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point lésé, un apport de liquides et de cellules qui, par une action combinée, s’attaqueront aux agents pathogènes et entraveront leur marche envahissante. C’est du résultat de cette lutte qui tout dépend.
Le système nerveux, par l’action prépondérante qu’il a sur la vitalité et les fonctions des cellules, régit toutes les transformations et les combinaisons qui se produisent dans ces éléments. Aussi, si son influence s'exerce dans des conditions d’infériorité marquée, les cellules, parties con stituantes de l'être vivant, sont jetées dans un trouble
profond. Elles se laissent envahir par des microbes, quel-
quefois les commensaux habituels de notre individu, privées qu’elles sont de toute énergie défensive. C'est ce qui arrive en particulier dans la grippe comme l’a dit Barth! : « La fièvre grippale a sur les centres nerveux, une influence débilitante toute spéciale comme le prouvent la céphalée intense, la rachialgie, l’abattement précoce et persistant des forces. » L’asthémie est en effet très marquée et elle est évidemment le résultat d’une atteinte portée au système nerveux. Aussi, sous linfluence de ces troubles de l’innervation, la vie intra-cellulaire subit des modifications profondes qui se traduisent par un ralentissement de la nutrition et une résistance moindre à l’égard des agents d'infection.
Les micro-organismes, outre les lésions qu’ils produisent par la dissociation et la perforation des cellules, amènent encore dans le protoplasma de celles-ci des transformations chimiques qui leur sont nécessaires pour
1 Union médicale, 1890.
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Sgen conserver leur vitalité. C’est en somme une lutte pour l'existence entre deux éléments ennemis.
De plus, leurs produits solubles peuvent nuire aux cellules du voisinage, soit par simple contact, soit par leur transport dans le torrent circulatoire.
M. Le professeur Teissier insiste particulièrement sur ce point dans ses Leçons sur la grippe-influenza, publiées récemment et il n’hésite pas à affirmer que c’est à ses toxines que le micro-organisme de la grippe doit la majeure partie de ses effets pathogènes. La preuve en serait dans la toxicité considérable des urines et du sérum sanguin des grippés. Ge dernier, en effet, complètement stérile, a produit, chez un lapin auquel on l'avait injecté dans la veine auriculaire, un œdème violet, gangréneux, des deux oreilles. La sérosité, cultivée à différentes reprises, n'a révélé la présence d’aucun microorganisme.
Ge lapin a présenté des phénomènes généraux négli geables, alors qu’un autre lapin témoin, inoculé avec une culture de diplobacilles a été atteint de phénomènes réactionnels intenses. Il faudrait done conclure à la spécificité du diplobacille en tant qu’agent pathogène de la grippe, et de ses toxines en tant qu'agent préparant Porganisme à des complications dues à la réinfection ou à une infection nouvelle par un microorganisme surajouté.
C’est de toutes ces causes réunies que résultent les complications inflammatoires hémorragiques, exsudatives et suppuratives observées pendant les épidémies de grippe.
Faut-il admettre, vu la diversité des microorganismes
rencontrés chez les grippés que ces complications si dissemblables sont le fait de microbes différents, que la prédominance de tel ou tel microbe est due à un état spécial
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tre de l’organisme favorable à son évolution ? Nous ne le croyons pas. Pourquoi n’admettrait-on pas, aussi bien que dans toutes les maladies infectieuses, que la grippe à son microbe spécial pouvantamener des complications diverses, suivant l’état dans lequel sont les éléments cellulaires de tel ou tel organe. Du reste, comme nous le verrons plus loin, en analysant la thèse du D’ Berier, inspirée par
M: le professeur Teissier, les microbes pathogènes de la
grippe si différents entre eux au premier abord ne seraient que des degrés de polymorphisme d’un seul et même microorganisme. Tout s’expliquerait alors et la grippe aûrait son agent spécifique. La discordance dans le résultat des recherches des différents observateurs et les expériences concluantes de M. le professeur Teissier tendent à faire admettre ce fait.
Pour terminer ce chapitre relatif à la pathogénie de l'infection grippale, en général, et ses déterminations pleurales en particulier, nous allons résumer les opinions des différents auteurs qui se sont occupés de cette question. Beorhaave, dans ses 4 phorismes, a décrit le premier d’une façon exacte et se rapprochant assez des idées actuelles, la question des agents infectieux mise bien entendu de côté, la manière dont il comprenait l’inflammation de la plèvre à la suite de la fièvre catarrhale. Il lui donne comme cause « le transport d’une matière inflammatoire, ichoreuse, purulente, prédominant auparavant dans tout le corps ou dans quelque partie et déposée ensuite par quelque cause que ce soit dans les lieux qui font le siège de la pleurésie. » IL ajoute plus loin : « Il est des épidémies qui d’elles-mêmes portent sur la poitrine et c'est alors qu’on voit régner c>s pleurésies meur -