Avec antécédents paludéens
a) avec fièvre (obs. XX à obs. XXNXIV).
b) sans fièvre (obs. XX XV).
Après Ühislorique des formes intestinales du paludisme, nous exposerons nos observalions en les commentant, S'il y a lieu, puis la symplomalologie fera l'objet d'un autre chapilre. Successivement, nous pusserons en revue le diagnostic, les différentes pathogénes de ces formes et le traitement si important par ses heureux résultats.
Historique
L'histoire des manifestations intestinales du paludisme, particulièrement des entérites paludéennes, diarrhéiques et dysentériques, est passée par de nombreuses vicissitudes. Tour à tour, les auteurs établissaient une relation étroite entre les symptômes intestinaux el leur nature exclusivement palustre. D'autres, voyaient au contraire, un état d’inflamma- Hüion banale indépendant de l'affection malarienne.
Précédées par les effets merveilleux de écorce de quinquina sur les fièvres du Nouveau-Monde, l’importation et la vulgarisation de ce médicament en Europe marquent une première date dans l'histoire des formes viscérales du paludisme.
Déjà en 1642, Richard Morton, dans un arlicle de sa pyrétologie intitulé « De proteiformi intermittentis febris genio » atlira attention sur la symptomatologie et le traitement de quelques-unes des formes anormales par lesquelles se révélait le paludisme. Ainsi pour Richard Morton, la cure de quinine élait le seul remède efficace de ces fièvres. A cette époque, la question ne suseita pas grand intérêt. Ce n’est que cinquante ans plus tard, au début du xvin® siècle, que l'on commença à entrevoir quelques notions sur les manifestations intestinales de nature paludéenne. Les grands auteurs Italiens Ramazini, Baglivi, Lancisi el Torti apportèrent une large contribution à cette étude. De nombreux et intéressants documents mirent en relief les manifestations gastrointestinales du paludisme. En 1712, Torti, dans son livre « Therapeutic specialis ad febris quasdam per-
rues
niciosas » eita parmi les formes particulières du paludisme celles qui se rapportaient au tube digestif. Pour lui, le vomissement (vomitus), certains flux du ventre (flux alvis), cholériques, dysentériques, diarrhéiques sont autant de formes spéciales par lesquelles se révélait la malaria.
Ultérieurement, la doctrine professée par Morton el les grands pyrétologistes Italiens, si séduisante aux points de vue étiologique, symptomalologique et thérapeutique, fut rapidement battue en brèche et délaissée même par ses fondateurs.
Au commencement du xix° siècle, les idées changèrent complètement avec Broussais. Les manifestalions intestinales ne furent plus considérées alors que comme « des phlegmasies fébriles » répondant à un état d'inflammation banale de l'intestin indépendant de la fièvre intermittente. Le traitement par les antiphlogistiques régna alors en maître. La quinine fut abandonnée
Les médecins militaires, les médecins de la marine, notamment Calvé, au Sénégal, et Catel, à La Martinique, furent les plus fidèles adeptes de la théorie et de la pratique de l'époque. La doctrine physiologique de Broussais, trop absolue par son unificalion et sa généralisation des faits, amena une réaction en faveur de la nature paludéenne de ces manifestaions inteslinales. Modérée au début, cette réaction concilia les deux théories palustre et physiologique de ces affections. Ce fut l'œuvre de Bailly (1835), Gaspard Roux (1828), Raymond Faure (1833), Andouard, Neeple (1835), P.-G. Maillot (1836). Ce dernier signala alors, entre autres symptômes, les accès dysentériques et diarrhéiques parmi les troubles or-
ganiques de Ja fièvre paludéenne en Algérie. Il Les
différencrait nettement des affections à symptomatologie commune. À la même époque, Levacher, dans son € Guide médical du praticien aux Antilles », donna sur les diarrhées dans Ia malaria d'intéressants documents.
Plus tard, avec Worms (1856), Perrier, Haspel, Cambay, surtout Boudin (1842), Cherrin (1842) et Cazalas (1857), cette réaction devint à son tour excessive. Toutes les manifestations fébriles furent alors attribuées au paludisme. Elles ne se distinguaient les unes des autres que par le degré d'intoxication palustre (Fhématozoaire du paludisme n’élait pas encore découvert). La quinine constilua leur unique traitement. [ne tarda pas alors à se produire une violente réaction qui, heureusement, devait mettre un peu d'ordre dans cette grande question du paludisme viscéral.
L'observation rigoureuse des faits permit alors de ranger dans un cadre très limité les différentes formes et particulièrement les manifestations gastrointestinales du paludisme.
De nos jours, l'évolution des idées fait que nous admettons les formes viscérales du paludisme. Les recherches de laboratoire ajoutent à la classification clinique sa rigueur de diagnostic éliologique.
Dans notre travail, nous nous bornerons simplement à l'étude des formes diarrhéiques et dysentériques du paludisme.