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3) Nous n’avons que peu d’expérience de l’auréomycine dans le traitement de la coqueluche. Nous ne l’avons jamais donnée isolée. À deux reprises, elle fut associée à la streptomycine ou à la chloromycétine, dans les cas sérieux. Elle ne nous a pas paru particulièrement efficace. Le nombre de quintes n’a été que peu modifié.

4) Nous avons employé la terramycine chez 5 nourrissons, après échec des autres antibiotiques. Le résultat fut manifeste sur l’élément thermique et les signes fonctionnels. Dans deux cas, elle ne put empécher l'installation d’une encéphalite: après avoir obtenu une amélioration notable de l’état général, de la dyspnée, des phénomènes infectieux, une rechute brutale et mortelle se produisit au bout de 48 heures.

La posologie est comparable à celle de l’auréomycine.

Ces différents antibiotiques agissent d’une façon générale, et à des degrés divers, sur l’élément infectieux, les manifestations pulmonaires et la fréquence des quintes. ;

Mais certaines modalités cliniques des coqueluches du nourrisson imposent la mise en œuvre d’une thérapeutique d’urgence.

L’oxygénothérapie doit être appliquée dans tous les cas de pneumocoqueluche et de crises asphyxiques. Elle est réalisée avec le maximum d’efficacité au moyen de la tente à oxygène à débit réglable, et associée à une nébulisation d’antispasmodiques et d’antibiotiques. Nous avons employé, dans la plupart des cas, une solution de streptomycine et d’inophyline. Les séances d’aérosols sont pratiquées à 4 ou 5 reprises dans les 24 heures, et durant 15 à 20 minutes.

Les crises d’apnée prolongée demandent une action thérapeutique d’extrême urgence : respiration artificielle, injection de 3 à 10 milligrammes de lobéline sous-

cutanée, mise en place du ressuscitator, avec oxygénothérapie. Il nous semble que la manœuvre d’insufflation et d'aspiration d’air, de bôuche à bouche, par l’intermédiaire de compresses, est d’une grande efficacité au cours de certains accès particulièrement prolongés et dramatiques.

Des injections d’atropine, à la dose de 1/10 à 1/8 de milligramme, deux fois par jour, sont instituées pendant quelque temps.

Devant l’abondance des thérapeutiques puissantes dont nous disposons actuellement pour lutter contre la coqueluche, la difficulté du choix de la médication élective ne laisse pas que d’embarrasser.

Nous pensons pouvoir schématiser ainsi la conduite à tenir:

1) Les coqueluches du nourrisson, même en apparence bénignes, justifient la prescription d’un antibiotique par voie buccale. La chloromycétine est la médication de base; elle doit être appliquée pendant une dizaine de jours. En présence de vomissements ou de difficulté d’absorption, on dispose de la voie rectale.

2) Les manifestations pulmonaires, à type de pneumocoqueluche, les quintes asphyxiantes, nécessitent, en plus du traitement symptomatique (oxygénothérapie, réanimation), la prescription de streptomycine. On l’associe à la chloromycétine ou à l’auréomycine dans les formes sévères ou qui paraissent résistantes.

3) Le diagnostic d’encéphalite impose l’application des 3 ou 4 antibiotiques et de la mise en place de perfusion intraveineuse de sérum glucosé, novocaïné, avec percortène.

Le problème d’une lyse bactérienne trop brutale, sous l'influence de la thérapeutique antibiotique se

. . e , pose ici (observation XVII). La survenue d’une

Le Hors

encéphalite au cours de ce traitement, après une légère période de rémission, attire l’attention et laisse parfois une fâcheuse impression.

Le problème est délicat. Il nous paraît de toute façon que, devant l’extrême gravité de telles formes cliniques, le maximum d’efforts et de surveillance doit être apporté. On doit d’autre part avoir à l’esprit que, même avant l’ère des antibiotiques, la survenue imprévisible des mêmes accidents mortels s’observait au cours de la coqueluche.

4) La bronchopneumonie secondaire obéit aux règles classiques thérapeutiques. L’adjonction de pénicilline ou de sulfamides est indiquée.

Les doses de pénicilline doivent être importantes, de l’ordre de 800.000 à 2.000.000 d’unités par jour.

Le syndrome de LA dan et des différentes localisations infectieuses doivent être surveillés quotidiennement.

. Conclusions

1 — Les coquéluches du nourrisson sont, par définition, des coqueluches sévères. Leur fréquence actuelle et leur gravité rendent compte des nombreux travaux consacrés à leur étude clinique et à leur traitement.

2 — Les éléments essentiels de leur. symptomatologie résident:

— dans l’atypie des quintes qui prennent, dans près de 60 % des cas, un caractère asphyxiant,

— la fréquence des manifestations pulmonaires à type de pneumocoqueluche. Elles impriment à la maladie une allure sévère. Mais leur pronostic est, dans l’ensemble, favorable, |

— la valeur diagnostique de l’hyperleucocytose avec cellules mononucléées, critère indispensable pour affirmer la valeur spécifique des symptômes observés.

3 — Deux facteurs principaux dominent le pronostic de l’affection chez le nourrisson: .

— les quintes asphyxiantes graves avec crises d’apnée prolongée, | — les encéphalites.

Leur thérapeutique n’est encore actuellement que eymptomatique.

4 — Les antibiotiques, et en particulier la streptomycine et la chloromycétine, doivent faire partie inté-

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