‹ Contribution à l'étude des Coqueluches du jeune enfantChapitre 28 sur 37 · A. — INDICATIONS D'ORDRE CLINIQUE · texte numérisé non relu

A. — INDICATIONS D'ORDRE CLINIQUE

1) Quelle est, tout d’abord, la fréquence de la coqueluche à cet âge ?

Celle-ci ne semble pas, au même titre du reste que sa gravité, avoir été appréciée à sa juste valeur; elle a été longtemps discutée. Toutefois, les statistiques américaines publiées dans l” &« American Journal of Diseases of Children », en 1916, montrent la fréquence réelle:

19,4 % pendant la première année, 20,1 % pendant la deuxième année, A0,1°% "dé 2 à 5 ans, 1752%"%de.6 a 15 ans:

2,3% après lo ans.

Pour notre part, sur un nombre total de 70 enfants hosptalisés pendant ces deux dernières années pour coqueluche, 38 avaient moins de deux ans. En

(1) N'ayant aucune expérience. du diagnostic bactériologique de la coqueluche chez Île jeune enfant, nous sommes volontiers restés sur le plan clinique.

réalité, ce chiffre concerne surtout des cas particulièrement graves, ayant nécessité l’hospitalisation.

De toute façon, la fréquence de la coqueluche en général, la facilité de la contamination du nourrisson, la recherche systématique de son diagnostic du fait de sa gravité, expliquent en réalité ce nombre particulièrement élevé.

2) , Caractéristiques symptomatiques. É

La séméiologie atypique de la coqueluche du nourrisson est bien connue. Aussi, n’avons-nous pas l’intention de nous y étendre longtemps ; certains éléments nous paraissent toutefois devoir être soulignés.

La période d’incubation est variable. Elle paraît plus courte que chez le grand enfant. Elle s’échelonne entre 3 et 8 jours. La période d’invasion, période catarrhale, passe en général inaperçue. Nous n’avons pu la retrouver avec netteté que dans trois de nos observations. [l s’agit le plus souvent d’une rhinite banale ou d’une rhino-pharyngite, de quelques crises d’éternuement, d’une toux de bronchite sans caractère particulier. La fièvre manque en général à cette période.

La période des quintes se constitue d’une manière très progressive. Leur atypie est particulièrement marquée. Le caractère si particulier de la coqueluche du grand enfant avec ses secousses expiratoires convulsives et précipitées, la pose dramatique en apnée de quelques secondes, et la classique reprise inspiratoire n’est qu’exceptionnellement reproduit.

Le plus souvent, il s’agit surtout d’une toux à caractère spasmodique se reproduisant par crises 5 à 10 fois dans les 24 heures. Ces accès surviennent aussi bien le jour que la nuit. Il n’y a pratiquement Jamais

.de reprise. Sans notion de contagion, le diagnostic qui

vient à l’esprit est celui de toux rhino-pharyngée. Mais le fait essentiel que nous avons retrouvé d’une façon presque constante chez nos petits malades est l’existence

Page 1