate, à l'appui de cette thèse, plusieurs observations remarquables. L'une d'elles, devenue célèbre, est reproduite par tous les auteurs : Une enfant a eu des convulsions jusqu’à l’âge de sept ans; elle a eu dix frères ou sœurs qui tous ont été sujets aux mêmes accidents, six en sont morts. Mariée à son tour, elle a eu dix enfants en quinze ans et de ces enfants, un seul, le neuvième, mort à neuf mois, n’a pas présenté de phénomènes éclamptiques. Des neuf qui ont eu des convulsions, quatre ont succombé.
Vocer, Mecs et PErer, Ducros affirment aussi la prédisposition convulsive acquise héréditairement. Harris donne une statistique intéressante : Trentesept cas d’éclampsie ont eu lieu dans treize familles, dans lesquelles on a pu suivre cinquante-cinq enfants à la première, à la deuxième et à la troisième génération : vingt ont présenté des convulsions.
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DE MONTGOLEFIER, en 1883, sous l'inspiration du professeur LAURE, de Lyon, consacre sa thèse inaugurale à l'étude de l’hérédité dans l’étiologie des convulsions infantiles.
Moreau de Tours, dans son travail sur la folie chez les enfants, admet sans conteste l'influence héréditaire comme cause prédominante de l’éclampsie. BARTHEZ et SANNÉ font quelques réserves, sans rejeter toutefois la prédisposition léguée par les ascendants. SANNÉ a observé un homme, ancien convulsif infantile, père de 4 enfants dont 3 firent également des convulsions.
Tous les auteurs modernes : ECHEVERRIA, FÉRÉ, Durour, JorFroY, CoMBY, Simox (de Nancy), GÉLINEAU, Courrs, MARFAN, APERT, HUTINEL et BABONNEIX, D'Es- PINE, Moussous, etc., ont admis le rôle de la prédisposition dans l’étiologie des convulsions infantiles.
b) Hérédité homologue convulsive
Il est de notion courante que les enfants des comitiaux sont particulièrement sujets aux convulsions de l'enfance ou à l’épilepsie. Ici les faits et les statistiques abondent à tel point qu'il y a lieu de s'étonner que quelques très rares auteurs (Louis, LASÈGuE) aient cru devoir nier l'influence de cette parenté épileptique.
Un certain nombre, parmi lesquels BŒRHAVE, Tissor, BEAU, DELASIAUVE, ne l’admettent qu’en faisant plus ou moins de réserves. Il est vrai, en effet, de dire que la parenté la plus directe n’entraine pas la certitude de l’hérédité, mais les faits plaident d'eux-mêmes et,
faute de pouvoir nous étendre longuement, nous ne rapporterons qu’un certain nombre de statistiques bien démonstratives.
VoisiN a observé 17 familles d’épileptiques où il est né 35 enfants : 16 sont épileptiques ou morts de convulsions. Il cite en particulier le fait d’un épileptique, marié à une femme névropathique qui eut 8 enfants, dont 7 sont morts de convulsions ; le dernier est épileptique.
BOUCHET et CAZAUVIEILH, de l’observation de 58 enfants d’épileptiques, ont constaté que 37 sont morts d’éclampsie infantile; 7 sont devenus épileptiques ; 14 seulement étaient sains.
Nous trouvons dans FÉRÉ une statistique d'ECHE- VERRIA qui a étudié la descendance de 136 épileptiques mariés. Ils ont eu 533 enfants, dont 195 sont morts dans l’enfance de convulsions, 22 sont devenus des épileptiques avérés.
LANGDON CARTER GRAY cite le cas d’une dame américaine épileptique qui eut 9 enfants, tous emportés en bas âge par des convulsions.
FÉRÉ rapporte deux statistiques :
01 hommes épileptiques mariés ont eu 291 enfants : 48 ont présenté des convulsions de l'enfance, 17 sont devenus épileptiques, 2 filles ont fait de.l’éclampsie puerpérale ; d’autres ont été atteints de migraine, d’hystérie, de chorée, de vésanies ; 22 sont morts-nés; 32 seulement étaient indemnes d’affections nerveuses. 50 épileptiques femmes ont donné le jour à 151 enfants. 39 ont eu de l’éclampsie de l'enfance, 13 ont été épileptiques, 1 a fait de l'éclampsie puerpérale. Nous
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trouvons encore dans cette descendance des migraineux, des choréiques, des vésaniques, etc.; 19 sont morts-nés ; 30 seulement étaient sains.
On pourrait multiplier les exemples de l’hérédité convulsive directe. Un beau cas est rapporté par nous (Obs. XX VII) où, d’ailleurs, on trouve à côté de l’hérédité épileptique qui prédomine, il est vrai, presque toutes les hérédités dissemblables (vésanies, hystérie, alcoolisme, tuberculose).
L'expérimentation elle-même est venue appuyer cette thèse de la prédisposition convulsive héréditaire. BROWN-SÉQUARD a vu des cobayes, rendus épileptiques par section de la moelle ou du nerf sciatique, donner naissance à des petits qui deviennent eux-mêmes épileptiques.
LuCIANI a montré la transmission héréditaire de l'aptitude convulsive chez des jeunes chiens issus de parents chez lesquels il avait produit artificiellement des lésions irritatives de l'écorce cérébrale. I] fit couvrir une chienne opérée depuis 13 mois par un chien opéré lui-même depuis 3 mois; ni l’un ni l’autre n'avaient encore présenté de crises épileptiques. La chienne mit bas 8 petits dont 5 firent à quelques jours d'intervalle des crises convulsives caractéristiques et plus ou moins généralisées.
Une observation rapportée par FÉRÉ a toute la valeur d’une expérience physiologique. Un homme, dans les antécédents duquel il était impossible de relever aucune tare héréditaire ou acquise, devint épileptique à la suite d’un traumatisme. Il guérit de son épilepsie : mais, pendant qu’il était sujet aux accidents comitiaux,
il engendra une fille qui devint elle-même épileptique dès l’âge de 5 ans.
Ainsi donc la clinique et la physiologie viennent toutes deux à l’appui de la thèse qui considère l’hérédité convulsive comme la cause la plus redoutable des manifestations éclamptiques chez les enfants.
Il y aurait lieu d'examiner ici le rôle de l’éclampsie puerpérale chez la mère dans la genèse des convulsions infantiles.
On sait, en effet, que les enfants nés vivants de mères éclamptiques présentent fréquemment après la naissance des convulsions auxquelles ils succombent, il est vrai, dans la majeure partie des cas. Quelle est la raison d’être de ces crises?
Il faut d’abord remarquer avec FÉRÉ que les manifestations éclamptiques de la puerpéralité ne surviennent le plus souvent que chez des prédisposées évidentes et que l’on peut trouver d’une façon constante, par de minutieuses recherches, des antécédents personnels. L’auto-intoxication gravidique, « favorisée et accentuée par des lésions isolées ou combinées du foie et des reins », affirmée par TARNIER et CHAMBRELENT, qui ont constaté l’hypertoxicité du sérum, contrastant avec l’hypotoxicité des urines, vient réveiller chez la parturiente, épuisée encore par le travail, une épilepsie jusque-là latente.
On conçoit ainsi la genèse des convulsions chez le nouveau-né : d’une part, l’hérédité névropathique, cause prédisposante et d’autre part, la cause déterminante, l’intoxication, passant de la mère au fœtus au niveau du placenta à la fin de la gestation.