‹ Contribution à l'Étude des Culicidés de MarrakechChapitre 20 sur 42 · BIOLOGIE DU STEGOMYIA FASCIATA EN GENERAL ET AU MAROC EN PARTICULIER · texte numérisé non relu

BIOLOGIE DU STEGOMYIA FASCIATA EN GENERAL ET AU MAROC EN PARTICULIER

$ 1. — Généralités. Distribution géographique.

C’est une espèce très distincte et très commune, reconnais sable facilement à l’ornementation thoracique et au dernier article du tarse, qui est blanc.

C'est une espèce cosmopolite, mais qui ne paraît pas exister dans les régions froides; elle ne dépasse pas le 40€ degré de latitude N. et S. L’aire géographique de St. F. s’étend daxs le nord de l'Espagne jusqu'aux frontières de France. Blanchard l’a rencontré sur le littoral des Alpes-Maritimes et à Nice. L’Espagne s’y trouve comprise tout entière et c’est pourquoi de nombreuses épidémies s’y sont succédé : celle de 1800 occasionna la mort de 80.000 personnes; la dernière ne remonte qu à 1878.

Au Maroc, d’Anfreville a noté sa présence dans toutes les localités côtières où il a pu le chercher, de Mazagan, dans le sud, à Rabat, vers le nord en passant par Casablanca. Charrier l’a décrit plus tard dans la région de Tanger; cet auteur note qu'il n’a pas été signalé entre Tanger et l'Algérie, mais qu'il doit cependant y exister, puisque la côte orrentale d’Espagne l’héberge. En fait, moi-même, en août et septembre 1930, je ne l’ai rencontré ni à Fez ni à Karia-ba-Mohamed, situé à 65 kilomètres plus au nord, alors qu'à la même époque il pullulait à Marrakech, ainsi que Vialatte l’a montré en 1924; comme j'ai pu m'en rendre compte chaque année depuis 1921, et surtout pendant l’été de 1928. Cette année, au cours d'un séjour de quelques heures que je fis au début d'août dans la capitale du Sud, j’ai pu constater qu'il existail toujours en grand nombre.

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Dans le Rif, où il paraît ne pas exister, la température, à cette époque, atteignait 47 degrés à l’ombre à 2 heures de l'après-midi. La température, la nuit, ne descendait pas audessous de 25 degrés, ainsi que j'ai pu le noter.

À Tanger, Charrier l’a vu paraître vers les mois d'avril ou mai, il ne disparaît entièrement qu'à la mi-décembre. À Salé, d’Anfreville l’a vu apparaître en avril et disparaître en septembre. À Marrakech, mon habitation étant bien ensoleillée, il ne disparaît pas complètement pendant l'hiver, mais pullule du milieu de mai à fin septembre.

A cette même époque, il entre pour une proportion que Charrier évalue à 25 ou 50 p. 100 des moustiques capturés. À mon avis, ces statistiques, qui ne mentionnent pas le lieu exact où ces moustiques ont été capturés, ont moins de valeur. En effet, chez moi, connaissant bien leurs gîtes, je pouvais, à tout instant, capturer à ma volonté, dans trois pièces différentes, des Stegomyia, des Culex ou des Anophèles. Une statistique faite dans un de ces lieux m'aurait donné évidemment un pourcentage bien plus fort pour cette espèce que si je l'avais effectuée dans un autre.

D'autre part, on ne peut généraliser d’une maison à toute une ville et, à plus forte raison, à toute une région.

Tout ce qu’on peut dire, c'est que les mœurs et les habitudes locales des indigènes font qu'ils sont innombrables dans les maisons arabes et les habitations européennes mal tenues ou mal construites.

$ 2. — Action de la température sur l'espèce et la faune.

Par suite de sa répartition sur une grande partie du globe, comme on pouvait s’y attendre, cette espèce est sujette à de considérables variations aussi bien dans le nombre de ses individus que dans ses individus eux-mêmes.

1° Les températures différentes modifient l'aspect de la faune des moustiques; si, pendant la saison chaude, St. fas-

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