I. Théories vasculaires
Heller et Manchot ont cru constater une certaine relation dans la distribution des nœvi linéaires, lun avec les vaisseaux Iympathiques, Fautre avec les vaisseaux arlériels el veineux. Kopp, d'autre part, supposait que les nœvi, du fait de leur pigmentation, étaient toujours en rapport avec les vaisseaux sanguins. Enfin, dans les Archio für Dermal. und Syphilis de 1902. p. 179. Gunsell a donné l'observation d'une femme de 65 ans, atteinte depuis fans d'un lichen ruber planus avec papules polygonales ou arrondies, nettement ombiliquées, groupés en cordons durs, saillants de 4 à 5 millimètres,
d'une coloration allant du rouge livide au rouge brun:
et répondant à peu près au trajet des veines superticielles des membres inférieurs, de telle sorte que les jambes et les cuisses paraissaient au premier abord recouvertes d'un réseau de veines variqueuses.
Est-ce à dire que la disposition linéaire des ‘dermaloses soit sous la dépendance d'un trouble de la circulation sanguine ou lymphatique ? Cela n'est pas probable, et les théories vasculaires sont aujourd'hui généralement abandonnées. À part l'observalion de Gunsetle, où il s'agit d'ailleurs d'un lichen en réseau, plutôt que d'un lichen franchement linéaire, dans aucun cas les lrainées linéaires ne nous ont paru répondre au trajet des vaisseaux Iympathiques où sanguins superficiels. On se demande d’ailleurs comment une veine: une artère où un lvymphalique dont le lerriloire culané est vaste, en nappe, pourrail impressionner un {terriloire cutané linéaire, netlement limité, comme est celui des dermaloses en traînée. En outre, là pigmentalion des nœvi linéaires, hormis les nœvi vasculaires, les angiomes dont il n'est pas question ici, ne dépend pas, contrairement à ce que dit Kopp, de la vascularisalion, mais d'une quantité anormale de pigment dans les couches inférieures de l’épiderme, notamment dans la couche génératrice.
Dans la sclérodermie, les lésions des artérioles de la peau sont très précoces, el la sclérose paraît débuter autour d'elles. Mais l'existence de ces lésions n'explique pas la disposition en bandes de cette affection ; une longue
bande croise en effel plusieurs territoires artériels, et il