‹ Contribution à l'étude des déterminations pulmonaires primitives du rhumatisme articulaire aigu: Congestion pulmonaire rhumatismaleChapitre 19 sur 24 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Vraisemblablement, la première idée qui vient à l'esprit du médecin, lorsque le diagnostic d'infection rhumatismale est établi, est de donner le médicament spécifique, autrement dit d’administrer le salicylate de soude.

Cependant, lorsqu'il s’agit de manifestations pulmonaires primitives de cette infection, on peut se demander si l’on ne doit pas ne pas interrompre le cours du processus morbide, qui, par ses déterminations articulaires, libérera, le plus souvent,du moins, l'appareil pulmonaire.

C’est qu’en effet, le rhnumatisme viscéral, plus spécialement même le rhumatisme pulmonaire, est regardé comme une manifestation grave de l’infection. « Les manifestations pulmonaires, dit le professeur Ball, semblent accuser,bien plus encore que les affections du cœur de même cause, une tendance plus prononcée à la diffusion viscérale des manifestations du rhumatisme, et,à ce point de vue, présentent une

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gravité d’un ordre tout particulier. La question n’es pas récente, et depuis longtemps déjàles auteurs qui se sont occupés du rhumatisme l’ont étudiée et discutée. « Quelques auteurs, disait Bouillaud, ont considéré que le rhumatisme articulaire aigu, devait, dans une certaine mesure, être respecté dans ses manifestations extérieures, à la manière de la goutte, dans la crainte que le processus morbide interrompu dans les jointures ne produise quelque répercussion grave vers les viscères; et sans aller jusqu’à considérer l'affection comme un « Voli me tangere », n’en concluent pas moins qu'il peut être dangereux de ne pas laisser la maladie épuiser son action sur les points où elle s’est manifestée. »

Plus récemment M. Merklein, dans ses Cliniques, à l’article « Dilatation aiguë rhumatismale », pose la même quéstion: et voici comment il la résout :

« Lé traitement de la dilatation cardiaque, dit-il, n’est pas tout. Il faut se préoccuper du traitement général dé la maladie rhumatismale, et voilà soulevée cétte question souvent controversée : faut-il continuer ou suspendre l'usage des préparations salicylées, quand surviennent les troubles fonctionnels et les signes de la dilatation aiguë du cœur?

En ce qui me concerne, je n'hésite pas à en suspendre l’éemploi,et cela pour plusieurs raisons. Il est à remärquer, tout d'abord, que le médicament s’est &énéralement montré inefficace que c’esten plein traiternent salicÿlé, après plusieurs jours d'emploi inin-

terrompu du salicylate de soude à doses plus ou moins

Fe

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élevées, sans détente notable, ni des douleurs, ni de

la fièvre,qu’éclatent Les accidents cardiaques. Il s’agit,

sans doute, de formes spéciales de l'infection ruma-

tismale, parfois de toxémies profondes d'emblée, sur lesquelles le salicylate n’a pas de prise. Le salicylate n’est pas, d’ailleurs, responsable des accidents cardiaques ou centraux qui se produisent, car ces accidents on les a observés bien avant l’époque où l’on a commencé à traiter le rhumatisme articulaire aigu par le salicylate, de soude, mais il paraît évident qu’il les entretient ou les aggrave. La suspension du salicylate de soude, remplacé par la quinine, non seulement wa pas d’inconvénient mais est d’un heureux résultat. »

La question qui nous intéressait est jugée et nous pouvons nous appuyer sur l'autorité de M. Merklein pour nous prononcer. :

M. Merkiein dit très nettement que le traitement salicylé doit être abandonné dans les formes spécialement virulentes de l'infection rhumatismale. Or tout autre est notre cas; nous savons, en effet, que la congestion rhumatismale, que nous avons étudiée, comporte un pronostic bénin ; aussi n'avons-nous pas à hésiter pour choisir notre agent thérapeutique. C’est donc le salicylate que nous devrons administrer à notre malade.

Donné aux doses habituelles, avec toutes les précautions qu'il comporte dans son administration, il fait réellement merveille. Nous avons des observa-

tions où la congestion pulmonaire, qui durait depuis

ds ro Uar

quelque temps, sans s’atténuer, cède rapidement le

lendemain de son emploi.

Du reste, en matière de rhumatisme,son efficacité

n’est plus à démontrer; c’est, en eflet, le spécifique

certain de cette infection.

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