‹ Contribution à l'Étude des Crises Gastriques du TabesChapitre 16 sur 54 · AA PRES · texte numérisé non relu

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D'après l'étude pathogénique nous verrons que l'on ne peut pas accepter une telle manière de voir. C'est seulement dans le cas où les crises paraissent relever d’une lésion du pneumogastrique que le bulbe pourra être menacé. Or c'est là un cas plutôt rare.

Du reste nous sommes bien forcés de remarquer que l’évolution ultérieure du tabes n’est en rien changé par la crise. On voitdes tabes se limiter à des crises gastriques pendant de longues années et même guérir, tandis que chez d’autres malades les lésions progressent rapidement. »

Envisagé à ce point de vue, la crise gastrique ne signifie rien pour le pronostic.

Au contraire, considérée en elle-même, la crise gastrique est souvent un incident grave du tabes. Le malade est très éprouvé par l'intensité des douleurs et la fréquence des vomissements. Aussi son état général s’altère rapidement dans les crises sévères. De plus, la plupart du temps pour calmer ses douleurs, le malade a recours à la morphine qui, pour nombres d'auteurs, aggraverait les crises. On peut dire que le malade atteint dé crise gastrique devient rapidement un impotent et si ce symptôme ne s'amende pas, il est vite conduit à la mort. |

Certains auteurs pensent en outre qu'un tel affaiblissement met le malade en état d’infériorité pour lutter contre Le tabes qui, dans ces conditions, s'aggrave rapidement.

Enfin, il ne faut pas oublier que la crise gastrique en elle-même peut aboutir à la mort.

Donc, pronostic immédiat quod vitam, en général assez bon. Pour la suite on doit considérer la crise gastrique comme une complication très fâcheuse du tabes. Si les crises ne s'arrêtent pas d’elles-mêmes, le médecin doit faire tous ses efforts pour les enrayer.

Etiologie. — L'étiologie de la crise gastrique ne nous arrêtera pas longtemps. Aucun auteur ne peut mettre en doute qu’on setrouve là en présence d'un symptôme tabétique. Discuter la nature tabétique des crises gastriques revient à discuter l'entité morbide que nous appelons le tabes. Une telle question est en dehors de notre étude et nous adoptons ici l SPOS générale à ce sujet.

Il est facile du reste de remarquer que les véritables crises gastriques ont toujours été vues chez des tabétiques avérés, ou chez des tabétiques au début, dont il est facile de suivre plus tard l’évolution. C’est un symptôme assez fréquent du tabes (36 0/0 d'après Eichhorst). Certains auteurs ont même voulu en faire un signe pathognomonique de tabes (Rafinesque).

Nous ne chercherons donc pas ici si le tabes est bien la cause de la crise ; nous sommes en présence d’un fait évident constaté par tous les auteurs qui se sont occu-

pés de la question.

Cependant, il faut remarquer que nous avons affaire ici à un symptôme, c'est-à-dire à un phénomène causé

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par une lésion pathologique. Il est légitime de penser qu'une lésion équivalente engendrée par n'importe quelle cause reproduira le même symptôme. Nous verrons un peu plus loin, au chapitre dela pathogénie, que la lésion causale de la crise n’est pas pour nous absolument pathognomonique du tabes. Il s’en suit que les crises gastriques ne seront pas toujours causées uniquement par le tabes. Ce qu'il faut remarquer, c'est que dans le tabes, elles atteignent toute leur ampleur et que c’est là qu’elles se présentent avec leurs symptômes réellement caractéristiques. Enfin, c’est dans le tabes que nous le trouvons dans l'immense majorité des cas. Au cours des autres affections les crises gastriques constituent somme toute une anomalie ou tout

au moins un fait très rare.

Ceci posé, nous devons faire remarquer que l’on a observé des crises gastriques au cours de la paralysie générale. De telles observations ne sauraient surprendre, car tout le monde connaît les liens qui unissent la paralysie générale et le tabes. Ces deux affections sont considérées par la majorité des auteurs comme une seule et même maladie, différant seulement par le lieu de la lésion. Aussi, dans les cas mixtes de tabes évoluant rapidement vers la paralysie générale, il est facile de comprendre que l’on peut rencontrer des crises gastriques.

On a trouvé aussi des cas decrise gastrique au cours de purpura d’origine myélopathique (Courty, Henoch, Faisans), de myélites, de compression médullaire par

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