CHAPITRE IIl
Pathogénie
La pathogénie de ces déformations, qui peuvent devenir si complexes à la jambe et si considérables au fémur, parait relever de deux causes différentes d’après nos observations.
1° Défaut d’ossification du cal. — Dans une série de cas (obs. I, Il, III) le cal est resté cartilagineux plus longtemps qu'il ne le fait habituellement. C’est ce qui est expressément noté dans l’observation IT : Le cal tibial est coupé au bistouri par tranches successives au cours de l’opération, le 25 juin 1906, alors que la fracture a eu lieu le 15 septembre 1903.
La persistance de l’état cartilagineux du cal peut cependant re pas durer ; elle peut n’exister qu’au moment où les essais de marche ont lieu ; ultérieurement l’ossification se fait et rend définitive la déformation qui résulte de la flexion du cal cartilagineux pendant les essais de marche. C’est ce qui est survenu
au cal fémoral de l’observation IT qui fut trouvé éburné et très dur à entamer pendant l’opération.
Le cal tibial dans l’observation I était osseux et résistant quoique moins dur, moins éburné que celui de l’observation III. |
Il est incontestable par conséquent que le cal n’est pas toujours ossifié au moment où ont lieu les essais de marche. Ceux-ci aboutissent alors aux graves déformations qui ont été signalées. Il y aura donc lieu de chercher à connaître l’état du cal avant d’autoriser le malade à mettre en jeu la résistance du cal . par la marche ou même par la station debout.
2° Fracture itérative du cal. — La persistance de l’état cartilagineux du cal n’est pas toujours suffisante pour expliquer certaines déformations secondaires des fractures. !
Dans l’observation IV c’est à la suite d’une chute que cette déformation commence à se produire graduellement. Le 11 juillet 1906 M. Routier à communiqué à la Société de Chirurgie de Paris un fait de déviation secondaire du pied après la sortie de l’appareil, laquelle déviation aurait été provoquée par une nouvelle chute du malade. Il semble donc bien qu’un cal suffisant pour maintenir le membre en attitude correcte, pendant la marche correcte, peut être trop faible pour résister à une violence imprévue qui ne briserait pas l’os sain, mais brise le cal trop récent. |
En résumé, il faut admettre, comme le dit M. le professeur Berger, pour expliquer les déformations
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secondaires après fractures du membre inférieur, tantôt un retard d’ossification, tantôt une fracture itérative, même partielle, qui d’un cal rigide fait un cal mou.
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