OBSERVATIONS
OBSERVATION n° 1 (GARROD, cas n° 1).
Jeune homme : 20 ans. Scribe.
A toujours été en bonne santé, et ne présente : aucun signe de maladie organique.
De nombreux ascendants de cet homme ont souffert beaucoup de la goutte, son grand-père paternel particulièrement.
Sa mère a beaucoup souffert de rhumatisme chronique. Son père était porteur d’une maladie de Dupuytren. En examinant les mains de ce jeune homme on est frappé immédiatement par leur aspect particulier.
Du volume d’une petite noisette, des nodules s’ohservent au niveau des articulations interphalansiennes de plusieurs doigts. En faisant fléchir ces derniers on remarque que ces productions se montrent
plus apparentes.
A leur niveau la peau se montre normale et parfai-
tement mobile.
Les nodules qui siègent sur l’autre main, sont plus durs, sont moins mobiles que ceux du côté opposé, et les mouvements qu’on leur donne sont assez limités
AU
sur les plans sous-jacents. Les doigts en flexion complète, ils deviennent immobiles.
Sur la main droite : quatre nodules : les deux premiers sont situés à la face dorsale de la première articulation interphalangienne du médius et de l’anpulaire, les deux autres sur le pouce, l’un à la face dorsale de ce doigt, l’autre à la face interne.
Sur la main gauche, deux nodules : le premier appartient à la première articulation interphalangienne de l'index, l’autre de l’annulaire.
Poussant l’examen de ce jeune homme plus loin, on découvre à l’extrémité du gros orteil gauche une production qui semble de même nature que celles examinées aux doigts.
Le malade se plaint de ce que ces formations sont douloureuses, surtout s’il lui arrive d’écrire beaucoup. Certains jours où il ne se sent pas bien du point de vue de son état général, il lui semble remarquer que les nodules augmentent de volume.
Les autres articulations de son corps ne sont pas douloureuses.
Le malade s’est aperçu du mal dont il était atteint à l’âge de treize ans. Les nodules ont grossi régulièrement. Les derniers apparus sont ceux qui siègent sur le pouce. |
Dans sa famille on remarque que deux de ses frères ont précisément les mêmes nodules aux doigts.
Il ne se connaît pas de cousin germain du côté paternel, mais croit bien que quelques-uns de ses cousins issus de germain sont atteints de mal semblable.
Son frère aîné a pu noter que l’un de ses nodules était survenu à la suite d’un traumatisme.
OBSERVATION n° 2 ((GARROD, cas n° 2).
Une femme âgée de 50 ans et souffrant de bronchite chronique vient consulter en novembre 1889 à l'Hôpital de l’Ouest de Londres. |
On ne note chez elle aucun antécédent personnel.
Dans sa famille, personne n’a souffert de goutte ou a été atteint de rhumatismes. L’exploration de ses articulations ne révèle aucun signe de rhumatisme.
Sur l'articulation distale de son index droit on remarque des nodules d’'Heberden typiques. De plus situés à la face dorsale des doigts äu niveau des premières articulations interphalangiennes débordant légèrement sur la face interne, on remarque des productions semblables à celles citées dans la première observation. Mobiles sur les plans sous-jacents, élastiques, les doigts en extension, elles deviennent fermes au toucher. Ces nodules sont situés sur le médius et le petit doigt à droite, et sur l’annulaire et le petit doigt à gauche.
Jamais ils ne se montrent sensibles ou douloureux.
Cette dame a remarqué le début de lexistence de ces formations à l’âge de 17 ans.
Employée alors comme domestique, elle attribue au fait d’avoir frotté le parquet la genèse de ces nodules.
OBSERVATION n° 3 (GARROD, cas n °3).
Homme âgé de 43 ans. Métier : Scribe.
Bonne santé apparente, aucun antécédent personnel ou familial de goutte ou de rhumatisme.
RAS Green
Aucun autre membre de sa famille n’est semblablement atteint. Il a remarqué lPapparition du premier nodule à l’âge de treize ans. Il attribue sa formation au fait de traumatismes répétés, en frottant les murs avec ses doigts alors qu’il jouait.
Ici encore les formations sont plus petites que celles du premier malade.
Ces nodules siègent au niveau de la face dorsale de la première articulation interphalangienne des doigts.
À droite, ils sont situés sur l’index et le petit doigt, à gauche sur le médius et l'articulation distale du cinquième doigt,
Ressemblant à un nodule rhumatismal, on remarque une de ces formations plus petite que les précédentes, sur le tendon extenseur du cinquième doigt droit ; le malade attribue la formation de ce dernier élément situé à cheval sur l'articulation métacarpophalangienne à un léger traumatisme.
Quant aux autres connus depuis longtemps, ils avaient progressivement augmenté de volume.
Aucune douleur de ressentie, si ce n’est lorsque les doigts sont complètement fléchis.
Il est très intéressant d'observer un début de rétraction de l’aponévrose palmaire à la main gauche,
OBSERVATION N° 4 (WALLACE JONES, cas n° 1).
Homme âgé de 39 ans. Métier : Chauffeur.
Il y a de cela 7 ans, ce malade a souffert de dou-