OBSERVATION V
Mile Rou..., 18 ans, caissière.
Fait un premier séjour dans le service du Professeur Sergent en juin 1926 parce qu'elle tousse et se sent fatigué2 depuis deux mois, à la suite d’un rhume qui traîne et dont elle ne parvient pas à se remettre.
Elle tousse, mais ne crache pas. Elle a maigri de 4 kilos et sa température oscille entre 37° et 37°8.
Elle a perdu son père d'une affection pulmonaire il y a trois ans et, la même année, une sœur, de méningite tuberculeuse. Elle à vécu à la campagne jusqu'à il y a trois ans et s’est mise alors à travailler à Paris.
L'examen physique ne montre aucun signe important et la radiographie montre seulement une petite tache à l'extrême sommet du poumon droit.
Elle sort et reprend son travail, mais en décembre est hospitalisée à Tenon pour un abcès de l'amygdale. On la reconnait à ce moment tuberculeuse et elle revient dans le service en janvier 1927.
On lui trouve à ce moment des signes nets de tuberculose pulmonaire : du côté droit, la région supérieure est mate, avec une respiration rude et de gros râles secs et humides, éclatant surtout après la toux. Il y à une adénopathie susclaviculaire droite, avec douleur à la pression de la zone d'alarme et une légère inégalité pupillaire.
Une radiographie montre une opacité du lobe supérieur droit, limitée par un contour scissural net, avec des parties claires dessinant de petites géodes irrégulières.
Létat général est mauvais : la fièvre oscillant entre 37°5 et 39°, l’amaigrissement marqué.
On décide de pratiquer un pneumothorax artificiel qui est commencé le 31 Janvier 1927.
La température se stabilise un peu, le poids remonte, mais le poumon malade ne se rétracte que très imparfaitement. Le lobe supérieur reste adhérent sur une large surface au sommet de la cavité pleurale. Les cavités ne s’effacent pas et l’expectoration persiste bacillifère. Un peu de liquide sérofibrineux apparaît dans le fond du cul-de-sac costo-diaphragmatique à la fin de rnars 1927. L'épanchement se complète au cours d'une poussée fébrile au début d'avril et devient abondant.
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Le collapsus en est amélioré ; le moignon se rétracte et la perte de substance diminue d’étendue. La température se stabilise entre 37° et 38°. L’état général est assez bon et de loin en loin on procède à de petites insufflations, maintenant au-dessus du liquide une pression légèrement positive.
L’expectoration persiste toutefois, contenant des bacilles, et en septembre, le retour des règles, qui étaient supprimées depuis le début de la maladie, s’accompagne de quelques crachants sanglants.
La malade quitte le service le 30 octobre 1927, en assez bon état, ayant repris plusieurs kilos. Le liquide étant toutefois très abondant, on lui en enlève 950 cc., qu’on remplace par 800 cc. d’air, en laissant une pression terminale de — 2.
Elle est ensuite suivie à la consultation du service où on fui fait de petites soustractions de liquide avec injection de faibles quantités d’air. Quelque temps après sa sortie, en décembre, on note que le liquide est un peu louche, verdâtre.
Au cours des mois qui suivent, on observe un début de symphyse qui tend à progresser. Or la fièvre existe toujours entre 37° et 38°, l’expectoration persiste bacillifère et l’on décide d’opposer au processus symphysaire un oléothorax qui est commencé en mars 1928. Le blocage est complet en mai, avec une pression négative et poussé progressivement. Le 26 juillet il est en pression positive, à + 3, après injection de 50 cc. d’huile de paraffine goménolée à 2%.
La malade entre alors au sanatorium de Liancourt où elle est soignée par le Docteur Bucq. Elle y reste trois ans et y meurt le 29 juin 1931!
Résumé : Lobite supérieure droite excavée pour laquelle on pratique en janvier 1927 un pneumothorax artificiel qui demeure inefficace. Apparition d’un épanchement séro-fibrineux qui améliore le collapsus. Toutefois l’expectoration reste bacillifère. Menace de
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symphyse incoercible. Oléothorax antisymphysaire commencé en mars 1928. Séjour au sanatorium. Mort trois ans plus tard.