INTRODUCTION — HISTORIQUE
Les délires de possession par les animaux, c’est-à-dire les cas où un malade croit que la cause de tous les maux qu’il endure, de tous les malaises qui le font souffrir, est un animal vivant en lui, sont relativement rares. Nous n’entendrons et ne décrirons sous cette dénomination, que les faits où l’animal a gardé son individualité propre, est dépeint comme tel et non comme une transformalion du démon. Laissant systématiquement de côté les faits auxquels Ritti a donné le nom de démonopathie interne, nous nous occuperons uniquement de ceux que, par analogie, M. le professeur Dupré a dénommé : délires de zoopathie interne.
Au moyen âge, les faits de possession animale devaient être rares, ou du moins leur bibliographie n'existe guère; dans tous les cas, ils devaient produire sur l’esprit des foules une impression bien moins grande que ceux de possession démoniaque,'qui en plus avaient pour eux un cachet de surnaturel et de mystérieux,
Ces délires de démonopathie interne donnaient lieu à des exorcismes à grands fracas qui frappaient la masse des foules par leur éclat même et par les guérisons que parfois ils amenaient. D’autant plus que les faits de possession animale devaient être crus réels, véritables; pourquoi auraiton mis en doute la parole d’une personne disant avoir avalé une grenouille ou un lézard, alors qu’elle décrivait avec tant de complaisance, et l’animal lui-même, et les symptômes qu’il occasionnait? Ambroise Paré ne nous donne-t-il pas un exemple de cette crédulité (nous allions dire sans bornes) qui
to s’est perpétuée jusqu'à lui, quant à propos de la «procréation en nos corps d'animaux, à scavoir pouls, punaises etmorpions et autres », il nous cite une longue énumération de faits dans lesquels les gens jetèrent d’une partie de leur corps des animaux bizarres!
Nous citons ici quelques-uns de ces cas rapportés par cet auteur :