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OBSERVATIONS

I Nœsvi linéaires

Dans la grande classe des nœvi, la disposition linéaire est affectée surtout par les nœvi hyperkératosiques ou verruqueux durs; elle l’est aussi, mais beaucoup plus rarement, par les nœvi pigmentaires et verruqueux mous; dans certains cas, il s’agit de nœvi linéaires

mixtes. Voici quelques exemples de nœvi linéaires.

Observation I (personnelle).

Nœvi linéaires hyperkératosiques à traïnées multiples, occupant les deux moitiés du corps et offrant dans certaines régions une symétrie assez nette. {Malade du service de M. Balzer,

Hôpital St-Louis, nov. 1910).

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Raymonde X... est âgée de 11 ans. Bien développée pour son âge, intelligente, elle ne présente aucune tare nerveuse, el on ne retrouve dans ses antécédents qu'une coqueluche à l'âge de 9 ans. Ses parents se portent bien. Elle a deux frères de 7 et de 4 ans, deux sœurs ayant respectivement 2? ans el 1 mois, tous bien portants, sans malformation d'aucune sorte.

Sa surface tégumentaire est couverte d'éléments dont les dimensions varient de celles d’une tète d'épingle à celles d'une pièce de 50 centimes, leur saillie, à peine marquée par places, atteint ailleurs plus de trois millimètres. Ils sont limités par des bords irréguliers et reposent sur une base non indurée ; leur consistance est dure, parfois cornée ; leur surface est 'aplatie, sèche el rugueuse ; leur coloration varie de celle de la peau normale au Jaune grisätre où au brun noirâtre. Ils ne sont le siège d'aucune douleur, d'aucune démangeaison. Ils sont groupés pour former des surfaces verruqueuses plus où moins régulières et des trainées dont la largeur varie de quelques mullimètres à plusieurs centimètres. Ils.existaient à Ia naissance ; avec l'âge ils sont devenus plus volumineux et plus pigmentés ; apparemment leur nombre aurait peu augmenté. Is sont distribués de la façcon'suivante :

Téle. — Sur le cuir chevelu, il n'existe que quelques nœvi disséminés, grisàtres, de la grosseur d'un grain de chénevis à celle d'une lentille. Sur le front on constate deux petits placards ayant chacun les dimensions d'une pièce de un franc et situés à la limile des cheveux, l'un sur la ligne médiane, l'autre au-dessus de la bosse frontale droite.

Cou.— Une vaste nappe verruqueuse recouvrele cou dans presque toute son étendue ; elle remonte en avant jusqu'au bord inférieur du maxillaire inférieur qu'elle déborde même un peu, et dépasse en arrière la limite des cheveux; elle descend jusqu'aux clavieules et s'étend sur la face supérieure desépaules, En avant,

cependant, existe un triangle de peau à peu près saine, ayant

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comme base la fourchette sternale el comme sommet l'angle inférieur du cartilage thyroïde. Dans ce triangle on n'aperçoit que quelques nœvi petits, à peine pigmentés, disposés sans ordre. Les verrucosités qui composent la nappe ont comme dimensions moyennes celles d'une lentille eb sont colorées en gris-brunätre : elles sont condensées, séparées par des sillons étroits el rosés. On n'y peut trouver aucune trace de disposilion linéaire.

Tronc. — Parallèlement à la clavicule gauche, à un centimètre au-dessous d'elle, chemine une traiïnée large de un à deux millimètres, peu saillante, à peine pigmentée, s'étendant depuis un peu en dedans de la ligne mamelonnaire jusqu'au voisinage de la tèle humérale. Un peu au-dessous de cette ligne, et dirigée dans le même sens, s'en trouve une autre moins nette et moins longue. Du même côté de la poitrine prend naissance, à un Centimètre en dedans du mamelon gauche et sur la mêine ligne horizontale, une traînée verruqueuse qui se porte en bas et en dedans vers l'appendice xiphoïde, un pæi en dehors. duquel elle se termine. D'une largeur de 2? millim., elle est formée d'éléments isolés, espacés, peu saillants, blanc-grisätres.

Celte dernière strie verruqueuse n'existe pas du côté droit, Par contre, entre la claviculé et le mamelon droits se trouve une traînée rappelant, par sa direction et sa situation, les deux. lignes que nous avons vues dans la même région du côté gauche. Commencant un peu en dedans de la ligne mamelonnaire, elle se porte parallèlement à la clavicule, à deux centimètres audessous d'elle jusqu'au bord inférieur de l'aisselle, où eile se perd dans une nappe verruqueuse. Sa largeur est de6 à 7 millim. ; éléments peu pigmentés, à peine saillants.

Indépendamment des lignes verruqueuses ci-dessus décrites, se trouvent sur la face antérieure de la poitrine des verrucosités isolées, des taches pigmentaires gris-brunâtres disséminées

sans ordre,

Le thorax est entouré à sa partie inférieure d’une bande verruqueuse à peu près complète dont les moitiés droite et gauche sont sensiblement symétriques. La moitié droite prend naissance à deux travers de doigt de la ligne médiane postérieure, en regard des 9° et 10° vertèbres dorsales. Elle chermine d'abord transversalement en dehors jusqu'au niveau de Ja ligne scapulaire ; elle se porte alors en bas et dehors, puis en haut et en avant, pour reprendre ensuite son trajet horizontal; elle décrit ainsi sur le flane droit un angle de 60° environ, ouvert en haut, et dont le sommet répond à la ligne axillaire et descend jusqu'à lrois travers de doigt de la crête iliaque. Avant atteint la ligne mamelonnaire à 4 travers de doigt au-dessous du mamelon, elle s'épanouit; la partie supérieure continue sa roule horizontale vers le creux épigastrique jusqu'à la ligne médiane, qu'elle ne dépasse pas ; la partie inférieure apparait formée d'une série de lignes obliques en bas el en dedans qui se portent en divergeant vers l'ombilic et Ia région sous-ombilicale, sans atteindre toute fois la ligne blanche dont elles restent séparées par une distance de 1 à 3 centim. Cette bande en demi-ceinture a depuis sa naissance Jusqu'au point où elle s'épanouit, une largeur de 2? à ? cm. 1/2; elle est formée de verrucosilés braun-grisàtres, très rugueuses, saillantes de 2 à 3 mm., ayant par places Îles dimensions d'une pièce de 50 centimes ; les lignes qui résultent de son épanouissement sont d'une largeur de 1 à 2? mm., à peine saillantes, peu pigmentées, souvent interrompues; les espaces qui les séparent présentent çà et là des verrucosilés et des taches pigmentaires ; il semble qu'elles aient été produi- Les par un pinceau mal imprégné de peinture gris-brunâtre.

La moitié gauche de la ceinture verruqueuse, qui entoure. le thorax à sa base, commence par un placard verruqueux de la largeur d'une paume de main en regard des 11° et 12 vertèbres dorsales, à la limite même de la ligne médiane postérieure.

Large de 3 centimètres, plus saillante, plus pigmentée, un peu

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plus bas située que la bande droite, élle se porte en bas et en dehors jusqu'au niveau de la ligne axillaire qu'elle atteint à 3 cent. de la crète iliaque ; changeant ‘alors de direction, elle chemine en haut el en avant jusqu'à quatre travers de doigt audessous du mamelon. Elle Ss'épanouitl à ce niveau en un vaste placard triangulaire dont le ‘côté supérieur horizon!{al aboutit à

la ligne médiane un peu au-dessous deFappendice xyphoïde, le

côté inférieur oblique en bas et en dedans aboutit à deux tra-

vers de doigt au-dessous de lombilie, et le côté interne côloie la ligne blanche. 11 n'est pas possible de retrouver dans ce triangle verruqueux les traînées linéaires qui apparaissent si nettes dans la surface d'épanouissement de la bande droite.

La ligne médiane antérieure est occupée par une lrainée verruqueuse remarquablement nelle: Prenant naissance immédiatement au-dessous de L'appendice xyÿphoïde, elle descend un peu à gauche de la ligne médiane en décrivant une légère courbe à concavité interne, longe le bord gauche de l'ombilie et répond plus bas rigoureusement à la ligne blanché. Cette traînée, large de"5àr3 mm. saillante de 1 à 2 mm. paraît nellement indépendante, tout au moins dans sa partie inférieure, des autres stries et surface que nous avons éludiées plus haut. Deux autres lignes verruqueuses accompagnent-cette traînée principale ; l'une d'elles, commencant à deux travers de doigt au-dessus du pubis, la longe parallèlement à gauche, el se eontinuant sur la grande lèvre gauche va rejoindre un placard périnéal el interfessier ; l’autre naît à trois travers de doigt au-dessus du pubis, le longe parallèlement à droite et va se perdre sur 14 moitié antérieure de la grande-lèvre droite.

En plus des deux bandes transversales que nous ÿ avons vu naître précédemment, le dos présente d'autres stries et surfaces verruqueuses. Sur la moitié droite, partent de la ligne médiane postérieure, au niveau des 4 et 5° vertèbres dorsales, deux

stries qui, obliques en haut el en dedans, croisent Ta 3° et Ta 4°

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