JO
diane et” répond au (lerriloire du rameau cervical transverse du plexus cervical superficiel droil.
Notre malade de l'observation 1 présente aussi entre l'appendice xyphoïde et la symphvse pubienneune longœue trainée nœvique qui répond d'une façon assez exacte à la ligne de séparation des territoires nerveux limitrophes de la ligne blanche. Les deux lignes verticales qui laccompagnent, puis la continuent dans sa parlie inférieure, peuvent aussi être considérées comme situées à Ja limite de ces territoires. Chez.cetle malade aucune autre trainée verruqueuse ne nous a pas répondu d'une facon exacte aux lignes de Voigt.
Le nœvus de notre malade (obs. V} répond, dans presque toute son étendue, aux lignes de Voigl. Sa parlie supérieure est située sur la ligne blanche. À Ja jambe, dont il occupe la ligne médiane antérieure, il chemine tout d'abord entre les Lerriloires du saphène interne en
dedans et du cutané péronier (branche de scialique po-
plilé externe) en dehors ; à la partie inférieure de la jambe et sur le dos du pied, il s'avance d’une facon non moins exacte entre les lerriloires du saphène inlerpe en dedans et du musculo-culané (rameau du scialique poplité externe) en dehors. [l nous à rarement été possible de voir les lignes de Voigt suivies d'une façon aussi régulière. Toutefois, la partie fémorale de celte traînée nœvique est siluée en plein dans le ferriloire du crural.
La coïncidence avec les lignes de Voigt ne s'observe
pas seulement dans les nœvi; les autres dermatoses li-
néaires répondent parfois aussi à la limite de deux terriloires nerveux voisins. [I va nous être possible d'en donner quelques exemples. Reportons-nous à l'observation de psoriasis lichénoïde (Obs. XVII) et considérons la longue trainée qui s'étend de lombilie au gros orleil. De l'ombilic à la racine de la verge, elle répond à la lgne blanche el avec elle à la limite des terriloires des derniers nerfs intercostaux droits et gauches : à la cuisse, elle correspond à la limite des territoires du pelit scialique el du nerf saphène interne ; enfin, au pied, à la limite des lerritoires du saphène externe et du plantaire interne. Toutefois sur un court trajet, de la racine de la verge au liers supérieur de la cuisse elle chemine sur le domaine de l’oblurateur.
L'eczéma dont est atteinte la malade de l'obs. XIX semble bien correspondre comme l'a fait remarquer Slernthal à la limite des lerriloires suivants : Cireonexe el musculo-cutané d'une part, brachial cutané interne de l'autre ; plus haut, les deux branches divergentes semblent assez nellement en rapport avec les confins des Lerriloires culanés, innervés par les rameaux du plexus cervical superficiel.
La traînée d'eczéma lichénoïde qui, chez la malade de l'ob. XXI, s'étend à la face antérieure de la jambe gauche, du genou au gros orteil, est située, à part un léger empièlement vers sa partie moyenne sur le domaine du saphène interne en dedans, du cutané péronier et du musculo-culané en dehors.
Dans lPobservalion XXII, nous voyons une bande de
sclérodermie s'étendre sur la ligne médiane de la face depuis la pointe du nez jusqu'à 3 cent. au-dessus de la limite d'implantation des cheveux. Elle répond, comme nous l'avons déjà vu plus haut pour une disposition semblable d'une trainée nœvique, à la limile des territoires droil et gauche des filets frontaux et nasaux des” nerfs ophlalmiques. Il faut remarquer cependant que, dans sa parlie inférieure, celle bande s'écarte légèrement de la ligne médiane el répond alors surtout à la partie interne du territoire du nasal gauche.
Dans les quelques observations de lichen que nous rapportons, nous n'avons pas constaté de coïncidence nette des trainées avec les lignes de Voigt. Mais celle-ci se rencontre dans cette variété de dermatose linéaire el MM. Balzer et Alquier en ont relalé quelques cas. (Archives gén. de Méd. 1901).
Il est donc exact que dans beaucoup de cas des dermatoses linéaires sont situées à la limite des territoires nerveux voisins. Doit-on conclure de celle coïncidence fréquente que la disposition en traînées des dermatoses soit soumise aux lignes de Voigt ? Le développement de ces trainées linéaires résulterait alors, comme le pense M. Hallopeau « de la superposition des actions trophonévroliques qui apparliennent aux rameaux anastomosés des nerfs périphériques voisins. »
. Getle théorie est fort suggestive, d'autant plus qu'elle explique mieux que les précédentes l’étroitesse des trainées de dermatose. Cependant, un grave reproche peut lui être adressée ; elle n'explique pas tous les cas. I
est en effet des trainées qui, comme nous l'avons vu, sont contenues tout entières ou presque dans un lerritoire nerveux périphérique ; les lignes de Voigt sont, alors non touchées par la dermatose. Il en est d'autres, et ce sont les plus nombreuses, qui répondent aux territoires cutanés de plusieurs nerfs: les lignes de Voigt sont alors croisées. Il faut dire que, dans ces es, l'angle de croisement est le plus souvent de faible ouverture, et il arrive que les dermatoses longent presque les lignes de Voigt. On pourrait done se demander si le défaut de concordance n'est pas dù à des variations individuelles dans la distribution des nerfs périphériques, on ne s'explique pas par notre ignorance de la distribution exacte de ces nerfs. Peut-être, mais il est reconnu par Îles anatomistes, qu'on ne trouve pas dans le srslème nerveux les anomalies parfois si considérables quil nest pas rare de rencontrer dans les systèmes arlériels ou! veineux, et il est admis que grâce à la dissection, aux recherches expérimentales et anatomeo-cliniques, là distribution des nerfs périphériques est connue d'une fàcon que l'on peut regarder comme exacte. Pe sorte que, si l'hypothèse de Philippson parait assez vraisemblable pour expliquer, dans certains eas, là disposition en iraïnées des dermatoses, il n'est guère possible de considérer comme pouvant rendre comple de cette dis-
position dans tous les cas.
HI. Théorie des « Haarstrôme »
LA
La distribution des poils à la surface du corps humain a élé l'objet de recherches particulières de Ja part de Voigt, d'Eschérich et de quelques autres auteurs. Ces différents auteurs ont trouvé que les poils étaient implantés suivant des lignes dont la direction variail suiant les régions et ont donné à ces lignes le nom d° « Haarstrôme. »
Or, d’après Jadassohn, il v aurait une élroile relation entre les Haarstrôme el la disposition en lrainées des dermatloses : les trainées linéaires seraient souvent disposées suivant les Faarstrôme el plus souvent encore suivant les lignes qui résultent Ge Ta rencontre d'Haarstrôme diversement dirigés. Jadasshon applique son hypothèse surtout aux novi verruqueux linéaires ; mais, il admet que les Haarstrôme peuvent aussi diriger des dermatoses autres que.les naœævr.
N? avant pu nous procurer les schémas de V del ni d'Escherich sur la disposilion des Haarstrôme, il ne nous à pas élé possible de rechercher par nous-même dans quelle mesure Fhypothèse de Jadassohn pouvait être appliquée aux observations que nous avions recueillies. Mais, si nous nous en rapportons aux auleurs de quelques-unes de ces observations, elle concorderail d'une facon assez salisfaisante avec la disposition de
quelques lrainées de nœvi linéaires. «Si nous compa-
LED ee
rons, dit Strasser, les traînées nœviques de notre mala-
de (Obs: IT) avec les schémas de Voigt et d'Eschérich, nous trouvons que plusieurs d'entre-elles coïncident
d'une façon assez exacte avec la direction des Haars-
rome diversement dirigés ». Il signale alors les coïnei-
dences suivantes.
La traînée nœvique qui descend à la face postérieur du
membre inférieur gauche répond à une ligne où aboutis-
sent, d'une part, les Haarstrôme venantde la face postérieure du membre inférieur dirigés en bas el en dedans, el d'autre part, les Haarstrôme venant de la face interne
el dirigés en bas el en arrière. Toutefois, vers le Liers
inférieur de la jambe, cette ligne décrit un are convexe en avant qui lé rapproche de la erète tibiale et l'éloigne
de Ta traînée nœvique. Il est à remarquer, que cette
lraïnée nœvique a déjà élé signalée comme répondant à
une ligne de Voigl. Sa coïncidence avec cette dernière
est même plus nelle, car à la partie inférieure de la
jambe, elle s'en écarte à peine, tandis que la ligne de
rencontre des Haarstrôme décrit Fare dont il est ques-
üon plus haut. | La pelile trainée verruqueuse qui, de l'angle interne
de l'œil gauche se porte, légèrement sinueuse, en haut
elen dehors, répond exactement à la ligne de rencontre des haarstrôme venant d'une part de la partie médiane
du front, d'autre part de sa partie latérale.
La lrainée verruqueuse qui, prenant naissance un peu en dehors de l'appendice xyphoïde, se porte ensuite vers
le côté interne du bras gauche, peut être regardée
EN nyEs
comme dirigée, dans la plus grande partie de son étendue, suivant un haarstrôme, qui venant de l'aisselle se porte en bas et dedans vers la ligne médiane antérieure.
La trainée nœævique de la ligne blanche répond à la ligne de rencontre des haarstrôme des moiliés droite et gauche de l'abdomen et dont la direction est oblique en bas el en dedans. Mais, comme nous l'avons vu antérieurement, elle peut aussi être considérée comme répondant à une ligne de Voigt des plus manifestes.
La ligne verruqueuse très pigmentée qui chemine sur le côlé gauche du cou correspond exactement à la ligne de convergence des haarstrôme de la face et du cou.
Une des coïncidences les plus frappantes des trainées nœviques avec les haarstromes est celle que Fon constate pour les {rois arcs verruqueux, situés à la partie inférieure de la moitié gauche du thorax. Prenant naissance à la ligne médiane antérieure, ils se portent, comme nous l'avons vu, en haut et en dehors jusqu'à la Higne mame- Jonnaire où, changeant de direction, ils deviennent obliques en bas et en arrière, mais presque horizontaux -sur la face postérieure du lrone. Ces trois arcs répondent rigoureusement à la direction des haarstrôme el l'angle ouvert en bas qu'ils forment au niveau de la ligne mamelonnaire s'explique fort bien en admettant Fhypothèse de Jadassohn. En effet, imaginons-nous, d'après Escherich” ane ligne allant du bord antérieur de laisselle à lépine iliaque antéro-supérieure. (Cette ligne serait un peu plus
externe, d'après Voigt. Sa silualion serait d’ailleurs
LMOÈSERRS
variable suivant les individus, tantôt un peu plus externe, Lanlôt un peu plus interne.) Sur loute la hauteur de cette ligne naissent deux variétés d'Haarstrôme : les uns, antérieurs, se portent en bas et en avant vers la ligne médiane antérieure, les autres, postérieurs, horizontalement où légèrement en bas et en arrière vers la ligne médiane postérieure. Ilen résulte donc, au niveau de cette ligne, la détermination d'angles ouverts en bas et à ouverture variable suivant lobliquité des Haarstrôme qui s'en échappent. Celle disposition des Haarstrôme au niveau du tronc répond exactement à la disposition qu'y affectent très souvent les lrainées nœviques, et il faut reconnailre que, dans aucune des hypothèses antérieurement exposées, nous n'avons lrouvé une coïncidence aussi nelle.
D'après les quelques exemples que nous venons de rapporter l'hypothèse de Jadassohn parait applicable à un certain nombre de trainées nœviques. Mais elle ne peut Pêtre à loutes, et de ce fait ne peut être acceptée d'emblée. Ilestdes cas, en effel, où les traïnées verruqueuses ont une direction tout à fait différente des Haarstrôme et de leur ligne de rencontre. Sans doute on peut admettre des variations individuelles dans la disposition des lignes d'implantalion des poils. Mais ces
varialions ont des limites et les schémas de Voigt et
d'Eschérich sont assez concordants pour que la disposi-
üon des poils à la surface du corps soit considérée comme assez bien connue. De sorte que, à notre avis,
siles Haarstrôme el leur ligne de rencontre paraissent
pouvoir intervenir dans la disposition en lrainées linéaires des dermatoses, ils ne peuvent être regardés comme la cause unique de cette disposilion.
On se demande d'ailleurs par quel mécanisme la direclion des lignes d'implantation des poils pourrait in fuencer la disposition en trainées des dermatoses. A ce sujel, un point nous à particulièrement frappé dans les exemples que nous avons cités plus baul à Fappui de l'hypothèse de Jadassohn, c'est la coïncidence fréquente des lignes de rencontre des Haarstrôme avec les lignes de Voigt là où l'on constale des nœvi linéaires. Nous l'avons trouvée assez nelle au membre inférieur, rigoureusement exacle à la ligne médiane antérieure. Celte coïncidence ne peut êlre regardée comme effet du hasard, et il faut bien qu'il y ait au niveau de ces lignes une cause prédisposant au développement des nœæwvi linéaires. Faut-il admettre avee M. Hallopeau une influence lrophonévrotique ? Faut-il faire intervenir le simple fait de la rencontre des Haarstrôme ? Ces explicalions paraissent peu salisfaisantes. IF semble que la raison de celle coïncidence soit plus profonde. La thé-
or1e embryonnaire nous la donnera peut-être.