‹ Contribution À L'Étude Des Dangers De L'OléothoraxChapitre 10 sur 34 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

M. Schmi... Paul, 26 ans, manœuvre.

Entre dans le service du Professeur Sergent, salle Corvisart, à la Charité, le 14 novembre 1924.

Il y a cinq mois il commence à tousser et souffre d’un point de côté droit.

Un peu plus tard, un mois avant son entrée, il se met à cracher. En même temps reparaît le point de côté, plus in-

ne

tense. Il maigrit, présente des sueurs nocturnes, doit quitter son travail et se fait hospitaliser.

Il présente à l'examen des signes de condensation du poumon droit dans sa partie supérieure : matité, augmentation des vibrations vocales, respiration soufflante avec râles souscrépitants fins sous la clavicule et dans la fosse sous-épineuse.

La radiographie montre l'existence d’une volumineuse spélonque à la partie basse du lobe supérieur droit. Image normale du côté gauche.

L'examen des crachats montre la présence de bacilles de Koch.

La température est aux environs de 38°.

On commence un pneumothorax artificiel le 24 novembre.

Un cliché fait le 6 décembre montre que le décollement est total. On voit que le lobe supérieur droit est maintenu amarré à la paroi par une large bride pleurale en haut et en dehors. Elle s’insère du côté pulmonaire au voisinage immédiat d’une caverne de moyenne importance. Immédiatement au-dessous de celle-ci, une autre, volumineuse, avec un culot liquide horizontal.

La lempérature revient à la normale. Le malade augmente de poids. Il crache moins et ses crachats, à un examen pratiqué le 17 février1925, ne contiennent plus de bacilles. Il part pour Brévannes, le 20 février 1925.

Un peu de liquide séro-fibrineux était apparu avant son départ, dans le cul-de-sac costo-diaphragmatique droit.

Il séjourne trois mois à Brévannes et sort sur sa demande, le 29 mai.

Son poids à augmenté de 3 kilos 1/2 depuis son entrée. Il ne tousse ni ne crache plus. Le niveau liquide affleure à sa sortie le 3° espace. Deux mois plus tôt on lui avait retiré 750 cc. de liquide citrin et l’on avait insufflé 800 ec. de gaz.

Aussitôt sorti de Brévannes, il revient à la Charité où son état est, au début, satisfaisant : la température est normale, le liquide séro-fibrineux se reforme plus lentement et les ponc-

date TON RS

tions sont espacées. Du reste, depuis l'apparition du liqude, l'effacement des images spéloncaires paraît meilleur.

Le 30 juillet 1925 on observe que le liquide est un peu louche. La température reste toutefois normale sauf un petit crochet à 38°8, descendant en lysis en quelques jours, dans la dernière semaine d'août. Ponctions évacuatrices et injections d'air sont toujours pratiquées environ une fois par mois.

Dans les premiers jours d'octobre, la température commence de s'élever, d’abord à 38°, puis au-dessus, et une vomique purulente survient, abondante, de 550 gr., le 26 octobre.

La fièvre s’élève au delà de 39° pendant trois jours, tombe à 37° pendant quatre jours, puis s'élève de nouveau entre 39° et 40° Le malade crache tous les jours 100 à 150 gr. de pus.

On tente un oléothorax désinfectant : le 4 novembre, après ponction de 1.500 cc. de liquide, le Docteur Bordet injecte 300 cc. d'huile goménolée et 900 cc. d'air. Il ne se produit aucune sédation : la fièvre persiste à 40°. Six jours plus tard, le 10 novembre, la suppuration se fait jour à l'extérieur, amenant une chute thermique immédiate et la production d’une fistule pleuro-cutanée.

Au bout d’une semaine, la température s’élève de nouveau, oscillant entre 38° et 39° jusque dans les premiers jours de décembre, redescendant lentement pour revenir à 37°5, SRE la fin de mars 1926. Le malade sort le 3 juin, stabilisé, ses crachats au dernier examen ne contenant pas de bacilles de Koch.

Le 1® juillet il reprend son travail comme cheminot, mais au début de décembre il a un frisson, se met à avoir de la fièvre, et doit entrer à la Charité le 6 décembre 1926.

La température est à 38° le soir, 37° le matin, avec des poussées à 40° et de grandes oscillations durant quelques jours. Il a maigri. Son expectoration est fortement bacillifère. L'écoulement de pus par sa fistule est toujours abondant.

Le Docteur Bordet tente alors un oléothorax dont l'indication assez particulière lui vient d’un rapprochement avec

les premiers cas pour lesquels Bernou mit en œuvre Sa mé-

thode. Il obture l’orifice externe de la fistule par un tamponnement serré tandis qu'il injecte dans la plèvre de l’huile goménolée pour isoler du pus l’orifice interne. Il injecte ainsi:

ORFÉNTICTEL DATE EE 4080c d'HG RES

II TE 40 cc. —

14 ne 40 cc. —

17 RP ane 50 cc. — après

soustraction de 160 cc. d’air

Mais dès qu'on obture la fistule, on voit s'élever la température à 40°6. Au bout de quelques jours, la température restant très haute, la tentative est abandonnée et le libre écoulement du pus ramène l’apyrexie. Quelques jours plus tard, nouvelle élévation thermicue.

\u cours du mois suivant, l’état demeure le même. La température se tient habituellement à 37°8, 38° le soir, 37° le matin, avec de légers écarts quotidiens, et de temps à autre une grosse poussée fébrile durant quelques jours, où la tempéralure oscille de 40° à 37°. Toutes ces poussées paraissent dues à des phénomènes de rétention du pus dans la cavité pleurale. Le poids est stationnaire.

Le malade sort le 17 juillet 1927. Depuis sa sortie il a été perdu de vue. I est assez vraisemblable qu’il est décédé, ses lésions pulmonaires étant demeurées en activité (bacilloscopie positive) et sa fistule s'étant montrée intarissable lorsqu'il a cuitté l'hôpital.

Résumé : Pneumothorax thérapeutique pour tuberculcse ulcér9-caséeuse du l9he supérieur droit en novembre 1924 Apparition de liquide séro-fibrineux à la fin de décembre. Transformation purulente en jullet 1925. Perforation avec vomique en octobre 1925. Oléothorax désinfectant svivi d'ouverture à la

peau. Fistule bletro-cutante qu'on essaie de combattre

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par un nouvel oléothorax : échec. Persistance de la fistule et de la présence de bacilles dans les crachats en juillet 1927. Malade perdu de vue, vraisemblable-

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ment décédé.

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