CONCLUSIONS
1° Les crises gastriques sont le plus souvent en rapport avec des radiculites dorsales. On peut donner de cette origine des preuves cliniques, physiologiques et anatomo-pathologiques. |
Cliniquement, les crises gastriques sont accompagnées de douleurs intercostales, d'hypoesthésies, d'anesthésies, d’hyperesthésies dans le territoire des racines dorsales, d'exagération du réflexe épigastrique,; et, dans quelques cas, de zona intercostal. Tous ces faits semblent indiquer une irritation du nerf intercostal et du ganglion rachidien.
La douleur paraît être le fait essentiel et capital, le vomissement etl'hypersécrétion ne sont le plus souvent qu'une réaction réflexe secondaire,
Physiologiquement, on peut démontrer que la sensibilité gastrique est surtout fournie par le splanchnique ; la sécrétion et la motilité par le pneumogastrique.
La crise gastrique doit donc être engendrée par une même lésion qui agit à la fois sur le sympathique et les racines dorsales.
L'anatomie pathologique nous démontre que cette lésion existe.
Elle est constituée par une radiculite transverse
. - siégeant au niveau des racines postérieures. Cette radi-
culite est localisée sur les racines d’où le nerf splanchnique tire son origine, c'est-à-dire sur les IV, V, VI, VII, VIII et IX° dorsales. C’est du reste de ces mêmes racines que les nerfs intercostaux lésés tirent leur origine.
Une telle lésion explique toute la symptomatologie de la crise.
En effet, dans cette racine postérieure passent :
En premier lieu, les fibres sensitives du nerf splanchnique. Celles-ci ont leur origine dans les ganglions rachidiens — leur segment périphérique gagne le splanchnique par les rami-communicantes — leur segment central gagne la moelle par les racines postérieures dorsales. |
Ainsi est expliquée la douleur gastrique.
En second lieu, les fibres sensitives des intercostaux. On explique par là tous les troubles sensitifs constatés dans le domaine de ces nerfs, ainsi que le zona.
En troisième lieu, une partie des fibres motrices du nerf splanchnique, dont la lésion pourrait peut-être expliquer les troubles vaso-moteurs et sécrétoires que l’on constate au cours des crises.
2 Une telle explication, extrêmement satisfaisante pour un grand nombre de crises, he permet pas de
comprendre celles où les vomissements dominent, où
la douleur gastrique, ainsi que les troubles sensitifs de la paroi font défaut; enfin, celles où il y a coexistence de troubles bulbaires.
Ces sortes de cerises ne peuvent être expliquées que par une lésion du pneumogastrique.
3° Le mélange des deux symptomatologies doit faire
admettre des lésions siégeant à la fois sur le pneumogastrique et les racines postérieures.
4° On peut, à la lumière de cesfaits, étudier la valeur respective des différentes interventions proposées :
L'opération de Fœrster, qui s'attaque à la racine postérieure, est logique, mais grave.
L'opération de Franke, illogique, si elle n’agit que sur le nerf intercostal, devient satisfaisante si elle peut agir sur le ganglion rachidien. Elle a pour elle sa moindre gravité.
Ces deux opérations comportent l’une et l’autre des succès, mais aussi beaucoup de récidives imputables à
l'extension des lésions et à la participation du pneumo-
gastrique à la crise.
Pour obvier àce dernier inconvénient, on a proposé d'agir sur le pneumogastrique. |
Exner, qui voudrait faire dériver toutes les crises d’une lésion de ce nerf, a eu, le premier, l’idée de cette opération.
La vagotomie double basse nous paraît être une opération grave et illogique, puisqu'elle ne supprime pas l’action du centre trophique du nerf. La vago-
tomie haute présente un danger trop grand pour pouvoir être tentée.
A la suite des succès obtenus dans les opérations, au cours des crises gastriques, on a proposé divers modes opératoires dont il est difficile encore de juger la valeur.
Gulecke a proposé d’agir sur la racine postérieure sans ouvrir la dure-mère, après ligature de la racine et de ses enveloppes. L'opération paraît ainsi moins grave, mais beaucoup plus difficile. Elle comporte quelques succès.
Sicard et Desmarest proposent d’enlever le nerf radiculaire et le ganglion, après ligature. Cette opération n’a été faite encore qu’une fois. Elle est délicate et - l'enlèvement du ganglion paraît inutile.
Enfin, dernièrement, Tinel et Sauvé ont proposé de ligaturer tout simplement les racines en dedans du ganglion. Cette opération qui paraît simple, logique et peu grave, n'a encore jamais été faite.
Vu :
Le Président de la Thèse, CH. ACHARD.
Wu:
Le Doyen,