‹ Contribution à l'Étude des Crises Gastriques du TabesChapitre 39 sur 54 · TRAITEMENT CHIRURGICAL DES CRISES GASTRIQUES DU TABES · texte numérisé non relu

TRAITEMENT CHIRURGICAL DES CRISES GASTRIQUES DU TABES

Après avoir étudié la pathogénie des crises, nous sommes en mesure d'examiner les traitements que l’on a proposé pour cette affection. Nous allons passer en revue les différentes opérations qui ont été faites à ce sujet, en tâchant d'appliquer à leur étude les données pathogéniques que nous avons établies.

. Opération de Fœrster.

En 1887, Bennett songe le premier à sectionner les racines postérieures, pour supprimer certains phéno-. mènes douloureux. En 1888, Abbe, sur les conseils de - Danas, réalise le premier cette opération. Puis Chipault et Demoulin étudient la question et opèrent un malade qui souffrait d’une névralgie rebelle du plexus brachial. Dans la suite, cette opération a été pratiquée plusieurs fois, en particulier par Mingazzini, toujours pour des phénomènes douloureux, Fœrster enfin, dans ses der-

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nières années, met complètement au point la technique

opératoire et applique surtout son opération à la mala-

die de Little et aux paraplégies spastiques. Cette opé-

ration a été si bien réglée par cet auteur que c’est avec raison qu'on lui a donné son nom bien qu’il l'ait pratiquée longtemps après les premiers auteurs que nous venons de citer.

Au commencement de 1909, Færster propose d'appliquer son opération aux crises gastriques tabétiques. La pathogénie des crises, telle qu’il la concevait, devait l’'amener naturellement à cette conclusion. Pour lui, la crise serait due avant tout à une irritation sensible. La douleur gastrique, voilà le fait primordial, d’où dérive par voie réflexe les troubles de la sécrétion et les phénomènes moteurs, c’est-à-dire : les contractions de la paroi, les hoquets, les vomissements.

De là l’idée d’agir sur les conducteurs sensibles de l'estomac pour interrompre la crise. Or, des deux nerfs qui innervent l'estomac, seul le sympathique paraît avoir une fonction sensitive. De plus, l’hypéresthésie cutanée, la contraction de la paroi et l’exagération du réflexe épigastrique viennent appuyer cette idée que le sympathique est atteint, car les nerfs de la paroi thoracique et le sympathique aboutissent au même segment médullaire par lés racines postérieures. Il paraît donc logique

‘à Fœrster d'agir sur le nerf sympathique et il suffit pour

cela d'interrompre l'arc sensitif par la section des racines postérieures.

Nous ne parlerons pas ici de la technique opératoire, cette partie de la question a été complètement traitée

dans la thèse d'Hovelacque.

Nous rappellerons seulement ici que l’opération de Fœrster comprend essentiellement : une laminectomie permettant d'arriver sur la moelle entourée de ses enveloppes; l'incision de la dure-mère, la recherche et " l'identification des racines à réséquer, la résection sur plusieurs centimètres de longueur de la racine postérieure. |

Avant de discuter l'efficacité de l'opération de Fœrster et de voir si elle correspond à la pathogénie que nous avons précédemment exposée, nous allons rappeler brièvement toutesles opérations faites par cette méthode. Nous tâcherons dans cette étude d'éliminer tous les cas douteux qui vraisemblablement n’avaient pas trait à des : crises gastriqués; tous ceux que l’on a fait entrer dans les statistiques et qui souvent n’ont existé que grâce à des traductions erronnées. Nous mettrons surtout en relief les suites de ces opérations en tâchant de suivre les malades aussi longtemps que les observations nous le permettront.

Enfin, toutes Les fois que nous Le pourrons nous préciserons l’âge, le sexe et la date exacte de l’opération et. le nom de l’opérateur, afin que l'on puisse suivre ces malades dans les communications postérieures.

Nous déplorons ici que la plupart des opérés aient été suivis si peu, d'autre part les contradictions dans les résultats nous ont fait négliger certaines opérations. Il résulte de tout cela que notre statistique est loin d’être définitive.

Elle porte cependant sur 60 cas, tandis que la plus récente celle d'Hovelacque ne comportait que 44 cas.

I. V. AxGerer (N° 1). — Opération de Færster sur un homme È de 46 ans. Résection de DS à D, le 7 mai 1910. Cessation immédiate des crises. Guérison complète suivie 18 mois.

IT (N°2). — Opération de KFærster sur un homme de 26 ans. Résection D’-D‘°, le 15 juillet 1910. Pour ainsi dire aucune amélioration,.

TIL (N°3). — Opération de Fœrster sur un homme de 47 ans. Résection D5-D1°, le 4 août 1910. Amélioration. Le malade n’est pas suivi.

IV (N°4). — Opération de Fœrster sur un homme de 38 ans. Résection D5-D'°, le 5 septembre 1910, Guérison, le malade a été suivi jusqu'au 93 décembre 1910.

V (N°5). — Opération de Fœærster sur une femme de #1 ans. Résection D5-D!°, le 10 septembre 1910. Amélioration considérable, il persiste pourtant quelques douleurs et des vomissements. . VI. Becker-HENLE. — Opération de Fœrster sur une femme âgée. Résection DT-D{°. Ze résultat immédiat a été bon pour les crises. La malade eut ensuite de la paralysie de la vessie et des membres inférieurs, paralysie qui aurait disparu depuis. Suivie quelques mois.

VII. BerNnauPr. — Opération de Fæœrster. Le malade est mort de cystite purulente 15 jours après l'opération.

VIII. Bierens DE Haan.— Opération de Fœrster sur un homme de 31 ans dans un état grave. Résection de D'-D'°, le 17 mars 1910. Les crises disparurent sept semaines après l'opération. Le malade eût de la paraplégie quidisparut. Suivi quelques semaines.

IX. BramweLL-THomson. — Opération de Færster sur un homme de 33 ans. Résection D'-D!°, le 13 mars 1911, Ze malade n'a pas eu une seule crise depuis 14 mois.

CLainmonT. — On cite 5 cas de Fœrster opérés par cet auteur. Il ne s’agit pas de crises gastriques mais de syndromes douloureux. ;

ENDERLEN. — Il ne s'agit pas non plus dans ce cas de crises gastriques. Le malade a été opéré pour phénomènes douloureux et

n’était même pas tabétique.

Pr

X. Exver. — Opération de Færster sur un homme de h7 ans. Résection de D'°-D'?, le 14 janvier 1911. Les crises ont complètement cessé jusqu'au 16 février 1911, depuis le malade a des vomissements sans douleur. RE XI. FenerManN-LEewaupowsxy (cité par Schapfer et Federmann). — Opération de Færster, DS-D!?, Renseignements contra= dictoires. Pour Færster et Schaffer, il y aurait eu aggravation.

Federmann dit plus tard que le résultat a été bon pendant trois

mois, puis les crises reviennent comme auparavant.

FLŒRCKEN. — Le malade de Flœrcken n'a pas été opéré pour crises gastriques.

GüTzz. — Le cas de Gôtzl est certainement celui de Mosko wiez dont Gôtzl a publié l’observation.

XII, GRoves. — Homme de 34 ans. Gastro-entérostomie pour ptose le 2 août 1910. Opération de Færster D'-D‘°, le 26 août 1910. Amélioration. Mort le 21 septembre 1910.

XIIL. GuLeke {n° 1). — Opération de Guleke sur une femmede 39 ans. D’-D°, le 22 avril 1910. Les crises cessent, mais la malade meurt deux mois après de tuberculose pulmonaire.

XIV (N°2). — Opération de Færster sur un homme de 35 ans. D'-D'°, le 28 juin 1910. Ze malade meurt de pneumonie au bout de cinq jours.

XV (N°3). — Opération de. Guleke sur un homme de 45 ans.

D'-D°, le 5 juillet 1910. Le malade, revu au bout de neuf mois, |

était amélioré.

XVI (N° 4). — Opération de Guleke sur un homme de 29 ans. D'-D”, le 20 octobre 1910. Trois semaines après le malade a des crises intestinales.

XVII. — Nouvelle opération de Guleke. D'°-D'{,le 12 décembre 1910. Zes crises reviennent complètement trois semaines

après (Récidive due en partie au morphinisme pour Guleke), Suivi, six mois.

XVIII (N° 5). — Opération de: Guleke sur un homme de

34 ans. DT-D°, le 1° novembre 1910. Récidive deux mois après, mais moins forte, Suivi cinq mois.

‘XIX. Hæckez. — Opération de Guleke, sur une femme de

- 31 ans. D'-D!. Depuis, vomissements fréquents, douleurs dispa-

‘rues. La durée de l'amélioration n'est pas connue.

XX. Heice. — Opération de Fæœrster sur un homme, le nombre des racines réséquées n’est pas connu, Pas d'amélioration, mort quelques mois après de cystite.

XXI. HERCZEL. — Opération de Fæœrster. D'-D'?. Bon résultat, pas suivi. DR

XXII. Hinpo-HoweLz. — Opération de Færster. D$-D1°, Les douleurs disparaissent d’abord. Récidive quelques semaines. après.

XXIIL Krynski Er KoPeziNski. — Opération de Guleke. Le malade meurt quinze jours après de pneumonie hypostatique.

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