TAC
pour le diagnoslie. En effet, le lichen, la névrodermite chronique surviennent souvent, chez des sujels prédisposés, à l'occasion d'une influence nerveuse : émotion, chagrin, choc moral : il en est de même des psoriasis qui de plus, bien souvent, est associé à d'autres manifestalions de Farthrilisme ; une ‘intoxicalion digestive se retrouve souvent à l'origine d'une poussée d'eczéma. Le nœvus, au contraire, se développe spontanément, du moins en apparence. Il semble cependant, mais le fait doit être rare, qu'une cause irrilalive puisse provoquer le développement d'un nœvus. Ce serait, en effet, un mois après l'applhicalion d’un papier Vlinsi que serait apparu chez la jeune malade de lobs. VI le nœvus verruqueux dont elle est atteinte, et MM. Gaucher et Grou- ZOU qui rapportent ce cas, admellent que Pirrilation produite par ce révulsif a dû agir comme cause provo-
“atrice dans le développement de celte dermatose.
2° Aspect clinique des lésions
ne | Alors même qu'ils seront lardifs, les nœvi pigmentai-
4 res el les nœvis pileux ont des caractères si particuliers
19 qu'il ne sera pas possible deles méconnaitre. I] n'en est
s pas de même des nœvt kéralosiques qui moins nettement
1170 accusés pourront dans cerlains cas prêter à la discussion
è : avec le lichen. On les reconnaîlra aux caractères sui-
À vants. [Is sont constilués par des éléments dont le dia-
va
APN
mètre varie de celui d'une tête d'épingle à celui d'une pièce de un france el plus, avec comme dimensions moyennes celles d'une lentille. Leur saillie peut être à peine marquée ou atteindre jusqu'à huit millimètres et audessus. Ils sont limités par des bords peu nets el reposent sur une base non indurée. Leur coloration varie de celle de la peau normale au jaune-grisâtre ou au brunnoirâtre des productions cornées ; leur surface, toujours sèche, est plate ou légèrement acuminée, lisse parfois, d'autrefois couverte d'aspérités el donnant au toucher une sensalion ràpeuse ; leur consistance est dure, parfois cornée ; celle consistance est surtout marquée aux extrèmités el sur la face d'extension des membres. Dans les plis de flexion, par suite de Ia macéralion, les saillies deviennent plus molles ; elles s'y montrent aussi plus nombreuses. Réunis pour former des trainées où des surfaces verruqueuses, les nœvi sont séparés par des sillons plus où moins étroits, au fond desquels la peau apparail saine, rosée ou gris-brunâtre. I faut ajouter qu'au niveau des traîinées verruqueuses, 1} n'existe aucune douleur, aucun trouble de la sensibilité, aucune démangeaison ; et, si les nœvi peuvent être un lieu de moindre résistance pour la localisation d'une affection secondaire telle qu'érythème, eczéma, ces faits sont rares, et il est exceptionnel que l'aspect du nœvus soit dénaturé. Enfin, en faveur des nœvi plaidera la multiplicilé des traînées linéaires ; car, dans aucune dermalose les trainées ne nous ont paru pouvoir être aussi nom-
breuses.
Dei pA de
Le lichen plan, encore appelé Lichen ruber planus ou lichen de Wilson à comme élément caractéristique : la papule plane. Celle papule a a grandeur moyenne d'une tête d’épingle ; elle est polygonale, à bords nets et précis, el fait une légère saillie au-dessus des téguments : elle est aplalie, quelquefois déprimée ou ombiliquée en son centre ; sa surface est lisse, brillante ; sa consistance est sèche et ferme : sa coloration varie de Ia teinte rose-jaunâtre qui est la plus habituelle au rouge foncé ou violacé, mais peut ne pas différer de celle de la peau normale. Sur les papules anciennes, bien développées, isolées ou agglomérées se rencontrent souvent les stries ou ponclualions opalines sur lesquelles à insisté Wickham et qui constituent un signe pathognomonique, mais inconstant ; ces stries dessinent à la surface des papules des arborisations nodulaires ou des éloiles blanches ou grisâires.
A CÔLÉ de papules isolées, on constate des éléments plus grands : les plaques de lichen, qui résultent de la confluence de papules voisines. La grandeur de ces plaques varie de 4 millimètres à un centimètre ; leur forme est ronde, ovalaire ou irrégulière. Elles sont de coloralion rouge bistre où brunätre, plus épaisses sur leurs bords qu'au centre. Contrairement aux éléments isolés qui ne sont pas squameux, leur surface est recouverte de squames fines très adhérentes. Les plaques un peu étendues sont quadrillées par des hâchures qui y dessinent des losanges ou des polygones de surface
plane et brillante, leur donnant un aspect de mosaïque.
CE qe
Le doigt qui les effleure à la sensation de la peau du cha-
grin.
En faveur du lichen, il faut ajouter le prurit : mais il faut bien savoir que celui-ci peut faire complètement défaut, ou n'apparaitre qu'en même temps ou après le développement de la dermatose; rarement il la précède. Le plus souvent il est léger el intermittent, quelquefois il est intense el même excessif au point de troubler le
repos.
Tels sont les caractères qui permettront de reconnaitre une trainée linéaire de lichen plan typique. Mais celui-ci pourra varier dans son aspect. La papule, au lieu d'être polygonale, pourra être hémisphérique : il s'agira alors de lichen oblusus. D'autres fois, les papules hémisphériques, en même {temps que plus grosses seront rangées en chapelet, constituant le Zichen ruber oblusus moniiformis de Kaposi. Dans certains cas enfin, l'aspect sera celui de lichen corné hypertrophique dont les éléments consistent en élevures verruqueuses, des dimensions d'un pois à celles de plaques nummulaires, roses ou rouges, habituellement recouverte de masses cornées, brunâtres ou plâtreuses très adhérentes. Cette dernière forme est assez ressemblante au nœvus verruqueux, mais alors même que le prurit ferait défaut, l'examen des éléments plus durs, plus pigmentés, moins nettement limités, d'aspect plus néoplasique dans le nœvus verruqueux, permettra le plus souvent,
mais pas toujours — indépendamment de l'époque d’ap-