STADE ACTUEL DE NOS CONNAISSANCES SUR LA PHYSIOLOGIE ENDOCRINIENNE
L'endocrino-gynécologie est une science récente. Depuis vingt-cinq ans environ, une multitude de chercheurs : biologistes, chimistes, expérimentateurs et cliniciens se sont attachés par leurs travaux à bâtir ce remarquable édifice avec ses étonnants processus: biologiques.
Dès 1920, Allen, Doisy, Courrier s’attachèrent à mettre en lumière la biologie des œstrogènes; Boin et Ancel, l'hormone du corps jaune. Après eux, Ascheim et Zondeck étudièrent les hormones du lobe antérieur de l'hypophyse. Parmi les chimistes, Butenandt et Laqueur réalisèrent de remarquables travaux sur l'analyse chimique et la production synthétique des hormones. Evans, et combien d’autres chercheurs, que nous ne pourrions tous citer, s’adjugèrent la partie expérimentale.
Grâce à tous ces travaux, on commençait, dès 1938, à connaître l'existence et l’action des différentes hormones hypophysaires et ovariennes, mais on était encore très ignorant du mécanisme véritable des multiples troubles gynécologiques d'origine hormonale.
Un nouveau pas en avant a été réalisé ces dix dernières années grâce aux diverses méthodes de diagnostic hormonal. Les dosages hormonaux mis en valeur par Zondek, les biopsies de l'endomètre vulgarisées par Novack, les frottis vaginaux bien étudiés par Papanicolaou, enfin le diagnostic clinique organo-hormonal systématisé en France par CI. Beclere et M. Simonnet, ont fait prendre un nouvel essor à l’endocrino-gynécologie.
Cependant, la physiologie sexuelle conserve encore de nombreux points obscure et si nous prenons en exemple les dosages hormonaux, nous voyons que nous sommes encore loin de l'idéal. Ainsi nos dosages de formes d'élimination des œstrogènes nous fournissent des doses minimee (des gammas), alors que la correction des troubles secrétoires consécutifs à la castration demandent des doses de la valeur du milligramme. Où vont ces corps ? Queis métabolismes intermédiaires les transforment ou les détruisent ? C'est le problème que tentent d'éclaircir les chercheurs actuels. en attendant la solution idéale qui consisterait à prélever les hormones à leur sortie de la glande : la veine ovarienne; et pouvoir les doser ?
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Pourtant toute exploration hormonale, qu'elle soit basée sur dosages hormonaux, biopsie de l'endomètre, colpocytologie, ne présenterait aucun intérêt pour le gynécologue ou l'endocrinologue si elle ne donnait lieu à une interprétation s'appuyant sur des données classiques ou modernes de la physiologie endocrinienne.
Nous adopterons donc dans notre étude les bases actuelles de nos connaissances, malgré certaines théories encore sujettes à caution, nous réservant de les adopter définitivement ou les rejeter de même si des faits nouveaux précis viennent les confirmer où les infirmer.
PHYSIOLOGIE ENDOCRINIENNE
GENERALITES
« La menstruation n'est que la phase visible des interactions cycliques intervenant entre hypophyse-ovaire-utérus; on ne peut la séparer des phénomènes inter-menstruels dont elle est l'aboutissement. » (Bory et Pardon).
La physiologie endocrinienne comprend en effet tout un ensemble de phénomènes cycliques au niveau des sécréteurs d'hormones, des divers récepteurs, ainsi que les multiples et obscurs métabolisr.es intermédiaires.
Une étude détaillée de ces divers phénomènes et leurs interactions nous mènerait trop loin et déborderait le cadre de notre travail. Nous nous bornerons donc, suivant les théories actuelles, entièrement admises ou encore discutées, à résumer le cycle menstruel phase par phase et organe par organe, nous réservant quelques précisions sur les théories les plus discutées, par la suite.