‹ Contribution à l'étude des Dermatoses Canines et FélinesChapitre 9 sur 33 · ASS · texte numérisé non relu

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« forcé, augmentant avec la chaleur. Par sa violence « et sa fréquence, ce prurit est véritablement la signa- « ture de la gale sarcoptique, car, s’il existe dans d’au- « tres dermatites, nulle part il n’est aussi intense. » On observe encore des boutons de la grosseur d’une tête d’épingle, dus à la salive caustique déposée dans les galeries par les femelles. Quoique moins nets que chez le Cheval, ils se sentent fort bien en passant la main à rebrousse-poil dans la fourrure, avant même qu’il existe des dépilations, ce qui faisait dire au Professeur DouviLee : « Il faut voir la gale avec le bout « des doigts. » Les démangéaisons entraînent les violents grattages que nous avons signalés ; ces grattages aboutissent à l'ouverture de ces vésicules et à l’arrachement des poils. Il en résulte de nombreuses dépiiations. Comme, d'autre part, les femelles ne peuvent vivre ensemble (étant peu sociables) et se dispersent, créant de nouvelles colonies, il se forme de nouvelles dépilations. A cause de l’inflammation cutanée, qui s'accompagne d’un épanchement d’exsudat, et à cause du sang produit par les grattages, les: dépilations se recouvrent peu à peu de croûtes brunâtres, foncées, parce que hémorragiques. Epaissie, plissée, excoriée, la peau exhale une odeu: félide. Souvent, en trois semaines où un mois, l'affection est généralisée. Alors les malades maigrissent, deviennent cachectiques et ne tardent pas à succomber.

Les symptômes que nous vénons de décrire — prurit avec boutons, dépilations, croûtes —— ont toute leur valeur diagnostique lorsque l'animal présente une affection étendue, Cette valeur diminue lorsqu'on se

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trouve en présence d’une gale débutante ; et si, chez certains individus, ils permettent encore un diagnostic sûr, il en est beaucoup d’autres où ils ne peuvent pas, d’une façon certaine, permettre une différenciation d'avec d’autres dermatites, en particulier d’avec l’eczéma. Le prurit lui-même, si caractéristique dans certains cas, est très atténué dans un grand nombre d’autres

il n’y a pas de « maladies », il y a des « malades », individualités propres, réagissant devant l’agent pathogène chaeun à sa, manière, et présentant chacun des symptômes plus ou moins univoques. Devant ce peu de sûreté donné par les symptômes cardinaux que nous avons examinés, on a cherché d’autres signes plus constants, qui permettraient un diagnostic clinique certain. Nous en retiendrons deux : le réflexe oto-podal et le sable conchinien ; et nous concluerons d’après des observations qui, toutes, présentent la valeur d’une

expérience,

Le réflexe oto-podal.

Un moyen assez élégant pour diagnostiquer la gale a été signalé par divers auteurs. Chez le Cheval, il consiste à provoquer, par le chatouillement des lésions spécifiques, un réflexe spécial. En effet, lorsque chez un cheval galeux, on gratte les zones dépilées avec le bout des doigts, __ ou mieux avec l'étrille ou les ciseaux, — on observe que l'animal réagit par des mouvements des lèvres, de la tête, du bout du nez, qui prouvent que le grattage provoque chez lui un certain bien-être, On dit que l'animal « rit », Il y a donc là un

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phénomène réflexe, utilisé couramment par les praticiens, surtout pour diagnostiquer une guérison définitive. Chez le Chien, ce rire sarcoptique n'existe pas ; mais il existe néanmoins un réflexe très particulier, où l'animal manifeste son bien-être par un grattage plus violent qu'à l'ordinaire. En tenant compte des observations du Professeur HENRY, d’Alfort, et de M. CH. LÆBLOIS (qui, nous le verrons plus loin, ont mis en évidence un lieu d'élection des parasites, à savoir une zone située sur la marge conchinienne, au voisinage de l’oreillon), nous sommes conduits à chercher ce réflexe à partir de cette zone auriculaire. Les auteurs précités déclarent que, lorsqu’à l’aide du bistouri, on râcle cette région — on peut prendre plus simplement le bord de l'oreille entre le pouce et l'index et le malaxer fortement —, on déclenche un réflexe prurigineux, et on voit la patte postérieure du chien gratter l'air. Nous avons remarqué que toujours il s'agissait de la patte postérieure correspondant à l'oreille malaxée. Il y a donc là un réflexe —- le réflexe oto-podal (ou oto-prurigineux) — qui constitue, à n’en pas douter, un élément précieux de diagnostic qu’il ne faut pas négliger.

Mais une objection se pose immédiatement, logiquement même : la recherche du réflexe oto-podal ne donne-t-elle pas des résultats positifs chez les chiens atteints d’autres maladies de peau que la gale sarcoptique ? Ne donne-t-elle pas des résultats aussi positifs chez des animaux parfaitement sains ? Pour répondre à l’objection, nous avons entrepris cetle recherche du réflexe chez un certain nombre d'animaux : les uns porteurs de sarcoples (diagnostic établi au microscope),

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d'autres atteints de gale démodécique, d'autres d'eczéma, d’autres enfin absolument sains. Nous pouvons donc fournir une statistique. Sur 18 chiens porteurs de gale sarcoptique, 17 présentaient un violent réflexe (et, en disant cela, nous voulons dire que si les animaux se grattaient d'eux-mêmes, leurs grattages élaient décuplés en intensité par le malaxage de l’oreillon). Un seul de ces chiens, malgré les lentatives répétées, ne voyait pas ses grattages augmentés. Sur 10 chiens démodéciques, un seul présentait quelques velléités de grattage. Sur 15 eczémateux, deux réagissaient d’une façon modérée. Enfin sur vingt animaux d'apparence saine, deux fois seulement nous avons eu une réaction positive. |

-Ges faits d'expérience montrent que l'existence du réflexe oto-podal peut servir à élayer le diagnostic. Il y a évidemment quelques cas — peu nombreux à la vérité, mais il y en a ! — où ce moyen induit en erreur. Comme le-dit VAN SACEGHEM à propos de la gale équine, « tout en accordant une certaine valeur pratique à ce « procédé, il faut convenir qu'il doit donner bien des « diagnostics erronés. » Mais c’est là le propre de la biologie que de n'avoir rien d’absolu ! Le procédé a une valeur, c’est indéniable ; mais il doit être complété cliniquement par un autre moven de diagnostic : la présence du sable conchinien. |

Le sable conchinien.

Dans son ouvrage intitulé « Documents pour servir à l'Edification d’une Dermatologie animale », M. Ch.

Leblois, condensant les observations de son Maïîlre, le Professeur Henry, et les siennes propres, nous indique une localisation particulière des parasites de la gale. Nous avons eu l’occasion d'en dire un mot déjà. Revenons-y avec plus de détails.

« Il nous a été possible, disent ces auteurs, d'observer que, chez les sarcopliniques, il existait à la marge de la conque auriculaire, sur une étroite bande de 3 à 4 millimètres de large, un amoncellement homogène de productions épidermiques, grisâtres el sèches, et épais de 1 ou 2 millimètres. Cette stratification squameuse n’entraîne point la chute du poil et la lésion ressemble, en petit, d’une manière étroite, à la gale céphalique du chat. On la soupçonne à l'œil, mais on la décèle beaucoup mieux au toucher, lorsqu'on frotte la peau entre le pouce et l'index ; on a ainsi l’impression d’une couche un peu dure, granuleuse et irrégulière. Il existe donc chez le chien galeux une « zone d'agrégat psorique » située sur la marge conchinienne, au voisinage de l’oreillon. » Les auteurs démontrent qu’il y a là un lieu de prédilection des Sarcoptes. Nous y reviendrons quand nous parlerons du choix des prélèvements pour le diagnostic microscopique de l'affection. Nous avons déjà vu que c'était à partir de l'excitation de cette zone particulière que se produisait le réflexe oto-podal.

Il n’y a donc aucun doute: il y a là quelque chose de spécial, que M. Ch. Leblois tient, avec juste raison, comme l’un des signes principaux de la gale Sarcoptique. « Il faut, dit-il, à côté des signes du corps, en placer un d'une valeur telle que j'ai eu longtemps la tentation de l’étiqueter pathognomonique, si, fustigé

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