‹ Contribution à l'étude des déterminations pleurales de la grippeChapitre 32 sur 34 · PRES ACER · texte numérisé non relu

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FRIEDRICH à toujours trouvé le streptocoque.

- FiscueL ‘a publié deux mémoires importants s’occupant

de la bactériologie de la grippe, il a décrit différents organismes qu'il à pu isoler du sang des grippes. Ses études portent particulièrement sur des grippes à forme nerveuse, et, pas plus chez ses malades que chez les animaux sur lesquels il a expérimenté, il ne signale de lésions de la plèvre, aussi ne nous y arrêterons-nous pas. Nous retiendrons cependant des observations de ce fait, qui nous a déjà servi d'interprétation pathogénique, qu’un des organismes qu’il a isolés a la propriété de rendre les milieux plus aptes à la végétation du streptocoque.

Bei *, dans quatre cas d’épanchement pleural, a trouvé une fois le diplocoque seul, une fois le streptocoque, une fois le diplocoque et streptocoque, une fois le diplocoque, le streptocoque et le staphylocoque. L’examen du sue pulmonaire a donné le même résultat.

Leruze, dans un cas de pleurésie grippale, fit des cultures à cinq reprises différentes et trouva toujours le bacille de Friedlander en culture pure.

KraNNHALS%, dans des cas de pneumonie, a presque constamment trouvé des streptocoques et des pneumocoques ; il en a été de même dans deux cas d’abcès pulmonaire accompagnés d’exsudat pleural.

Il a étudié aussi, au point de vue bactériologique, plusieurs cas d’empyème et de péricardite dans l’épanchement desquels il a pu constater la présence soit de streptocoques, soit de staphylocoques, soit enfin, des

1 Fischel, Prager medic. Wochenschrift, 1890. 2 Bein, Zeitsch. für. klin. Med., 1890.

3 Krannhals, Die Influenza Epidemie der Winters, in Riga, 1889-90.

ose

bâtonnets courts, réunis deux à deux et ressemblant à un bacille étranglé en son milieu. Ceux-ci ne poussaient pas à la température ordinaire, formaient des colonies rouge clair sur pomme de terre et ne se coloraient pas par la méthode de Gram. L’expérimentation a montré que l'in- Jection intra-pleurale, chez le lapin, en tuait un sur quatre, après avoir déterminé une pleurésie purulente.

Dans l’épanchement on retrouvait le même bacille.

Krannhals croit que c’est le pneumocoque de Frænkel qui cause la pleurésie, les streptocoques et les staphylocoques n’auraient qu’une importance secondaire.

KosTIouRINE semble avoir isolé un microbe qui, bien qu’analogue à première vue à celui de Frænkel-Weichselbaum, s’en distingue cependant par certains caractères dont deux nous intéressent principalement. Le microbe de Kostiourine, par inoculation sous-cutanée ou intrapleurale ne produit aucun phénomène morbide, pas de lésions pleurales, pas d’épanchement. Le diplocoque de Frænkel- Weichselbaum, au contraire, tue les animaux en trois Jours au plus et provoque des pleurésies, des péricardites et des péritonites. Ce dernier pourrait done être considéré à plus juste titre comme le microbe spéci fique de la grippe.

Pretrrer ! donne les résultats de trente et un cas d’in.fluenza qu'il a observés au point de vue bactériologique. Dans tous les cas, il a rencontré un bacille particulier dans la sécrétion purulente caractéristique des branches. Dans la grippe franche, il était en culture pure, dans

! Pfeiffer, Deutsche medicinische Wochenscrhift et Bulletin med., 1890,

d’autres cas, associé à différents micro-organismes. Il a pu observer sa pénétration dans le tissu péribronchique et de là, à la surface pleurale. Deux fois, après autopsie, il l’a trouvé à l’état de culture pure dans l’exsudat purulent qui recouvrait la plèvre.

L'élément qu’il signale a la forme d’un bâtonnet de la largeur de celui de la septicémie de la souris, mais d’une longueur moitié moindre. 11 se colore difficilement par les couleurs d’aniline basiques, mais on obtient de meilleurs résultats avec la solution de Ziel étendue ou le bleu de de Lœffler. La coloration plus marquée à ses deux extrémités peut amener la confusion avec la diplocoque ou le streptocoque. : e

Expérimenté sur des animaux, il n’a donné de résultats que chez le singe et le lapin, Pfeiffer se croit autorisé à le considérer comme l’agent pathogène de la grippe.

Kirisaro { a réussi à cultiver le bacille précédemment décrit par Pfeiffer, grâce à un procédé particulier découvert par Koch. En culture sur agar, il se présente sous l’aspect d’une gouttelette d’eau très difficile à distinguer les colonies restent séparées les unes des autres, et c’est là un point caractéristique qui le différencie avec certitude des autres bactéries. Il ne se cultive pas sur gélatine et médiocrement dans le bouillon.

Canon ?, dans des expériences faites à l'hôpital Moabit de Berlin, a isolé le même bacille que les expérimenta eurs précédents. Ses recherches ont visé particulièrement l'examen du sang qu’il recueillait au moment d’une chute

1 Kitisato, Communic. à la Soc. de méd. de la Charité de Berlin. ? Canon, Deutsche medicinische Wochenschrift, 1890.

de température et a constaté sa présence constante dans tous les cas de grippe.

Corwiz et CHANTEMESSE inoculant le sang d’un grippé dans la veine de l'oreille d’un lapin ont trouvé vingtquatre heures après dans son sang la bactérie de Pfeiffer.

Frocca ! a isolé dans la salive des chats un bacille ana logue à celui de Pfeiffer, injecté sous la peau d’un lapin; il a amené la mort dans les vingt-quatre heures.A l’autopsie, il constata du météorisme abdominal, de la péritonite séreuse et dela pleurésie avec congestion pulmonaire. L’organisme injecté fut retrouvé dans le liquide des séreuses.

PruuL ? a fait des recherches sur neuf cas de grippe dont deux compliquées de pleuro-pneumonie. Chez ces derniers, il a trouvé dans les sécrétions bronchiques, des bacilles particuliers en bâtonnets très minces ainsi que le diplocoque de Frænkel. Le bacille qu'il signale a beaucoup de rapports avec celui de Pfeiffer et Kitisato.

MM. Taeissigr, Roux et Prrrion publièrent en mars 1891 leurs premiers travaux au sujet de l’étiologie de la grippe. Au mois de novembre de la même année, M. le professeur Teissier en fit l’exposé dans son cours magistral à la Faculté de Médecine et, depuis cette époque, différentes communications ont achevé d’éclaircir cette question qui jusqu'alors était restée très obscure.

M. Teissier etses collaborateurs ont réussi à retirer du sang des grippés au moment de la période d'état ainsi que de leur urine, au moment de la défervescence, deux bactéries semblant au premier abord tres dissemblables l’une de Pautre.

1 Fiocca, Centralbl. für B. und. Parasitenkunde, 25 mars 1892. 2 Pfuhl, Centralbl. für. B.und Parasitenkunde, 25 mars 1892.

Dans le sang, c’est un streptocoque qui a été constamment trouvé; dans les urines, au contraire, un diplobacille encapsulé assez analogue à celui de Jolles. Des lapins inoculés avec une culture, par la voie intraveineuse sont tous morts à un intervalle variable suivant les doses et la virulence de la culture. Leur sang, comme chez l’homme, contenait le streptocoque et leurs urines le diplobacille. Était- ce un polymophisme ou une association microbienne? Une expérience 2n vitro est venue donner raison à la première hypothèse. Le sang d’un lapin ayant succombé à l'infection causée par l’inoculation du diplo- “bacille a donné par ensemenceément dans le bouillon de Loœffler maintenu à 38 degrés une culture pure du streptocoque. Celui-ci, transporté sur agar-peptone, s’est transformé en trois jours en staphylocoque. Ce staphylocoque ensemencé alors sur gélatine et maintenue à l’étuve à 20 degrés a donné une culture de diplo-bactéries. Retransportés dans le bouillon à 38 degrés, ces divers organismes reprennent la forme streptoccienne.

MM. Teissier et Frenkel, au cours de leurs expériences, ont pu démontrer les propriétés pyogènes de la diplobactérie. Ce fait nous intéresse particulièrement étant donné le nombre considérable de pleuro-pneumonies purulentes post-grippales que nous avons pu observer.

Un lapin recoit 2 centimètres cubes d’une culture en bouillon dans la veine auriculaire et en même temps 1 centimètre cube de la même culture dans le tissu comjonctif de l’oreille. Une semaine après, l'oreille présente « une suppuration nécrotisante » qui s'étend du point d’inoculation jusqu’à sa base. Le pus cultivé révèle la

présence de diplo-bacilles. C'était donc bien une suppuration produite par le microorganisme de la grippe.

MM. Teissier, Roux et Pittion, en démontrant par leur expérience le degré de polymorphisme auquel pouvait arriver l’élément infectieux qu'ils ont isolé chez Îles grippés, ont fait pour ainsi dire la synthèse des différents travaux de leurs prédécesseurs. M. le D' Bérier, dans une thèse remarquable, soutenue au mois de juillet dernier, appuie particulièrement sur ce point et admet que les différentes formes microbiennes décrites par les auteurs, ne sont que des phases de développement d’un même organisme, la diplobactérie de MM. Teissier, Roux et Pittion. Le nombre considérable de faits cliniques et expérimentaux apportés par ces auteurs doit donc nous faire considérer le diplo-bacille comme le véritable élément pathogène de la grippe. Aussi pour terminer ce chapitre de notre thèse allons-nous donner 2n extenso d’après un mémoire que M. le professeur Teissier publie en ce moment dans les Archives de médecine expérimentale, les caractères morphologiques de la diplobactérie grippale.

Dans la majorité des cas, le diplo-bacille a été recueilli dans l'urine et ensemencé,

« Le bouillon de bœuf peptonisé ne se trouble guère qu'après trente-six heures de séjour à l’étuve à 37 degrés. Au bout de quarante-huitheures, quelquefois même seulement au bout de trois jours, 1l est manifestement trouble, opalin et cela très uniformément. Il n’y a ni flocon, ni voile à sa surface. Il contient alors des diplo-bacilles très courts, et qu’on serait tenté de prendre pour des diplocoques, si des cultures sur d’autres milieux ne venaient

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démontrer la nature bacillaire de ces éléments. Ces orga : nismes sont très mobiles, comme ceux qui ont été décrits dans le sang et présentent le même double mouvement de rotation sur leur axe et de translation. Colorés, ils se rapetissent encore et leur ressemblance avec les diplocoques s’accentue ; ils perdent alors leur mobilité, ils gardent mal les couleurs basiques d'aniline, deviennent très apparents sous influence de la double coloration d’Erlich. Mais le meilleur moyen de les bien mettre en évidence et d'obtenir une coloration durable est de recourir au

procédé de Ziehl.

€ Différents essais successifs ont moutré qu'ils ne se décolorent pas par la méthode de Gram.

« En tube d’Esmarch, le bouillon ensemencé donne naissance à des colonies qui se développent aisément à 20 degrés ; ces colonies sont déchiquetées sur leurs bords, très découpés ; elles offrent un point central obscur autour duquel la colonie s’étale comme les pétales d’une fleur (aspect héliantiforme). Elles ont un aspect irisé et à la loupe elles offrent la disposition en glacier qui se rencontre dans les colonies dues au bacille d’Eberth,

« Elles ne sont pas liquéfiantes. Sur agar, les colonies se développent avec une grande exubérance et une grande rapidité.

« Dès le lendemain de l’ensemencement on peut voir de chaque côté de la ligne de strie, la colonie blanchâtre et transparente s'étendre en nappe avec des contours sinueux. Ici, les éléments s’allongent nettement, la nature bacillaire n’est plus douteuse et si, après avoir fait agir sur la préparation une solution d'acide acétique au 1/100, suivant la méthode de Friedlander, lon colore avec le pro-

cédé de Ziehl (fuschine phéniquée), il semble qu’on ne puisse révoquer en doute la présence d’une capsule.

«Sur pomme de terre, lescultures ont un caractère tout à fait typique et qui semble bien différencier nettement ce micro -organisme. Cest à peine si les colonies sont apparentes; souvent même, si l’examen microscopique ne venait lever les doutes, on pourrait croire que les ense= mencements sont stériles. C’est à peine si l’on aperçoit à jour frisant un léger glacis au niveau et autour de la strie, glacis un peu humide et qui donne à la culture l’apparence d’une culture du bacille d’Eberth.

« Mais sous le microscope on constate la présence de bacilles tres longs, groupés souvent deux à deux, parfois isolés dans certains points entourés d’un halo qui pourrait faire croire à la présence d’une capsule. Mais ici existence de la capsule est très douteuse. Par contre, au bout de deux semaines environ, on peut voir à une ou deux extrémités de ces bacilles se développer des points blanchâtres très arrondis qui paraissent bien être des spores. Quelques-uus même se détachent des bacilles et sont libres au milieu de la préparation. »

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