‹ Contribution à l'Étude des Déterminations Cutanées au Cours de l'Encéphalite Épidémique (Herpès, Zona et particulièrement les érythèmes tox-infectieux)Chapitre 17 sur 26 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

BuzzaRD.

Éruption scarlatiniforme ‘au début d’une encéphalite épidémique.

Un jeune homme de 19 ans va au théâtre le 28 mars 1919 et revient souffrant de la tête avec de la fièvre. Le lendemain, la température s'élève et le 30 mars une éruption apparaît, ressemblant à celle de la fièvre scarlatine. Les jours qui suivirent, la céphalée fut intense et le malade eut tout à coup une crise convulsive généralisée qui le laissa dans un état demi-comateux. Je le vis le 4% avril. Il était dans un état semi-inconscient, les yeux clos, et se prêtant mal à l'examen. Le bras droit était paralysé; les réflexes abdominaux étaient paresseux et les réflexes rotuliens difficiles à obtenir.

Une ponction lombaire donna issue à un liquide extraordinairement hypertendu avec, comme seul élément anormal, une augmentation du taux du glucose. Le malade reprend conscience quelques heures après et l’on remarque une difficulté de parole avec parésie du côté droit de la face et du corps.

Depuis, l'amélioration a été progressive, mais cependant, au bout de quinze jours, la parésie était encore perceptible.

OBSERVATION [IL (résumée).

LereBouLrer et Mouzon.

Érythème scarlatiniforme au cours d’une encéphalite à forme choréique. M... (B.), 23 ans, femme de chambre, entre à l'Hôpital Laënnec,

le 18 janvier 1920, dans un état d’excilation psychique et d’agitation avec température voisine de 40 degrés. Elle parlait sans cesse, ne

paraissant cependant pas avoir d’hallucinations. Elle éprouvait une céphalée d'intensité modérée. Pas de raideur de la nuque. Pas de Kernig. Pas de modification des réflexes tendineux. Réflexes plantaires en flexion; pupilles égales réagissant bien à la lumière; pas de strabisme, pas de gros troubles de la vue.

Fièvre à 40 degrés. Pouls rapide. Langue saburrale. Urine non albumineuse.

Une ponction lombaire montre une légère lymphocvlose sans hypertension.

En cinq jours, la température baisse en lysis et descend au-dessous de 38 degrés. La malade tombe dans un état d'asthénie et de somnolence avec diplopie et un peu de ptlosis plus marqué à droite.

Le Wassermann est négatif.

Il existe de la trémulation intermittente, des soubresauts brusques, des secousses électriques, sans mryoclonie parcellaire, des grincements de dents, le tout exagéré à l'occasion de l'examen.

Survient une période d'amélioration, durant une quinzaine de jours, sans que disparaisse l’hypermétropie asthénique ni l’inquiétude vague qui tourmente la malade.

Brusquement, le 21 février, apparail un frisson, la température c’élève à 3993, avec point de côté gauche, sans signes physiques pulmonaires, cardiaques ou rénaux. Céphalée, douleur légère à la déglutition, avec rougeur peu marquée des amygdales et du voile du palais. Albuminurie légère.

Le lendemain, on note un léger tremblement, et le 23 apparail un état d’agitation choréique avec insomnie el inégalité pupillaire. Les pupilles ont des réactions paresseuses ; légères secousses nystagmiformes. Tempéralure, 4093.

Le 24 février, la chorée devient plus intense. Le 25, elle s'accentue encore; la langue est sèche, l’angine érythémateuse s'accompagne de petites vésicules miliaires blanchâtres sur l’amygdale gauche et la moitié gauche du voile du palais. Babinski à droite.

Le 29, l'agitation est extrêmement intense. L'angine herpélique s'est accompagnée de stomatite. La langue, qui était sèche, desquame.

Le corps est recouvert d’un érythème scarlatiniforme en grands

ORDRE En

placards, prédominant dans les régions pectorales, sur les flancs, sur la face externe des cuisses, sur la face postéro-exlerne des bras, des avant-bras et des mains et n’atleignant à la face que le menton. La peau est sèche, rugueuse au toucher, la sudation nulle.

Le 1*% mars, l'agitation choréique s'alténue.

Le 3 mars, il n’y a plus de mouvements choréiques. L'érythème a disparu, mais une desquamation fine commence sur le corps. La stomalile persiste encore.

Le 7 mars, la desquamation se poursuit sur le Lronc, les membres et le menton, avec saillie exagérée des bulbes pileux el sécheresse de la peau.

Depuis lors, l’état va s’améliorant, la malade commence à se lever; elle conserve un hémispasme facial gauche, une inégalité pupillaire, une extrême hypotlonie, un sommeil irrégulier et des algies intermittentes des membres.

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