OBSERVATIONS
Nous donnons ici quelques observations quise rapportent à notre sujet. Au début de chaque observation, nous donnerons le résumé de ce qu’elle contient en général ; mais nous nous abstiendrons de toute discussion clinique, ayant exposé plus haut l’ensei-
gnement que nous en avions tiré.
Observation IV
Rhumatisme pulmonaire d'emblée. Rhumatisme articulaire aigu consécutif. Service de M. Srvesrre. (Thèse de
M. LeBreToN.)
La nommée P.. Claudine entre au pavillon Lorain le 29 février 1883. Cette femme, d’une bonne santé habituelle, vient d’avoir une fièvre typhoïde pour laquelle elle est restée trois mois à l’hôpital de la Charité; elle en est sortie il y a vingt jours. Quatre jours après son départ, elle fut prise d’un
point de côté violent à gauche ; depuis ce moment, elle a
été en proie à une oppre:sion persistante. Elle tcusse et
crache continuellement ; depuis quelques jours, elle s’est aperçue que son pied devenait douloureux, tuméfié, et elle a dû, depuis ce moment, garder le lit.
État actuel. — Rhumatisme articulaire aigu, localisé surtout dans le pied gauche. Quelques autres jointures sont douloureuses depuis hier. |
Poumons. — A gauche état normal. A droite tout le poumon est rempli de râles fins de congestion pulmonaire, de la base au sommet, mais plus abondants à la base; il y a également à l’aisselle quelques frottements. A la partie moyenne, souffle assez doux, allant en diminuant de la base au sommet. Son maximum est au-dessous de l’épine de l’omoplate ; en ce point, broncho-phonie et submatité très manifeste ; fièvre modérée :'38°5 le matin, 39° le soir (T.:R.).
L'oppression est très marquée ; l’expectoration spumeuse, abondante, sans coloration. Au cœur, léger roulement présystolique, souffle doux à la base et dans les vaisseaux. Albuminurie légère. Après deux jours, pendant lesquels l’état pulmonaire reste le même, malgré les ventouses et la poudre de Dower, M. Sevestre dinné à la malade 6 grammes de salicylate de soude. Le médicament est donné le 25 février pour la première fois. Dès le lendemain, la malade se sent soulagée ; les râles sont moins nombreux.
L’albumine disparaît de l’urme le 27; etle 1° mars, quatre Jours après, la congestion pulmonaire ne se révèle plus que .par quelques râles fins, disséminés dans le poumon droit ; le pied gauche est seul encore douloureux.
13 mars. — La malade, se leva pour la «première fois le
15 mars. Rechute grave du rhumatisme, les membres sont
LTRe senls pris cette fois, mais avec réaction fébrile intense. Le poumons restent complètement indemnes, l’albumine reparaît dans les urines.
Guérison de cette rechute le 24 mars.
9 avril. — Troisième rechute de rhumatisme sans manifestation pulmonaire, mais avec manifestations analogues à celle de la deuxième attaque ; 40° le soir. Le salicylate a encore raison de ces accidents et la malade sort définitivement
guérie le 22 avril.
Observation V
Congestlion pulmonaire rhumalismale précédant de cinq jours les artropathies (Thèse de Sreec. Paris, 1893).
D... Émile, 19 ans, imprimeur. Entré le21 septembre 1892, salle Lasègue, lit n° 17, à Cochin.
Pas d’antécédents héréditaires.
Antécédents personnels. — En 1889, première attaque de rhumatisme, il garde le lit te jours.
18 septembre 1892. — Dans la nuit, point de côté droit très violent, exaspéré par les mouvements respiratoires. Dyspnée, toux légère. En même temps courbature et brisement des jambes.
21 septembre 1893. — Le malade veut, à la consultation, demander son admission pour ce point de côté et son oppression. À ce moment, on croit entendre d'es frottements étendus à toute la partie droite de la poitrine, et on songe à de la pleurésie.
Le soir, à la contre-visite, l’interne reconnaît qu'il s’agit ; ? [e)
pee de râles de congestion sous-crépitants, assez fins, disséminés dans toute l’étendue du poumon droit, mais surtout très nets au niveau de la base,
Pas de souffle. Vibrations un peu exagérées, ni submatité, ni toux, ni expe ctoration. Dyspnée extrême, point de côté extrêmement intense.
22 septembre. — Même état local, sans changement, sauf que les parties supérieures du poumon semblent se dégager. Courbature générale.
23 septembre. — Douleurs très fortes apparaissent dans les cous-de-pied et dans les genoux. OEdème et rougeur assez vive à ce niveau. Pression extrêmement douloureuse. Diagnostic : Rhumatisme articulaire aigu.
Le malade a sué abondamment pendant la nuit; et, le matin, il présentait une odeur aigrelette.
Salicylate de soude : 4 grammes.
24 septembre. — Le poumon est dégagé; les douleurs sont un peu moins vives dans les jambes. Soir : bras droit, coudes, poignet se prennent. Sueurs nocturnes abondantes, Odeur aigrelette très caractéristique. Rien au cœur, pas d’al-. bumine.
26 septembre. — Amélioration notable.
Le malade sort guéri au commencement d’octobre.
Rapprochons l'odeur aïigrelette caractéristique dont parle M. Steeg, de ce que l’auteur anglais Füller
appelait l'odeur empyreumatique de rhumatisme.
x DT
Observation VI
Rhumatisme pulmonaire précédant le rhumalisme articulaire aigu, puis alternant avec lui (Thèse de M, Ferwrr).
R... Nicolas, âgé de 32 ans, n’ayant jamais eu que quelques douleurs vagues et passagères dans les membres, entre à l’hôpital le 26 novembre 1864, dans le service de M. Lorain.
Cet homme est-malade dépuis trois jours. Il présente tous les signes d’une pneumonie, occupant le tiers moyen du poumon droit. Matité légère, quelques râles crépitants, pas de souffle, point de côté, toux fréquente avec expectoration visqueuse, vert-jaunâtre.
Le admin soulagement; le 30 novembre, sixième jour de la pneumonie, attaque de rhumatisme articulaire aigu dans les deux genoux et durant cinq jours. Le 5 décembre, les douleurs disparaissent d’elles-mêmes, mais la pneumonie, qui s'était atténuée au point d’avoir presque complètement disparu, réapparaît. Tout disparaît deux jours ‘après : la poussée s’éteint et la convalescence s’établit. Le 10 décem-
bre, le malade quitte l'hôpital, guéri.
Observation VII
Rhumatisme pulmonaire précédant de deux jours les artropathies (empruntée à Buxren).
Jeune homme de 22 ans. Bonne santé antérieure. Il a
dormi au froid avec des habits humides.
HET La peau est très chaude, sèche, toux par paroxysmes. Rien à la percussion ni à l’auscultation. Lecas est, par nous,regardé comme un exemple typique de rhumatisme localisé sur le tissu fibreux du poumon.
Effectivement, deux jours après, il est frappé de rhumatisme aigu dans l’épaule droite ; pendant trente-six heures, | c'est-à-dire pendant que durèrent les douleurs, pas de toux. Puis nouvelle détermination du rhumatisme re le poumon, : la toux réapparaît et la douleur d’épaule disparaît.
Quelques jours après : péricardite et endocardite.
Observation VIII
Rhumatisme articulaire avec congestion pulmonaire et fièvre précédant de deux jours les arthropathies ; l'affection pulmonaire domine la scène. OEdème passager des jambes. (Bernaetm. Clinique médicale, Nancy, 1877.)
W... Thérèse, 19 ans, domestique, habituellement bien portante, entre au service le 22 septembre 1875. Depuis la
veille,céphalalgie, douleurs abdominales et fièvre. On constate
le 23 septembre : T:, 395 ;.P:,,120 ; R.1134.
Langue chargée, ventre un peu bouff; quelques selles diar. rhéiques depuis deux jours, à la suite d’une purgation. Bruit de souffle assez fort àtla base du cœur, au second temps ; le cœur n’est pas hypertrophié; la malade n’a jamais eu ni d’œdème ni de battements de cœur.Submatité légère à la base du poumon droit. Dans la journée, le genou droit devient
douloureux, chaud et tuméfié ; douleurs vagues dans le bras
gauche.