AISE DE LORETTE
Fig. 28. PROFIL TRANSVERSAL DE LA VALLÉE DE LA SARINE à Fribourg.
La terrasse inférieure de l'Auge est recouverte de graviers actuels de la Sarine; le palier moyen ou terrasse de St-Nicolas est couvert, sauf sous le quartier du Bourg, d’alluvions puissantes (25 à 30 m. à Pérolles) que recouvre une épaisse couche de moraine de fond; la haute terrasse est séparée de celle de St-Nicolas (basse terrasse de M. Aeberhardt) par le seuil rocheux du collège, ses alluvions sont à jour, recouvertes par la moraine, en amont, aux Daillettes et, sur la rive opposée, à la gravière de Lorette. Entre le sig. du Guintzet et le Point P au Gambach la moraine de fond repose sur la molasse.
Ces deux coupes naturelles permettent de juger de l'épaisseur des bancs de molasse entre les deux ravins,
1) La route Neuve qui réunit la gare au quartier de la Neuveville longe le versant droit du ruisseau des Pilettes,
sous l'avenue de Pérolles; elle est d'environ 40 m. audessus du niveau de la Sarine, c’est-à-dire exactement celle de l'épaisseur des bancs molassiques de la terrasse moyenne. Ainsi, l'avenue de Pérolles est bâtie sur la terrasse moyenne, recouverte d’une couche de dépôts fluvioglaciaires de plus de 30 m., appartenant à la dernière glaciation (moraine de Pérolles). Par conséquent, la Sarine coulait au niveau de la terrasse moyenne, lors de la dernière invasion glaciaire et c’est bien à une reprise d'érosion post-glaciaire que sont dus, d'un côté, la terrasse inférieure de la Sarine avec ses graviers actuels, de l’autre, le surcreusement correspondant des tronçons inférieurs des lits de la Sonnaz et de son affluent la Crausa.
Grâce aux profils des lits des cours d’eau et à la stratigraphie des dépôts glaciaires, il nous serait certainement possible de déterminer l’époque à laquelle se sont produites les captures que nous avons étudiées au cours de cette étude.
Nous n'entreprendrons pas ici cette classification, elle nous obligerait à sortir du cadre de cette étude. Les recherches que nous poursuivons à ce sujet nous semblent prouver que la dernière époque interglaciaire, plus longue que l’époque actuelle, vit s'effectuer plusieurs captures.
Quant aux causes qui produisirent, à deux reprises différentes, l'ouverture d’un nouveau cycle d’érosion dans le Plateau fribourgeois, elles sont certainement complexes.
Il est reconnu qu’un cours d’eau, quelque puissant qu'il soit, ne creuse son lit et ne déplace ses gros graviers de fond que quand sa pente redevient torrentielle. Par conséquent, il est logique d'admettre que deux fois l'équilibre du bassin de la Basse-Sarine fut troublé par des influences tectoniques actives d’une force suffisante pour régénérer avec la phase torrentielle une reprise de l'érosion.
Nous terminerons cette étude en nous demandant si le Plateau ne subit pas des phénomènes de bascule qui, en le relevant du côté des Alpes, augmentèrent par le fait même, avec la pente, l'énergie potentielle des affluents
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droits. Telle est notre conviction qui s’appuie sur un certain nombre de faits. Nous nous en réservons l'exposé plus ample pour un mémoire ultérieur.
En pareil cas, l'explication du fait, que toutes les captures importantes sont l’œuvre des affluents de la rive droite au détriment de ceux de la rive gauche des artères voisines, est toute trouvée.
Toute trouvée aussi, l'explication du fait, sans cela inintelligible, que la Broye, cours d’eau relativement faible, soutire les affluents gauches de la Sarine et que cette dernière, moins vigoureuse que l’Aar, détourne de leur cours naturel les affluents de ce fleuve et le fleuve luimême.
G. MicHez.