C., voyageur de commerce, âgé de 41 ans
A. H. Rien à noter.
A. P. Aucune maladie antérieure. Nie la syphilis, on ne retrouve chez lui aucun antécédent spécifique. Ne fume pas. Il a cependant deux grosses plaques de leucoplasie sur la face interne des joues. À eu trois enfants, muis sa femme a fait une fausse couche. |
MaLapir ACTUELLE. — Îl y a un an, le malade a une crise gastrique qui dure un jour; six mois après, deuxième crise, qui dure quatre jours. Les crises reviennent ensuite à intervalles, de six semaines à deux mois. Elles deviennent aussi de plus en plus fortes et durent maintenant de six à sept jours, Il a eu en tout huit crises. Elles sont peu douloureuses, mais s’accompagnent de vomissements très abondants et d’une sensation de nausée
très. intense.
EXAMEN DU MALADE. — Réflexes. — Réflexes achilléens et rotu-"" liens normaux. Le rotulien gauche peut être un peu plus faible. Au membre supérieur, le réflexe périosté cubital est aboli des deux côtés ; le réflexe olécrânien aboli à droite, faible à gauche; le réflexe périosté radial, faible des deux côtés. Pas de troubles de la motilité, pas de signe de Romberg.
Les pupilles sont inégales et présentent le signe d'Argyll, \ mais la pupille droite réagit encore un peu à un éclairage intense.
Pas de troubles urinaires.
Sensibilité. — Sur le thorax. — Hypoesthésie à la piqûre à droite et en avant de D? à D'°, en arrière de D? à D'?, à gauche de C* à D'° et en arrière de D? à D'°. Dans les mêmes régions, hyperesthésie douloureuse au tact.
Sur les bras. — On observe une hypoesthésie très nette dans le domaine de toutes les racines depuis C jusqu’à D‘ mais plus marquée sur la face interne du bras.
OPÉRATION. — Le 12 janvier 1912, le D' Sauvé pratique l’arrachement des VIe, VII, VIII, IX°, Xe et XI° nerfs intercostaux de chaque côté.
Pneumothorax unilatéral droit très bien supporté. Temps d’arrachement des nerfs entre 2730” et 41/4. La section des ligaments costo-transversaires a été très complète. ;
Depuis l'opération, actuellement 16 mois, il n’y a pas eu une seule crise ; il a engraissé de 22 livres, l’état général a d'emblée été excellent. Une seule fois, un mois après son opération, le malade a éprouvé quelques douleurs intercostales et un léger état nauséeux, mais il n'y a pas eu de crises.
Observation V (personnelle, inédite).
J. H..., cultivateur, âgé de 32 ans.
Entre dans le service du P' Dejerine, pour une poliomyélite. Il présente, à cette époque, une faiblesse marquée des membres inférieurs et de la partie inférieure du tronc. Les réflexes achilléens sont abolis, les rotuliens très diminués, Les réflexes cuta-
nés sont intacts, sauf l’abdominal qui-est faible. Aucun trouble de la sensibilité.
Cinq mois après sa rentrée à l'hôpital, le malade est pris de douleurs gastriques assez vives, qui ont débuté d’une façon soudaine, donnant l'impression d’une crise de gastralgie. Ces douleurs intermittentes, présentant des exacerbations, durent trois jours. Elles ne sont pas accompagnées de vomissements. Les douleurs cessent assez brusquement, mais le lendemain on peut constater au niveau de l’appendice xyphoïde, une éruption vésiculeuse, répondant à la zone de la VI* et VII* dorsale, On pose immédiatement le diagnostic de zona intercostal. La relation évidente qui existait entre les douleurs gastriques et le zona d’une part, d’autre part le niveau de l'éruption, démontre une lésion radiculo-ganglionnaire siégeant sur les racines traversées par les filets sensitifs du grand splanchnique. La lésion siégeait selon toute vraisemblance sur D5 ou D.