‹ Contribution à l'étude des crises de tétanie Crises de tétanie dans la dilatation stomacaleChapitre 10 sur 32 · Observations XIII et XXVIII · texte numérisé non relu

Observations XIII et XXVIII

On a cherché, surtout en Allemagne, Müller et Lœb, quel était l’état d’excitabilité musculaire pendant et après la crise. Ces auteurs ont vu que l’excitabilité des muscles et des nerfs aux courants galvanique et faradique était augmentée le plus souvent.

De plus les réflexes tendineux à la rotule et à l'olécrâne sont exagérés; dans cerlains cas ils ne présentent pas d’altération.

Trousseau, dans ses cliniques, dit que pour faire revenir à volonté les accès, alors que les malades en seraient quittes depuis frois jours et davantage « il suffit d'exercer une compression sur les membres affectés, soit sur le trajet des principaux cordons nerveux qui s’y rendent, soit sur les vaisseaux de façon à gêner la circulation artérielle ou veineuse ». Ce signe de Trousseau est noté dans la plupart des observations où on l’a cherché. Pendant la crise il augmente encore la contracture, après 1l réveille des fourmillements et des spasmes dans les muscles tributaires des nerfs comprimés : au bras, au niveau de l’artère humérale, dans ce que les allemands appellent le sillon bicipital interne, à la jambe sur le nerf péronier. |

Presque aussi régulièrement que le signe de Trousseau se produit le signe du facial dont la découverte et l'élude ont été principalement faites par Weiss et Chvostek. Lorsque l’on vient à percuter un point situé entre l’apophyse zygomatique et l’angle de la bouche, à peu près à distance égale, on observe une secousse brusque de muscles innervés par le facial, surtout de l’orbiculaire des lèvres, des muscles zygomatiques et

Ado

des muscles de l'aile du nez du côlé où la percussion a eu lieu.

La fin de l'attaque peut être marquée par des phéno-

mènes criliques : sueurs, polyurie, diarrhée, etc... Une fois la crise passée, le malade reprend complètement possession de lui-même, vaque à ses occupations comme auparavant, et ne conserve que quelques fourmillements dans les parties qui ont été atteintes.

Ou bien il est fatigué, affaibli par la crise qu’il vient de traverser, il est obligé de garder le lit; son estomac est intolérant, la moindre tentative d'alimentation provoque des vomissements, et cet état peut se prolonger pendant plusieurs heures. HR

Dans d’autres cas enfin, le malade reste dans le coma, les contractures diminuent peu à peu d'intensité et sont remplacées par du délire et de l’agitation. C’est dans ces cas que l’on voit en général la mort terminer la scène. Le malade a le visage anxieux, les yeux ternes et sans expression, le réflexe cornéen aboli : larespiration devient pénible et stertoreuse, le pouls insensible. De temps en temps il y a quelques secousses musculaires et le malade meurt dans le collapsus.

C'est là ce qui distingue la tétanie compliquant les affections gastriques de la tétanie vulgaire où l’on n’observe guère que des contractures des extrémités qui durent peu, où l'intelligence est conservée et où la guérison est la règle presque absolue. Iei au contraire la tétanie peut être mortelle et la mort arrive dans le coma, quelquefois pendant l'attaque, le plus souvent après. [l est incontestable que le coma n'est pas dû à.

Lio

la tétanie, il survient dans le cours des affections gastriques au même titre qu’elle. Ce coma dyspeptique est un sigre de la plus haute gravité. Par sa marche et sa terminaison il a les plus grandes analogies avec le coma diabétique, mais nous ne nous en occuperons pas davantage, ce serait sortir de notre sujet.

Quand, au contraire, le malade guérit et qu’il reprend connaissance, lout peut s'arrêter à une première crise; un traitement convenable et une meilleure hygiène ayant mis le malade à l'abri d’une récidive.

Mais il n’en est pas toujours ainsi, et la même série d'accidents peut se renouveler sans cause appréciable ou sous l'influence de la même cause : lavages de l'estomac, pression sur la région épigastrique, etc.

Ces accès se répètent d’une facon très irrégulière» un ou plusieurs dans une même journée, ou à quelques jours d'intervalle, sans règle fixe, sans que rien autre que des fourmillements et des crampes puissent les faire prévoir. On a même vu des malades dans un état demi-comateux, être repris de nouvelles crises, avec de véritables convulsions, crises qui se renouvelaient jusqu’au moment de la mort. |

. La durée de chaque accès varie à l'infini, depuis quelques minutes jusqu'à trente-six heures et plus,

surtout si le malade est dans le coma.

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