LIENS
parilion et du mode d'évolution — d'éviter la confu- SION. |
Ilest, avant lout, une erreur de diagnostic qu'il faudra se garder de commettre, c'est de prendre une lrainée de lichen plan pour une trainée de syphilides papuleuses. Il faudra se rappeler que les syphilides papuleuses ne se disposent que d'une façon exceptionnelle en trainées linéaires, et qu'il n’en existe aucune observation précise. Mais surtout, elles n'ont pas les facettes brillantes, les contours nets, polygonaux, lFombilicalion centrale de l'élément initial du lichen ; elles sont presque loujours squameuses où squamo-croûleuses, soil à leur somimel comme dans les syphilides acnéiques ou Jichénoïdes, soit à la périphérie comme dans les syphilides papuleuses lenticulaires qui présentent la collerette de Bielt ; enfin, elles ne donnent lieu, dans la majorité des cas, à aucun prurit accentué.
Le lichen plan devra aussi être différencié de la névrodermile chronique linéaire. Gelle-ci, encore appelée li chen simplex chronique d’'E. Vidal, en bande linéaire a comme symptôme premier el capilal: le prurit. C’est un prurit toujours intense, continu ou plus souvent intermittent, précédant loujours les lésions cutanées d’un intervalle plus ou moins long, quelquefois très long. Nous avons vu qu'au contraire le prurit pouvait manquer dans le lichen plan.
L'élément caractéristique de la névrodermite chronique circonserite est, comme dans le lichen plan, une
papule. Mais cette papule diffère de celle du lichen en
PART a
ce qu'elle n'en à pas les Inniles si précises, polygonales, la coloration d'un rouge-bislre si particulier, Faspect comme néoplasique qui fait que la papule du lichen plan est en quelque sorte bombée 6l comme tendue, en ce qu'elle n'a jamais d'ombilication centrale. On ne retrouve pas non plus dans la névrodermile les stries d'un blanc-grisätre, stries de Wickhaæm, absolument pathognomoniques el si fréquentes à la surface des papules bien développées du lichen plan. Si, d'ailleurs, les papules peuvent exister seules dans la névrodermile, elles sont, le plus souvent, accompagnées de deux autres z0nes externe et interne, entre lesquelles elles se trouvent situées : dans certains cas enfin, elles font défaut el seule existe l’une ou l'autre de ces zones. La zone externe -- premier degrès de Faffeclion -- apparait :omme une bordure irrégulière el de largeur variable, d'une coloralion variant du café au lait clair au jaune brunâtre, d'aspect velvétique el comme formée de fines papules minuscules. La zone interne résulle de la confluence des papules el marque le degré le plus avancé de la dermatose. À son niveau les Léguments sont épaissis el infil-
lrés : celle infillralion varie considérablement suivant
les cas, el souvent même dans un même cas suivant les.
points considérés : elle peut n'être que papyracée ou
constiluer une hypertrophie énorme, presque éléphan-
tiasique des léguments. La surface de celle zone est par-
courue de sillons linéaires plus ou moins réguliers, dessinant un quadrillage rectangulaire ou losangique. Elle
est presque loujours recouverle de Squames fines, d'un
blanc grisätre où d'un gris-brunâlre, adhérentes et surout visibles par le grallage.
La différencialion du Hichen plan d'avec la névrodermile chronique peul être rendu très difficile par suite d'une alléralion particulière des éléments du chen. Il arrive en effel, que les papules polygonales du Hichen se déforment, perdent leurs bords si nets, né présententaueunestrie de Wickham, deviennent squameuüses, et sont séparées par des espaces où la peau apparaît rouge, plus ou moins épaissie où d'aspect velvélique. Cetle déformalion affecte très souvent le lichen en trainée linéaire. Elle peut n'exisler que sur une certaine étendue ou envahir toute une bande. M. Brocq lattribue à une lichénificalion secondaire des éléments du lichen, par suite du grallage intense chez un malade prédisposé à faire de la lichénification. I faudra, pour élablir la nature du lichen rechercher au voisinage des éléments anormaux, mieux encore en des points éloignés, s'il n'existe pas de papules typiques. Il faudra surtout examiner la muqueuse buccale où l'on découvrira souvent la papule argentée caractéristique du lichen, examiner encore le gland sur lequel on remarquera parfois des papules aplalies, bistrées, polygonales et luisantes non moins caractéristiques. Mais dans bien des cas, il ne sera pas possible de déterminer si la lichénificalion est primilive ou secondaire. Il faut dire aussi que tous les auteurs ne sont pas aussi affirmalifs que M. Brocq sur la nature d’un lichen ainsi déformé. Après
avoir étudié les cas bien nets de lichen en traînées li-