‹ Contribution à l'étude des coussinets des phalangesChapitre 14 sur 23 · D LOIRE · texte numérisé non relu

D LOIRE

mateux, la couche cornée, qui a souvent l’épaisseur du corps muqueux, est composée de lamelles cohérentes de cellules kératinisées et anuclées. Par place, elle pénètre en coin dans le corps muqueux, s'enfonce dans une invagination de l’épiderme, et paraît délimiter ainsi des bourrelets, qui sont indistincts à l’examen clinique.

Cette pénétration correspond parfois, mais non toujours à un trajet sudoripare. Le corps muqueux et la.germinative sont envahis par un œdème interstitiel et parenchymateux et par des cellules d’éxocytose. L’exoplasme n’est que partiellement conservé; les cellules dyskératosiques sont rares.

Les papilles dermiques-sont allongées, parcourues de vaisseaux ectasiés et souvent épaissis ; le corps papillaire a perdu son aspect réticulé ; il est hyalin, et fréquemment sclérosé. Quelques infiltrats discrets, faits de lymphocytes, d’histiocytes et de fibrocytes, entourent les vaisseaux. Une sclérose céllagène a envahi les dermes moyens et inférieurs : les vwaisseaux présentent des parois très épaisses, et des lumières parfois obstruées par des bourgeons endartéritiques. ;

Les nerfs apparaissent volumineux, en raison de lPépaississement de l’endonèvre et du périnèvre. A noter l’absence de glandes et d’appareil pilo-sébacés. Les glandes sudoripares sont composées de glomérule et de canaux excréteurs modifiés. De nombreux tubes excréteurs et sécréteurs sont ectasiés ; leurs cellules ‘sont dissociées, et l’assise musculaire, souvent détachée de l’épithélium, s’égare dans le tissu

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conjonctif. Cette assise musculaire est parfois très hyperplasiée. Certains canaux excréteurs sont dilatés, kystiques, et leurs parois sont amincies : d’autres sont involués où mal conformés.

On observe des cavités tubuleuses, bordées directement par des cellules épithéliales et myoïdes, qui paraissent dépourvues de vitrée, les cellules musculaires sont en contact intime avec les cellules glandulaires.

La différenciation myoïde est souvent prédominante ; les fibres lisses hyperplasiées sont groupées en petits faisceaux, ou égarés dans le conjonctif ambiant, comme on le voit dans certains cas de mafadie de Reclus du sein. Les tubes excréteurs sont kystiques et involués, ou de conformation viciée. Leur lumière est élargie, déformée ; leurs parois sont amincies, parfois pourtant, ces parois sont épaissies et leur lumière est réduite. La kératinisation des trajets sudoripares se fait à peu près au niveau normal, c’est-à-dire un peu plus tôt que celle des cellules du corps muqueux.

Glomérules et appareils excréteurs sont dissociés par des fibrilles collagènes.

En résumé : kératinisation anormale de l’épiderme, avec sclérose dermique, altération vasculaire et nerveuse, lésions des appareils sudoripares ectasiés, involués, ou dysgénétiques et hyperplasie des fibres

Lsses.

ETIOLOGIE

D'après les cas rapportés par les auteurs nous voyons que les « Knuckle Pads » atteignent en général les sujets à partir de la deuxième enfance ; mais <omme ils ne se résorbent jamais une fois développés, ils sont naturellement plus fréquents chez les gens âgés. Il n’y a donc pas de type sénile de Knuckle Pads. Archibald GARROD a observé douze cas de coussinets des Phalanges. Sur ces douze cas sept étaient masculins, cinq féminins. Chez un de ces malades, les lésions ne furent perçues pour la première fois qu’à 60 ans.

Chez un autre, elles ont pu être observées pendant 42 ans.

Ni syphilis, ni tuberculose, ni infections significatives, n’ont été dénoncées à l’origine de ces accidents bénins.

Un facteur génétique semble, au dire de certains auteurs (COSTE et MARCERON), présider à leur distrihution apparemment fortuite.

DIAGNOSTIC. DIFFERENTIEL

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Les coussinets des Phalanges pourraient être confondus avec :

a) les Nodosités juxta-articulaires de Lutz-Jeanselme ;

D) les Nodosités tuberculoïdes de Milian ;

c) les Nodosités rhumatismales de Féréol, de Meynet, d'Heberden et de Bouchard ;

d) les Tophi ;

e) les Xanthomes ;

f) les Verrues vulgaires ;

g) les Callosités professionnelles ;

h) les Nodules des trayeurs.

Nous allons successivement étudier les notions précises de siège, d’anamnestique, de métabolisme ou d'évolution de ces maladies, qui nous aideront à rejeter ces diverses rubriques pour nous en tenir au diagnostic souvent résiduel de Knuckles Pads.

À. -— LES FORMATIONS NODULAIRES

Elles jouent en pathologie cutanée un rôle très important. Ce sont des formations circonscrites dont le siège est l’hypoderme. Nous basant sur leur évolution,

SRE

nous les classerons en nodosités aiguës, subaigués et chroniques. Parmi ces nodosités, citons :

1°) Les Nodosités Rhumatismales.

Ces formations peuvent être rapprochées de l’érythème noueux. Bien qu’elles soient assez rares, plusieurs types en ont été décrits.

Elles affectent souvent des malades atteints de rhumatisme aigu ; elles atteignent le volume d’un pois et sont sous-cutanées ou intra-dermiques, de consistance ferme, de couleur pâle ou rosée, douloureuse au toucher. Leur durée peut être de 24 à 48 heures.

Féréol a décrit de ces formations siégeant au front. Elles sont indolentes, de nombre réduit, de durée éphémère. $

MEYNET a de même décrit d’autres productions, sous-cutanées adhérentes en profondeur ; dures, élastiques, légèrement douloureuses, la peau à leur niveau ne présentant pas de rougeur. Elles sont situées au niveau de saillies osseuses, particulièrement sur le crâne et peuvent durer de quelques jours à plusieurs semaines.

2°) Nodosités de Lutz-Jeanselme.

Elles furent évoquées en 1891 par LUTz, de passage à Honolulu, JEANSELME, en 1900, les a retrouvées en Indochine ; il les a décrites et dénommées.

Ce sont des nodosités sous-cutanées, arrondies ou lobulées, saillantes, de la grosseur d’un pois et même plus, mobiles sur les plans sous-jacents le plus sou-

vent, de consistance dure, indolores ; la peau est normale à leur niveau. Leur caractère particulier est de siéger au voisinage des articulations. Elles sont toujours multiples, d’une durée indéfinie, siégeant sur !a face d'extension des genoux, des coudes, et même sur les crêtes osseuses. Souvent elles sont symétriques, elles disparaissent rarement ; plus rarement encore elles se ramollissent, s’ulcèrent ou se fistulisent. Leur étude histologique (Mille ELIASHEFF en particulier) nous les montre formées de conglomerats fibreux plus ou moins dégénérés. On les observe dans les pays chauds, rarement dans les pays tempérés. On les découvre en Extrême-Orient surtout, dans tout le continent Africain, principalement en Afrique tropicale, à Madagascar, au Brésil, en Nouvelle-Guinée. Les indigènes sont électivement touchés ; les observations d’'Européens atteints sont rares. L’étiologie de ces nodosités a donné lieu à de nombreuses hypothèses : mycoses (Gougerot), filariose par Onchocerca volvulus (OUzILLEAU et ses collaborateurs) ; Origine mécanique due à des attitudes professionnelles (JEAN- SELME). Certains auteurs, Van DikE et OUDENTAL, CEAPIER, v ont trouvé de nombreux spirochètes, sans toutefois pouvoir affirmer s’il s'agissait de Treponema pallidum ou de Treponema pertenua. Chez de tels malades le B. W. était toujours positif et le, traitement par les arsénobenzènes très efficace.

3°) Nodosités juxta-articulaires à structure luberculoide, de MHILrAN.

Parallèlement à un « rhumatisme chronique défor-

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