‹ Contribution À L'Étude Des Dangers De L'OléothoraxChapitre 11 sur 34 · OBSERVATION III · texte numérisé non relu

OBSERVATION III

Mlle Guey... Geneviève, 23 ans.

Entre dans le service du Professeur Sergent, à la Charité, en mars 1925, parce qu'elle vient de faire une hémoptysie abondante de sang rouge. Depuis deux mois déjà, elle se sentait fatiguée, avait maigri. Elle tousse et crache et se plaint d’un point de côté droit. La fièvre est irrégulière.

On constate la présence de bacilles de Koch dans ses crachats et un cliché radiographique montre une infiltration de tout le poumon droit recouvert de fines taches.

Un pneumothorax thérapeutique est institué en mars 1925. Presque dès le début apparaît une réaction liquidienne : liquide d’abord séro-fibrineux devenant ensuite trouble, puis purulent. On fait des ponctions suivies d’insufflation d'air. En même temps on assiste au développement d’une symphyse qui rend le pneumothorax inefficace. Une bride se montre à la partie moyenne, se portant transversalement en dehors, faisant apparaître une zone claire dans la région où elle s'attache sur le moignon. L'apex;-qui au début s'était détaché complètement, se fixe à la paroi, laissant une cavité béante. La base se fixe de même à la paroi externe et l’image de ce pyopneumothorax en juin 1926 est une image en œuf avec un niveau liquide à mi-hauteur.

Les bacilles de Koch reparaissent dans les crachats et un oléothorax est décidé, créé par le Docteur Bordet et entretenu

régulièrement pendant un an. Il s’agit d’un oléothorax à double effet, désinfectant et antisymphysaire.

Sur un cliché fait en novembre 1927, on constate que tout l’hémithorax est recouvert par une ombre homogène, à base curviligne oblique en bas et en dehors, laissant libre en bas une petite surface pulmonaire de forme triangulaire. A la partie supérieure une image claire arrondie.

L'état général est toujours sans modification importante, stationnaire. La température est aux environs de 38°, le poids est fixe. La malade tousse et crache peu. Mais ses crachats sont toujours bacillifères.

Et comme au sommet droit on continue d'entendre des signes humides, on décide de faire une thoracoplastie très limitée : section de la première et de la deuxième côte, qui est pratiquée le 15 novembre 1927. Elle entraîne une dimi nution très importante de l’image claire du sommet, comme on peut constater sur un cliché radiographique tiré deux ans plus tard (fig. 3 et 4).

Nous avons revu la malade en janvier 1934. Elle ne présente plus aucun trouble, ne tousse ni ne crache plus.

L'état général est excellent : la malade est rigoureusement apyrétique.

L’appétit est très bon, le poids très satisfaisant.

À l’auscultation, on entend du côté droit quelques râles souscrépitants sous la clavicule, aucune anomalie du côté gauche.

L'examen radioscopique montre une ombre homogène du côté droit, semblable à celle des derniers clichés. Au sommet on ne distingue aucune clarté. Le côté gauche présente une image normale.

Résumé : Pneumothorax en mars 1925 pour tuberculose pulmonaire droite. Réaction liquidienne évoluant vers la purulence et s’accompagnant d’une

symphyse qui rend le pneumothorax inefficace.

OBS. IIT P, RoBEerr.

Fic. 3 (Mile Guey..., obs. 3). — L'oléothorax s’est montré incomplètement eficace et laisse persister au sommet droit une image cavitaire qu'on distingue sur ce cliché pris quelques jours après la thoracoplastie.

Le ï sl nes LS

à e DEL

æ = me

HA Eee

DU

OBS. III P. RoBErr.

lc. 4 (Mile Guey.…). — 2 ans plus tard, l’image claire a fortement diminué d’entendue.

ROBERT d)

Page 1