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lité. Ici une « merdja » se remplit au cours d'un printemps pluvieux et sera dangereuse pendant deux ou trois mois d'été. Aïlleurs, un printemps trop sec transformera tel cours d’eau en un chapelet de mares qui deviendront autant de gîtes à anophèles. Ainsi des situations différentes amènent des résultats équivalents.
Rien ne montre mieux le principal caractère épidémiologique du paludisme, qui est d’être déterminé par des causes purement locales. Rien ne montre mieux, par suite, la nécessité, lorsqu'on doit entreprendre en un point la lutte antianophélienne, de ne pas se guider sur des données générales trop vagues, mais d'observer en détail les conditions qui favorisent l’anophéïisme local, afin de les corriger par des mesures appropriées. Il s’agit d’individualiser, en quelque sorte, cha-' que cas, pour obtenir avec le minimum de dépenses le résultat escompté.
Partout ailleurs, on en arrive aux mêmes conclusions: J. Kerandel, dans l'Office international d'hygiène publique (t. XVIII, p. 303), écrit : On ne saurait trop insister sur ce point que dans Ja prophylaxie du paludisme, la lutte antilarvaire ne saurait être conduite à l’aveuglette en s’attaquant à n'importe quelle collection d’eau. Elle doit toujours être basée sur une étude minutieuse des gîtes à larves d’anophèles dangereux.
Dans l’Indian Journal of Medical Research (The Rossi problem), on pense actuellement qu'A. Rossi (Giles) ne propage pas le paludisme dans l’Inde. Il serait sans intérêt d’entreprendre une lutte très coûteuse contre cet insecte, qui pullule de juillet à octobre, surtout au Pendjab. Il est préférable d’employer les crédits alloués à cet effet pour d’autres anophèles autrement dangereux.
De même, dans leurs « Rapports sur les premiers résultats fournis par les travaux de laboratoire entrepris sur le paludisme en Angleterre » (Analysé dans le Bulletin de l'Office international d'hygiène publique, p. 1174, t. XVID, $S. P. James et P. G. Shute montrent l'énorme gaspillage d'énergie
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qu'entraïnent les mesures prises contre les foyers d'éclosion des moustiques en général, ainsi que les mesures analogues prises contre une espèce donnée.
Le secret de la lutte contre le paludisme, écrivent-ils, ne réside pas dans da connaissance générale du fait que la maladie est propagée par les moustiques d’une certaine catégorie, mais dans la connaissance particulière et exacte de la vie de quelques moustiques qui réussissent à devenir des vecteurs du paludisme.
Plus loin encore, si sir R. Ross à raison de dire que la destruction des anophèles est un moyen efficace de se débarrasser du paludisme, il y a bien des gens qui pensent que l’on ne tient pas assez compte des mœurs des diverses espèces de moustiques et qui croient que la destruction en masse est plus coûteuse que ce que l’on appelle la prophylaxie de l’espèce. Cette prophylaxie nécessite l’observation attentive des mœurs des adultes et des larves d’anophèles responsables de propager le paludisme dans certains endroits, et il semble qu'il y aurait intérêt à affecter de plus en plus les faibles ressources dont on peut disposer à la destruction particulière de ces moustiques déterminés, dont la disparition correspondrait au maximum d'économie.
Enfin, dans les « Instructions pratiques pour la lutte contre le paludisme » (Bull. de ta Soc. de pathol. exot., t. XVII, n° 3, p. 227), on insiste sur le fait que
La lutte contre le paludisme comporte un grand nombre de cas d'espèces qui varient suivant les pays, et les régions dans le même pays, et qui ne peuvent être envisagés que par le service sanitaire local.
Elle exige la constitution, dans les diverses colonies, de services antipaludiques dont la direction doit être confiée à des médecins spécialisés.
Plus loin : Il serait indispensable que, dans chaque colonie, un naturaliste qualifié entreprît l'étude spéciale des espèces d’anophèles qui se rencontrent dans le pays. Tous, pratiquement, ne jouent pas, au point de vue de la transmission du
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paludisme, le même rôle. Si tous peuvent vraisemblablement héberger les parasites de Laveran, il n'y a souvent qu'une ou deux espèces qui, d'après leurs mœurs ou leur sensibilité à l'infection, soient susceptibles de la véhiculer. C'est ainsi qu'en France A. maculipennis est l’unique agent de transport du paludisme, qu'A. quadrimaculatus semble jouir des mêmes prérogatives aux Etats-Unis d'Amérique. La connaissance des espèces à incriminer et de leurs mœurs simplfierait considérablement la lutte.
Je pourrais citer ainsi des dizaines de rapports de ce genre
Le Service antipaludique au Maroc est admirablement bien compris dans ce pays, sous ïa haute direction de M. le Docteur Colombani. Là n'existent pas les frontières aussi marquées qu'en France entre les divers rouages civils, militaires ou marins de la santé et de l'hygiène publiques. Avec son chef, le Docteur Vialatte, nous arrivons aux mêmes conclusions ci
tées plus haut.