‹ Contribution à l'Étude des Crises Gastriques du TabesChapitre 15 sur 54 · JU · texte numérisé non relu

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comme les véritables formes cliniques de la crise gastrique, certains auteurs ajoutent : ane

La forme avec collapsus ou coma (Charcot) ;

La forme anorexique (Fournier) ;

La forme flatulente (Fournier);

Les formes avec crise cardiaque, angine de poitrine, et crises laryngées (Touche, Labbé et Sainton).

Enfin on range souvent aussi parmi les formes cliniques, certaines formes qui s’accompagnent de troublés intestinaux graves. — Borborygmes, météorisme, évacuations gazeuses, douleurs violentes, diarrhée dysentériforme. |

(Consulter pour les formes cliniques, les thèses de Tronc et de Rafinesque).

Diagnostic. — Le diagnostic de la crise tabétique, peut être dans certains cas extrêmement délicat.

En premier lieu, il importe de bien connaître la symptomatologie de cette affection pour affirmer que l'on se trouve en présence d’une véritable crise. Il faut se souvenir qu'elle est essentiellement caractérisée, par des douleurs gastriques intenses et des vomissements répétés, survenant par accès au cours d’un état de santé relativement bon et se terminant brusquement. L’intolérance gastrique est totale au moment de la crise, mais l'alimentation peut être reprise aussitôt après l'accès.

On recherchera aussi avec soin les autres symptômes que nous avons énumérés plus haut, les troubles de la sensibilité abdominale et thoracique, l'exagération du

reflexe abdominal.

MNT A

Quand cet exanien nous aura mis sur la voie de la crise gastrique tabétique, il faudra faire le diagnostic de la crise avec tous les autres syndromes douloureux abdominaux. Nous n’entrerons pas dans le détail de ce diagnostic, on en trouvera tous les éléments dans la thèse de Tronc et dans celle plus récente de Rafinesque. Nous nous contenterons de signaler brièvement les affections les plus susceptibles d’engendrer l’erreur.

Parmi les affections gastriques, on peut signaler en premier lieu les différentes gastrites, mais on peut re-

marquer que les troubles qu'elles engendrent sont in- fluencés par l'alimentation et existent également en dehors des crises.

L'hypersécrétion intermittente ou maladie de Reichman, présente beaucoup d’analogie avec la crise, mais dans cètte affection, le malade présente de l’hypersécrétion en dehors des accès, cette hypersécrétion est acide, l'intolérance gastrique est moins absolue, les vomissements sont moins fréquents, plus abondants et soulagent davantage le malade.

L'ulcère de l'estomac conserve sa symptomatologie propre, c'est-à-dire que les douleurs sont en rapport avec l’ingestion des aliments. L’hématémèse se trouve dans les deux affections mais elle est moins abondante et plus noire dans le cas de crise gastrique.

Le cancer est caractérisé parla cachexie et l'amaigrissement qu'il engendre très vite.

La gastroxynsis par le fait qu'il survient chez les

QE | sp

Jeunes gens surmenés et qu’il s'accompagne de migraine. S

Enfin, on peut avoir à distinguer la crise gastrique tabétique de la crise gastrique essentielle de Debove, appelée encore vomissement périodique de Leyden.

Encore faudrait-il savoir si cette affection.existe réellement. Boas, Mathieu, Streubing, Debove, Rémond de Metz, Rendu en ont cité des cas. Babinski en a rapporté un cas à la Société neurologique, en décembre 1911. Il faut remarquer, que bien souvent dans ces cas, le système nerveux n a pas été examiné d’une facon complète (Boas). Quand il a été examiné, on jvoit souvent noter des troubles parétiques des membres, du strabisme, des douleurs vives des extrémités, de l’abolition des reflexes et même la syphilis. Tous ces signes indiquent plutôt le tabes. Dans d’autres cas, les symptômes observés rappellent la migraine ou l’hypersécrétion intermittente.

Dejerine a bien vu des crises gastriques, constituées seulement à première vue par des troubles gastriques, mais toujours il a pu trouver des troubles légers mais nets de la sensibilité cutanée et conclut que ces crises étaient bien des crises tabétiques. Pournous, nousnous rallions à cetteopinion, les crises gastriques essentielles ne nous paraissent pas réellement exister. Il est probable que dans ces cas on a eu affaire à des tabes frustres, se caractérisant seulement par des troubles gasiriques. Quand les malades ont été suivis, on a souvent vu, plusieurs années après le tabes s'installer d’une façon évidente. (10 ans, Cas de Souques.)

En tout cas, en admettant que la crise gastrique essen-

tielle existe, il faudrait toujours dans ces cas douteux rechercherlalymphocytose rachidienne qui, pour Debove, peut trancher la question. Il sera bon aussi de faire une

réaction de Wassermann..

On a signalé aussi comme pouvant prêter à confusion, les troubles gastriques des hystériques et ceux des neurasthéniques.

Une quantité d’affections abdominales peuvent dans. certains cas simuler les crises gastriques. Nous nous bornerons à énumérer les plus fréquentes. Ce sont les coliques hépatiques et néphrétiques, surtout celles qui surviennent chez les tabétiques, les coliques de plomb, la ptose rénale, l’étranglement interne, l’occlusion intestinale, la sténose du pylore, la péritonite par perforation, l’appendicite, le cœcum mobile, l'invagination intermittente, la pancréatite hémorragique, les crises douloureuses chez les femmes à parois relachées.

On a signalé encore les fièvres pernicieuses,. l'urémie gastro-intestinale, les crises gastriques diabé- |

tiques, les crises douloureuses d’origine vasculaire.

Les formes de crises’où prédominent les douleurs sont en général faciles à distinguer des autres affections. Ici l’ulcère du duodénum pourrait surtout faire erreur. Il faut rechercher alorsles hémorragies occultes et voir si la douleur ne suit pas l'ingestion des aliments mais après un temps assez long. (Mathieu et Oettinger.) On a signalé aussi dans ce cas les crises douloureuses d'origine vasculaire (Pal), les douleurs dues à la com-

Dry

» pression de la moelle, la forme douloureuse du can-

cer du pancréas.

Quand les vomissements constituent le caractère le plus important de la crise, on peut les confondre avec les vomissements incoercibles de la grossesse, d'autant plus que ces vomissements sont quelquefois Le symptôme initial d'un tabes débutant au cours d’une grossesse. Les vomissements cérébraux ont pour caractères de s'accompagner de céphalalgie, d'être indolores, de survenir sans efforts et d’une façon irrégulière.

Dans les crises gastriques coexistant avec hématémèses ou mœælena, la confusion a lieu surtout avec l’ulcère ou le cancer de l'estomac. Nous avons vu, quand nous avons étudié ce symptôme, comment on pouvait faire le diagnostic. j

Quand il y a des vomissements fécaloïdes, on pourrait songer à l’occlusion intestinale.

Il importe avant tout de rechercher les signes du tabes quand on soupconne une véritable cerise gastrique. La plupart du temps on ne trouve pas les gros symptômes de cette affection, car en général la crise gastrique est un symptôme de début. |

Comme anamnèse on trouvera le plus souvent quelques douleurs fulgurantes en ceinture, des troubles de la miction, de la diplopie passagère. Il faudra rechercher avec le plus grand soin les symptômes oculaires, le myosis, l'inégalité pupillaire, le signe d’Argyll. En général, on ne trouve pas de troubles de la marche ; s’ils existent, ils ne sont qu’ébauchés. Il faudra recher-

ns

cher avec le plus grand soin les troubles de la sensibilité, l’analgésie testiculaire, mammaire, vésicale, trachéale, du globe oculaire; apporter la plus grande attention à l’analgésie épigastrique, à la pression profonde, ce dernier signe se rencontrant surtout au cours des crises gastriques. On devra de même examiner d’une facon très complète la sensibilité superficielle, surtout la sensibilité épigastrique, thoracique et | abdominale. L’abolition des réflexes sera un gros symp- … tôme que l’on devra rechercher attentivement. ne

Il importe aussi d'examiner le malade au moment de sa crise, car nous avons vu que la crise influe sur l'état

des réflexes et de la sensibilité.

Même si on ne trouve pas de signes de tabes, il faudra toujours réserver son diagnostic. Il importe de toujours faire dans ces cas une réaction de Wassermann et une ponction lombaire. Une réaction de Wassermann positive et une lymphocytose nette doivent faire admettre l’idée de crise gastrique tabétique.

Malgré tout, la constatation de signestabétiques peut même engendrer l’erreur. Dans certaines affections on peut trouver des crises gastriques et des signes de tabes. On a observé en effet des crises gastriques dans la paralysie générale, dans la sclérose en plaque (Liouville), dans la pachyméningite hypertrophique. Quand les symptômes de ces maladies sont peu nets la confusion est facilement possible.

De même dans la gastrite alcoolique on peut avoir des signes de pseudo tabes avec steppage et abolition

ape

des réflexes. Il faut rechercher dans ces cas les stigmates de l’alcoolisme.

Enfin, il ne faut pas confondre les hyperesthésies thoraciques et les douleurs en ceinture avec les véritables névralgies intercostales, car il faudrait une cœxistence de troubles gastriques pour amener la confusion.

Cependant Lœper a signalé fréquemment des troubles gastriques intenses au cours des névralgies intercostales et des zonas de cette région. Ici la confusion devient facile. On a en effet des douleurs en ceinture, souvent des anesthésies ou des hyperesthésies accompagnées de douleurs gastriques et quelquefois de vomissements. On conçoit que l'on puisse être embarrassé par une telle analogie. En réalité, ces symptômes peuvent relever soit d’un tabes fruste, soit d’une lésion ayant de grandes analogies avec les lésions tabétiques et que nous étudierons plus loin au chapitre de la pathogénie. Ces diagnostics difficiles ne pourront être fait le plus souvent que quand le tabes s’aflirmera.

Pronostic. — Au point de vue du pronostic, il faut se placer à deux points de vue.

Par rapport au tabes lui-même, les crises gastriques ne signifient rien.

On a dit qu’à la période préataxique, elles indiqueraient un tabes bulbaire et que quand elles apparaissaient au cours de l’ataxie, elles indiquaient une marche ascendante de l'infection vers le bulbe (Tronc).

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