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Puis, sous l'influence d’une des causes que nous venons de voir, ou snas cause appréciable, l’accès éclate. |
Le malade éprouve une sensalion d’engourdissement dans les mains et dans les pieds, puis une certaine gène de mouvements, puis se produisent des secousses plus ou moins douloureuses dans certaines masses musculaires, surtout dans les mollets et plus habituellement des crampes d'intensité variable.
Parfois là s'arrête la scène morbide, mais souvent au bout de quelques minutes apparaissent les accidents téfaniformes. Presque loujours ils débulent aux membres supérieurs et la main est prise la première.
Le pouce est énergiquement porté dans l’adduction forcée, les doigts serrés les uns contre les autres se fléchissent légèrement sur lui et la main affecte la forme d’un cône que Trousseau à comparée à la main de l’accoucheur lorsqu'il veut lintroduire dans le vagin. Telle est la forme que l’on observe le plus habituellement. Parfois les doigts sont fléchis complètement dans la main, ou seulement les deux dernières phalanges sur la première étendue, semblables à une griffe. Plus rarement encore l'index et le médius sont seuls contractés. ,
La contracture peut rester limitée à la main, comme dans les cas les plus simples, mais d'ordinaire elle s'étend à d’autres groupes musculaires ; la main, un peu déjelée en dehors, se fléchit sur l'avant-bras, celui-ci sur le bras qui, lui-même est fléchi et fortement fixé sur l’abdomen ou sur la poitrine.
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Aux extrémités inférieures, les orteils sont fléchis sous la plante des nieds, le pied prend la forme du pied bot varus équin; quelquefois il est déjeté en dehors. Le Lype d’extension domine ici: la jambe est étendue sur la cuisse et la cuisse sur le bassin, les membres inférieurs sont étroitement rapprochés. Parfois, au contraire, les divers segments sont fléchis l'un sur l’autre.
La contracture peut occuper simultanément les extrémités supérieures et inférieures : exceptionnellement celles-ci sont seules atteintes.
Telle est la forme simple que Trousseau a observée et si bien décrite ; mais, dit-il, elle peut se généraliser, affecter les muscles du tronc et de la face, et quelquefois aussi les muscles de la vie organique. Ces cas devaient cependant être exceptionnels pour Trousseau puisqu'il n’en cite aucun exemple dans ses cliniques.
Nous avons dit que la contracture localisée aux extrémités, peut se généraliser ; cela s’observe en effet dans les cas graves dont nous rapportons la relation plus loin. La face se prend, les yeux sont fixes et immobiles, les paupières contractées, la pupille rétrécie ; les commissures labiales sont relevées, le sillin naso-labial plus accusé. Les muscles masticateurs sont durs et rigides et le trismus peut devenir assez intense pour empêcher le malade de rien prendre.
La langue elle-même n’est pas toujours indemne et sa participation à la contracture rend, avec le trismus, le jeu de la parole très difficile, sinon impossible Si les muscles de la nuque sont envahis, la tèle est fixée
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AE dans lextension; on a même cité des cas d’opisthotonos comme dans le tétanos.
La tétanie peut s'étendre aux muscles du thorax et au diaphragme, cette localisation est plus rare; alors les mouvements respiratoires, fortément sênés, deviennent fréquents et superficiels, le malade se cyanose. Enfin on a vu le ventre rétracté en bateau.
Arrivé à ce degré de contracture, le malade est immobilisé dans sa situation, aucun mouvement ne lui est possible et cet état ressemble bien plus au tétanos vrai, qu’à la tétanie, telle qu’elle est habituellement décrite.
Puis, après un temps variable, si le malade ne succombe pas au milieu de cette attaque, on voit peu à peu le système musculaire reprendre sa souplesse, la contracture cesse d’abord dans les groupes pris en dernier lieu, le tronc, la face, puis les membres redeviennent mobiles, et c’est toujours au membre supérieur où la tétanie a débuté, que persistent le plus longtemps les accidents. Parfois la fin de l'attaque est marquée par des contractions cloniques, de véritables convulsions ; plus rarement on a noté des phénomènes épileptiformes.
Celte contracture tonique qui affecte le système musculaire est parfois telle que tout effort fait pour a vaincre est inutile, toujours il est impossible au malade de la vaincre complétement. Dans une certaine mesure, il peut encore lutter contre cette impuissance, il peut faire quelques mouvements mais qui n'ont jamais l’amplitude normale. Si l'on parvient à dé-
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truire cette résistance, une fois que la force n’agit plus, les muscles reprennent leur attitude primitive.
Cette contraction involontaire est, de plus, douloureuse et ressemble fort à la crampe, à laquelle d’ailleurs les malades la comparent, et ces douleurs les incommodent au moins autant que la contracture ellemême. | \
Dans le cours de l'attaque, on peut voir les muscles atteints, présenter des mouvements fibrillaires, plus rarement on observe de véritables paroxysmes où le spasme s’exagère encore.
Telle est la crise musculaire, en quelque sorte dégagée des autres symplômes qui peuvent l'accompagner, la crise tétanique.
Parfois on a constaté de l'hyperesthésie cutanée au niveau des parties atteintes ; ailleurs les malades se plaignent d'éblouissements, d’obscurcissements de la vue, de bourdonnements d'oreilles.
Souvent le malade présente des symptômes généraux plus ou moins intenses : la face est rouge et vultueuse, les sueurs abondantes; les pupilles sont ordinairement rétrécies et peu sensibles à la lumière. Le pouls est fréquent et faible, surtout dans les cas graves. La dyspnée est un symptôme commun, elle accompagne toujours les accès de tétanie généralisée et peut se montrer en dehors de la participation des muscles du thorax à la contracture, et la respiration est à la fois courte et superficielle. Au moment des accès l'urine peut contenir de l'albumine. Plusieurs fois il y a eu élévation de la température centrale au moment et
Ge après les accès ; la température est montée jusqu’à 3908, et dans deux cas elle a suivi une marche ascendante jusqu’à la mort (1).
L'existence de ces phénomènes généraux et surtout de la fièvre survenant sans cause appréciable autre que la tétanie ne peut guère s'expliquer. On ne peul incriminer l'excès de chaleur produit par le tonus musculaire exagéré, par l'excès de travail musculaire depuis que l’on sait, dit Lœb, que les contractures du tétanos ne sont plus la cause véritable de l’hyperthermie que l’on rencontre dans cetle maladie.
Il paraît vraisemblable que ces phénomènes généraux sont dus à la même cause que la tétanie gastrique.
Quelle qu’elle soit, cette cause n’agit pas seulement sur l’appareil moteur, elle atteint aussi le cerveau, et ce n’est pas un des points les moins intéressants de la tétanie que ce coma dans lequel tombent souvent les malades. Dès que la crise se montre, le malade devient plus ou moins inconscient, indifférent à tout ce qui Pentoure; on dirait le coma de l'apoplexie, mais le système musculaire est contracturé au lieu d’être dans la résolution. Ce coma est plus ou moins complet, le malade peut prononcer des paroles incohérentes, il ne répond pas aux questions qu'on lui pose, mais il réagit encore par des gémissements aux douleurs pro-
voquées.