‹ Contribution à l'étude des Délires de Zoopathie interneChapitre 41 sur 42 · OBSERVATION XXXIX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXXIX

(Extrait du journal /e Matin du 23 mai 1906.)

Une cure de psychothérapie.

Un lézard, fut-il exotique et suffisamment hideux, n’est point par soi-même un objet rare. Tel de ces sauriens pourtant, que l’on put contempler l’autre soir dans une crèmerie du faubourg Montmartre, excitait au plus haut point la curiosité des gens du voisinage. Leur foule pressée ne cessait pas d’affluer dans la boutique étroite. Et chacun, après s'être penché sur le panier où l’animal étalait sur quelques linges son abdomen flasque, ses pattes torses et sa queue épineuse, échangeait, en cédant la place, les plus admiratifs commentaires.

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Après avoir narré l’existence de l’animal dans le ventre de Mme X... et l’opération simulée du docteur Richelot, le rédacteur ajoute :

« C’est une cure curieuse de psychothérapie, car Mme X... est maintenant guérie, Par un retour naturel des choses, elle s’est prise d’une affection profonde pour le lézard, innocent instrument d’une mystification scientifique. Et, ignorant de sa gloire usurpée, entouré de l’admiration des badauds que rien ne détrompera, ce reptile, dorloté et choyé par sa maîtressse, s’en va dans les riantes campagnes normandes couler des jours heureux, »

Aïnsi que nous l’avons dit plus haut, cette indiscrétion détrompa non seulement le public, mais encore la malade qui retrouva ses idées délirantes,.

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