OBSERVATION I
Observalion du docteur Tscuepke (In thèse de Bonnal, 1867)
Un enfant de 3 ans élail pris de deux jours l'un, d'un dévoiement considérable ; du reste, aucun symplôme de fièvre intermillenlte proprement dil. Le Jour de l’intermission, l'appélil élait excellent. Le petil malade se livrait avec ardeur à ses jeux ; les accidents cédèrent à l'emploi du sulfate de quinine. Vingt-et-un jours après leur entière cessalion, la diarrhée reparut ; on laissa marcher la maladie pendaul six jours afin de vérifier la régularité de l'intermitlence ; enfin, on administra de nouveau la quinine, le dévoiement fut promplement supprimé et ne revint pas.
OBsERvaTIoN II
Observation du docteur Mirrer (Journal des Connaissances Médico-Chirurgicales, 1844, p. 62)
Mme M.., âgée de 60 ans, d'une bonne constilution, a élé prise, le 4 janvier 1844, d'une diarrhée séreuse qui s'est manifestée à 2 heures du malin el qui a obligé la malade à se lever cinq fois pendant la nuit.
Voilà déjà six jours que Mme M... est alleinte de cette indisposilion, el, malgré cela, elle a bon appétit, les digesüions s'exéculent bien, elle ne ressent pas de coliques. Le lendemain de sa maladie, celle dame se mit au régime ; elle but de l'eau de riz, mangea peu à son diner el S'administra quelques lavements amylacés avec addition de quelques goulles de laudanum de Sydenham. La diarrhée n'en persisla pas moins.
Je vis celle dame le 10 janvier. Elle n'a jamais eu de fièvres intermillentes ; sa rate n'est pas hypertrophiée.
Frappé de la périodicité de cette diarrhée, qui depuis SIX jours se manifeslail toujours à la même e heure, Je pres- Crivis ;
sulfate de quinine............ 4 grammes.
Pour 36 pilules, beurre de cacao Q. S.
Mme M... pris 9 pilules, le 10 janvier à sepl heures du soir ; la diarrhée fut complèlement supprimée.
Le 11, 6 pilules, même résullal.
Le 13, 6 pilules encore.
Puis Mme M... prit les autres à dose décroissante el de distance en distance ; la diarrhée n'a jamais reparu.
OBSsERVATION II
Observation du docteur Dusoué (De l'impaludisme, p. 155)
Il s'agissait d'une petite fille d'une douzaine d'années qui a toujours habité le département de Ia Haute-Garonne, dans un pelil endroit un peu fiévreux dont je ne me rappelle pas le nom. Cette petile, part de chez elle vers le milieu du mois de mai dernier (1866) el avait déjà la diarrhée depuis plusieurs jours, au moment de son départ. Le dévoiement persiste lors de son arrivée à Pau, el j'essaye en vain de le combaltre par les moyens usuels, déjà employés du reste par le médecin ordinaire de notre pelile malade. Boissons délayantes, astringents, dièle et repos au lit, bismuth el diascordium, opiacés, elc., rien n'arrête les selles diarrhéiques d’ailleurs peu fréquentes ; il n'y en avail Jamais eu plus de lrois ou quatre par jour. J'allais me disposer à administrer un purgatif salin, lorsque la mère me fait observer que, de deux jours l’un, la diarrhée semble plus forte, el en revenant sur ce que javais vu moi-même, je reconnais en effel la juslesse de celle observalion. Je dois ajouter que depuis dix jours environ que je soignais celle enfant, je n'avais jainais nolé le moindre mouvement fébrile. Sur le seul indice de celle intermittence, je donne 0.30 centigrammes par Jour du sulfate de quinine, el, dès le second jour, Je constate un amende-
Re
ment des plus notables ; en moins d’une semaine, la guérison complète est obtenue, el le trailement est continué pendant quelque temps encore, à des intervalles de plus en plus éloignés.
Le caractère cyclique des diarrhées relatées dans ces trois observalions (1, 11, 111) nous incile inévilablement à penser au paludisme larvé à forme inteslinale. La rapide cessation des troubles diarrhéiques sous l'influence de la quinine en est une preuve irréfulable.
OBSERVATION [V Observalion du docteur Grazz (Thèse de Garnier)
Barr, conducteur au 12° régiment d'artillerie, quatre mois de Tonkin, admis à l'infirmerie le 1° Avril 1886. Se plaint de coliques assez vives, entrainant des selles fréquentes incomplèles, fortement bilieuses et délerminant un peu de ténesme, rale grosse, foie un peu développé sensible à la pression ; embarras gastrique lrès accusé, pas de fièvre, tempéralure normale à toutes les heures du jour et de la nuit ; les jours précédents, céphalée et accès incomplets, pas de manifestation palustre antérieure. Malgré l'absence de fièvre, trailement par l'ipéca et la quinine, vers le quatrième jour, guérison complèle.
Accès le 8 avril ; reprise des accidents abdominaux en même temps que la poussée fébrile, traitement analogue ; au bout de lrois jours, le malade peut reprendre son service.
Les heureux résultats de la quinine sur les troubles intestinaux apyréliques du début de l'observalion comme sur ceux accompagnant la poussée fébrile nous indiquent suffisamment l’éliologie paludéenne de ces phénomènes intestinaux.