MONTAGE DE AILES : SES APPLICATIONS
Les ailes, détachées du corps avec un fin scalpel, sont montées, si on veut les conserver, de deux manières
A. — À sec : On les place entre lame et lamelle à l’intérieur d’une couronne de baume de Canada, en faisant bien attention que celui-ci ne s’étende pas sur l’aile. On les conserve ainsi avec toutes les écailles.
C’est ce procédé que j'ai employé pour le montage des préparations de ma collection et celui qui m'a permis, l’aile étant intacte, de faire des microphotographies.
a) directes destinées à ne montrer que la nervation de l'aile; procédé employé pour les photographies des ailes de Culex fatigans et de Stegomyia fasciata;
b) à l'éclairage latéral, destinées à montrer les taches des ailes d’anopheles.
B. — Dans le baume : Ce procédé est très délicat, les écailles de l’aile se répandant dans le baume si on la manipule un peu trop brutalement.
Il permet de faire les microphotographies des ailes d’ano-
Re
phèle quand on veut montrer les taches qui les ornent. C'est le procédé que j'ai employé dans cet ouvrage.
La préparation étant faite, la photographie ne présente aucune difficulté, tandis qu'avec le procédé de l'éclairage latéral on a bien plus de peine à bien choisir l’éclairage; de plus avec ce dernier, certains reflets faussent la réalité, des nervures noires devenant brillantes et par suite blanches.
Pourquoi les ailes montées au baume de Canada montrent-elles sur les photographies les taches qu’elles portent, alors que la même aile photographiée à sec ne les présente pas? C’est ce que nous allons expliquer
La plaque photographique n'a pas la même sensibilité que notre rétine aux divers éclairages. Les rayons venus du miroir sont plus ou moins arrêtés sur une aile examinée à sec entre lame et lamelle, par les écailles pâles et les écaik les sombres. Ces écailles, par suite, se montrent plus ou moins éclairées. Au contraire, le cliché, une fois développé, on s'aperçoit que les écailles pâles comme les sombres ont aussi peu impressionné la plaque les unes que les autres; cela n’est pas nouveau; on devait s’y attendre; la microphotographie obéit aux lois générales de la photographie et ce que nous avons fait ici n’est que du contre-jour. C’est toujours d’ailleurs ce qu’on fait en microphotographie, sauf guan& on emploie l'éclairage latéral ou les illuminateurs verticaux de Nachet, Beck, Florence, etc. C’est pourquoi les microphotographies destinées à montrer les taches des ailes doivent être prises avec une aile montée au baume de Canada.
En effet, dans ce milieu, les rayons venus du miroir traversent presque sans réflexion les écailles translucides, celles-ci baignant dans un milieu de même indice qu’elles, mais sont arrêtés par les écailles sombres.
Sur le cliché une fois développé on verra que seules, les taches noires de l’aile n’ont pas impressionné la couche sensible.