VIII. — CANAL EXCRÉTEUR
I ne nous arrètera pas longuement, son étude a été reprise avec soin par Lebreton. Nous n’en parlerons que pour montrer combien sa disposition présente d'intérêt au point de vue clinique.
Pour Gübler el les classiques, le canal excréteur nait de l'extrémité antérieure de la glande pour s'enfoncer aussitôt
dans le tissu spongieux. De là il se dirige eñ avant et en
dedans vers la ligne médiane et va s'ouvrir sur la paroi inférieure de l’urèthre auprès de celui du côté opposé. Il décrit au canal excréteur deux portions, l’une intra-spongieuse, l'autre intra-muqueuse..Lebrelon n'admet pas intégralement cette description : pour lui, le plus souvent, le canal excréteur pénètre dans l’urèthre sans avoir auparavant traversé le bulbe. Il n'existerait done qu'une longue porlion sous-uréthrale et une portion intra-uréthrale plus courte où le canal glisserait à travers le lissu spongicux, puis au-dessous de la muqueuse.
Pour étudier les conduits excréteurs, il faut se rappeler qu'il existe d'une part des glandes diaphragmatiques, d’autre part des glandes bulbaires. Hogge décrit les conduits excréteurs de la glande de Cowper, comme occupant la partie inférieure de la face interne de la glande, où ils constituent le hile de l'organe : « Tous ces conduits excréteurs, dit-il, convergent sans l’atleindre vers la ligne médiane occupée par un prolongement antérieur du centrum, qui plus bas se continuera lui-même dans la cloison médiane .intra-bulbaire. Ces conduits excréteurs se trouvent tous placés au-dessus de la face supérieure du bulbe, derrière l'artère bulbaire. D'ordinaire les conduits excréteurs des glandes de Cowper diaphragmatiques, au nombre de deux ou trois, traversent l’angle de tissu spongieux compris entre la face inférieure du diaphragme et la paroi inférieure de l'urèthre, ils se réunissent de chaque côté en un conduit qui reçoit à son tour les canaux collecteurs des glandes bulbaires et gagne rapidement l’espace existant entre le
tissu spongieux et le chorion muqueux de l’urèthre, espace
où ilchemine sur un assez long trajet avant de déboucher dans l’urèthre. » ‘ ’
Quant aux lobules bulbaires, nous avons vu qu'ils étaient séparés les uns des autres par une épaisseur plus ou moins grande de tissu spongieux. Chacun de ces lobules vient déverser ses produits de sécrétion non dans un tronc collecteur commun, mais chacun isolément dans les conduits excréteurs des glandes de Cowper.
Au point de vue pratique, ce qu'il faut retenir des recherches anatomiques qui ont été faites sur les canaux excréteurs des glandes de Cowper, c'est leur longueur assez considérable : : trois à six centimètres pour Gübler, huit pour Cruveïlhier, trois seulement pour Lebreton ; c'est en outre l'existence d'orifices uréthraux petits et méme à peine visibles, et enfin la communauté de canal excréteur terminal des glandes intra-bulbaires et des glandes diaphragmatiques.
Ces trois points nous expliquent : d'une part les difficultés que l’on a à traiter les glandes de Cowper une fois qu'elles sont infectées, étant donné la longueur du canal excréteur et la petitesse des orifices uréthraux ; d'autre part, que le plus souvent, vu la communauté de canal excréteur des glandes bulbaires et diaphragmatiques, là où il y à bulbite il y a aussi cowpérite diaphragmalique et que l'erreur est, nous semble-t-il, de méconnaître la plupart du temps la seconde pour ne s'attaquer qu'à la première,