‹ Contribution à l'Étude des Diarrhées PaludéennesChapitre 7 sur 25 · À MES AMIS · texte numérisé non relu

À MES AMIS

Introduction

Le paludisme est une des infections qui peul se manifester sous le plus grand nombre de modalités. Les formes cliniques ont élé multipliées à l'infini. En dehors des formes purement fébriles intermiltenles, il y a des paludismes larvés se manifestant par un seul symplôme. Parmi ces fièvres larvées existent des formes intleslinales sur lesquelles on n’a pas assez insisté, nous semble-t-il, ce qui fail que nous avons l'intention de les éludier d'une façon plus particulière. Cerlains cas, par exemple, se présentent sous l'aspect d'une diarrhée banale ou d’une dysenterie ordinaire bien qu'ils ne relèvent que du fait du paludisme. Ces phénomènes inleslinaux sont quelques fois accompagnés de fièvre, el souvent se présentent comme symplôme unique. Pour faire leur diagnostic éliologique, il faut évidemment y penser. L'examen microscopique des produits intestinaux diarrhéiques ou dysenlériques permel parfois d'y découvrir lhémalozoaire de Laveran, mais celle trouvaille ne peul guère exister que lorsqu'il y a des suffusions sanquines dans les selles. D'autres fois, ce ne sera que par le trailement spécifique, c'est-à-dire par la quérison due à la quinine que nous apporlerons la preuve étiologique de ces troubles intestinaux.

Ces réactions inlestinales peuvent apparaïlre comme première manifestation du paludisme, précédant la crise paludéenne. C’est ainst que M. Lœper, dans son article publié dans Le Monde Médical, 1919 : « Sur certaines réactions intestinales du paludisme », dit : « Ces accidents inleslinaux peuvent donc étre « très précoces el, en quelque sorte, prémoniloires de

« la crise paludéenne ». D'autres fois, ces troubles intestinaux sont concomilants de la période fébrile, mais avec une lelle prépondérance qu'ils peuvent en imposer pour un diagnostic autre que celui du paludisme. Ces cas sont davantage connus, ils rentrent dans les cadres que les auteurs anciens appellent « les fièvres accompagnées ».

En dehors de la fièvre, l'esprit du médecin peul être quidé par la périodicité de ces phénomènes inlesfinaux. Ces fails n'élaient pas passé inaperçus. Déjà en 1742, Richard Morlon disait : « Simulant les maladies les plus diverses... se cachant avec soins sous le masque de vomissements incoercibles. . d’une diarrhée très douloureuse, de choléra... des coliques d'estomac... elle ne fait que Îrès souvent dévier le médecin de son bul, c'est en vain que le médecin attaque les Symplômes du mal avec les remèdes appropriés, car tant qu'on néglige le ferment fébrile, à La prochaine période d'effervescence, les symplômes premiers ou d'autres encore plus funestes, réapparaissent inopinément. Alors, le médecin f'ail le métier de Sisyphe, et le malade, aux dépens du précieux trésor de l'existence, où du moins à son grand péril, porte la peine de l'ignorance ou de l’incurie du médecin (Mahé Traduclion) »: Et plus récemment. Dopler y faisait allusion dans son livre sur « Les Dysenteries » : « S’il esl des cas nombreux sans doute, écrit-il, où les paludéens présentent des atteintes dysentériques, bacillaires ou amibiennes, il en est d’autres où le syndrome dysentérique semble provoqué par l'hémalozoaire luimême. Il suffit d'observer au microscope à l'élat frais

où après coloration au milieu du [locon muqueux ou

muco-sanglant, on décèle aisément l'agent pathogène décrit par Laveran ».

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D'ailleurs, le problème se complique du fait des assoctalions nosologiques possibles. C’est ainsi qu'un paludéen peut avoir une dysenterie amibienne ou une diarrhée provenant d'une autre infection ou qu'il peul être porteur d'un parasile plus élevé comme l’helminlhiase (Ségal.

La dissocialion de loules ces causes est évidemment difficile el pratique, aussi nous efforcerons-nous de n'apporler que des observalions où ces causes d’erreurs nous paraissent avoir élé envisagées el éliminées aulant que possible.

Le laboraloire garde tous ses droits dans la discriminalion de ces différentes causes éliologiques. Mais nous considérons que la clinique doil rester prépondérante.

Il n'est pas besoin d'exiger la présence d'hématozoaire dans les selles diarrhéiques ni même dans le sang périphérique pour dire qu'elles sont d'origine paludéenne. Qu'une diarrhée résisle à lout, qu'elle soit plus ou moins intermittente, du fait qu'elle quéril par l'emploi de la quinine chez un sujel qui a élé paludéen ou qui se trouve en pays paludéen, cela suffit nécessatrement pour le diagnostic.

Pour la clarlé de notre élude, il nous semble bon de diviser ces formes inlestinales d'après les deux grands syndromes sous lesquels elles se présentent surtout, la diarrhée el la dysenterie, que nous classerons de la facon suivante :

A. — Diarrhées paludéennes.

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