‹ Contribution a l'étude des déplacements traumatiques du crystallin [electronic resource]Chapitre 4 sur 10 · DU CRISTALLIN ET DE SES CONNEXIONS · texte numérisé non relu

DU CRISTALLIN ET DE SES CONNEXIONS

Le cristallin est une lentille biconvexe, transparente, située entre l'iris et le corps vitré.

Il est recouvert d'une capsule (capsule cristalline) à laquelle on donne encore le nom de cristalloïde et que l'on divise en antérieure et en postérieure.

Le cristallin présente à envisager deux faces et une circonférence. La face antérieure est en rapport avec l'iris et

la pupille ; la face postérieure repose sur une cupule de la membrane hyaloïde et du corps vitré. La circonférence présente de dedans en dehors les connexions suivantes : le canal godronné de Petit, formé par l'espace compris entre les deux feuillets de la membrane hyaloïde (l'antérieur qui se confond avec Ja zone de Zinn, le postérieur qui tapisse la dépression dans laquelle est reçue la lentille), la zone de Zinn, la couronne ciliaire, le muscle ciliaire, la sclérotique.

La capsule du cristallin est résistante ; elle résiste à d'assez fortes pressions, d'où la nécessité de l'ouvrir dans l'opération de la cataracte.

Mais si la capsule cristalline est très résistante, elle est très élastique, ce dont on peut se rendre compte en l'insufflant ou en la déchirant : dans le premier cas, elle revient sur elle-même, après s'être laissée distendre par l'air, dans le second, les deux bords de l'incision s'éloignent, mettent à découvert la substance propre du cristallin qui s'échappe spontanément ou sous l'influence d'une légère pression.

Le rôle de la capsule, comme agent de contention du cristallin, est donc de la plus haute importance. Le cristallin et sa capsule ne peuvent être extraits en totalité que si l'on déchire la zone de Zinn.

Le fait de l'extraction simultanée du cristallin et de sa capsule, sans écoulement, d'humeur vitrée, impossible à l'état physiologique, pourrait pourtant se produire à l'état pathologique. Dans son traité d'Anatomie topographique, M. Tillaux rapporte que leD' Notta, de Lisieux, lui ayant adressé un cristallin à gros noyau qu'il venait d'extraire, l'examen histologique, fait par le D"" G-rancher, chef du laboratoire de Ciamart, démontra l'existence d'une couche

de cellules épithéliales à la surface du cristallin ; et par conséquent l'existence de la capsule elle-même. M. TiUaux fait à ce sujet la réflexion suivante : « Ainsi donc, sous l'influence de certaines conditions pathologiques, absolument | inconnues et qu'il y aurait grand intérêt à déterminer, les adhérences de la cristalloïde avec le corps vitré ont assez diminué pour que l'appareil cristallinien puisse être extrait en entier. »

(Traité d'Anat. topogr. Tillaux, page 216).

L'espace compris entre la face postérieure de la cornée et la face antérieure du cristallin constitue les chambres de l'œil.

L'iris divise cet espace en deux loges inégales : la loge antérieure est seule réelle, du reste ; la loge postérieure est virtuelle, la face postérieure de l'iris et la cristalloïde antérieure étant en contact. L'humeur aqueuse baigna les

chambres de l'oeil.

L'humeur aqueuse se reproduit très rapidement et jouit d'une propriété de résorption assez grande pour faire disparaître le cristallin, quand celui-ci se trouve directement baigné par elle sans interposition de cristalloïde. Le fait, que nous avons observé à la clinique du D' Martin, en est un exemple.

Il n'entre pas dans notre sujet de faire l'étude histologique du cristallin et de sa capsule, non plus que d'étudier cette lentille au point de vue dp l'optique ; nous renvoyons sur ce point le lecteur aux traités d'anatomie, d'histologie et aux ouvrages spéciaux. Mais, ces quelques notions étant nécessaires pour comprendre le mécanisme de la luxation du cristallin, nous avons cru devoir les rappeler d'une: façon succincte.

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