RES
A) Développement embryologique du cœur.
Le cœur, comme l'appareil circulatoire tout entier, se forme aux dépens de l’entoderme et du mésoderme.
. De chaque côté du pharynx, des amas cellulaires de la surface de l’entoderme pénètrent dans le mésoderme en le refoulant, constituant ainsi deux bourgeons vasculaires. Ces deux bourgeons s’accolent ensuite pour former un tube unique aux dépens duquel se fera tout le développement ultérieur du cœur définitif.
De l'extrémité antérieure du tube cardiaque partent les deux troncs aortiques qui envoient des branches dans la membrane vitellise ; deux veines omphalo-mésentériques ramènen Je sang à la partie postérieure du tube.
Le tube va maintenant s’allonger ; mais, limité dans cet allongement par la situation des vaisseaux, il subit une double inflexion en S italique : l'aorte se trouve reportée en avant et à droite, la portion veineuse en arrière et à gauche. |
Deux étranglements apparaissent alors, le canal auriculaire en arrière, le détroit de Haller en avant, qui délimitent trois renflements : en arrière l'oreillette primitive
recevant les veines omphalo-mésentériques, — entre les ‘deux étranglements le ventricule primitif — et le continuant au délà du détroit de Haller, le bulbe artériel.
Jusqu'ici le cœur est simple et unique. Un travail de eloisonnement va maintenant s'opérer. qui aboutira à la formation du cœur droit et du cœur gauche.
La premièreapparue, estla cloison inter-auriculo-ventriculaire ; elle se forme par la réunion d’une lèvre antérieure et postérieure, au niveau du canal auriculaire. Ces deux lèvres laissent à leurs extrémités latérales une petite fente, ébauche des orifices auriculo-ventriculaires.
La séparation des oreillettes se fait par une cloison qui descend de la paroi supérieure de l'oreillette primitive et vient se réunir à la première cloison auriculo-ventriculaire, constituant ainsi les oreillettes droites et gauches.
La séparation des ventricules est analogue : un repli en forme de croissant saïlle en bas et en arrière dans la paroi du ventricule primitif et monte vers la cloison auriculo-ventriculaire ; Ja division est complète au cours de la 7° semaine.
Le bulbe artériel subit un cloisonnement identique et se sépare ên aorte en arrière et artère pulmonaire en avant. La cloison subit une torsion telle qu'elle fait aboucher l'artère pulmonaire dans le ventricule droit, l’aorte dans le ventricule gauche.
B) Explication embryogénique de l'inversion.
Nous n'avons pas l'intention d'entrer dans le détail des opinions sur l'Etiologie de l’inversion, nous en donnerons
Tr
simplement une vue d'ensemble, nous réservant d'insister davantage sur les recherches et les théories embryologiques récentes. | ;
Les auteurs ont émis sur la question des hypothèses extrèmement diverses, faisant remonter la cause de la malformation tantôt a la mère, tantôt à l'embryon, tantôt au germe. HAE)
Pour Legroux (1856) et Kussmaul (1865) ce serait une influence psychique chez la mère pendant la grossesse qui produirait l’anomalie.
Pour Geoffroy Saint-Hilaire, les premières cellules embryonnaires se multiplieraient suivant un ordre donné. Une variation quelconque venant invertir l’ordre de ces cellules produirait l’inversion de tous les organes.
D'autres auteurs (Bischoff, Forster) voient la cause de l’anomalie dans une mauvaise rotation de l'embryon normalement chez tout embryon la vésicule ombilicale se tourne vers la gauche, et l’allantoïde vers la droite ; si la rotation se fait en sens inverse, il y a inversion.
Plus récemment Carpentier, qui considère ces anomalies comme héréditaires, les aitribue à un manque de développement ou à un arrêt de développement de l'embryon et il fait intervenir l’endocardite fœtale.
Certains auteurs ont pris le cœur comme centre del'inversion : le tube cardiaque, qui d’ordinaire se recourbe de gauche à droite et est repoussé dans son ensemble vers la gauche, se recourberait en sens inverse et serait. ainsi reporté vers la droite,
Voici à ce sujet les conclusions de Madame Culcer Pétresco dans sa thèse de 1913.
DT en)
(En résumé, on peut conclure qu'aucune de ces hypothèses ne peut s'appliquer à la généralité des cas, qu'il est très difficile de choisir celle qui paraîtra la vraisemblable, maisqu’on peutquand même rapporter cette malformation :
Soit à une monstruosité du germe qui porte en lui-même l'origine de cette anomalie, peut-être transmise héréditairement ;
Soit a un trouble organique, datant des premiers moments de la vie embryonnaire, qui pervertit l’ordre du développement, et ce trouble serait produit par l’intervention de divers agents physiques, oo. chimiques, surtout biologiques. »
L'opinion la plus récente que nous ayons trouvé sur la question est celle du Docteur Guillemin, de Nancy, dans la discussion du cas de G. Faugère que nous citerons plus loin.
Parlant de cas d’inversion totale : « C’est, dit-il, une typie en miroir, phénomène que l’on rencontre dans les 3 règnes (minéralogie, zologie, botanique), typie aussi normale que la typie commune mais plus rare, sujette aux mêmes accidents et malformations ».
Il y aurait donc deux modes : le mode commun ou typie commune, et un second symétrique au premier, typie en miroir.
Le deuxième mode est tout aussi normal que le premier et son évolution spéciale part d’un état déjà existant dans l’œuf lui-même, état spécial dont on ignore d’ailleurs Île mode de production.
Pour le Docteur Guillemin, il faut admettre « l'autonomie ontogénétique complète du 2° mode, comparativement au 4%, le copiant symétriquement dans sa formation ovulaire, embryogénique, fœtale, et dans sa terminaison à l’état d'organisme achevé ». On retrouve d’ailleurs dans les deux modes la même physiologie, la même GPAORS la même tératologie.