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espèce banale se trouvant au préalable dans cette eau et qui aurait envahi secondairement les mucosités. Il n'aurait donc été question que d'un cas intéressant de pseudo-parasitisme.
« Le lendemain, je demandais de nouvelles matières. Celles-ci furent rendues dans un vase préalablement nettoyé et introduites dans un flacon bien propre pour les transporter au laboratoire. Cette fois, il s'agissait de matières diarrhéiques ordinaires. L'examen microscopique me montra des quantités de cellules muqueuses et de cristaux de phosphates ammoniaco-magnésiens : il y avait bien quelques apparences de kystes d’infusoires, mais je ne pouvais rien affirmer. Je fis donc une série de cultures dans l’eau stérilisée, et, les jours suivants, je trouvai dans toutes ces cultures une culture pure de mon premier infusoire. Je cherchai alors à le déterminer : c'était le chilodon dentatus (Dujardin, 1841) qui se trouvait être ainsi le premier infusoire observé en France dans l'intestin de l’homme. »
Un doute subsistait pourtant dans l'esprit de M. le professeur Guiart, et voici sa seconde observation :
« En 1911, M. le professeur Weil m'envoya, pour les examiner, les selles d'un enfant présentant des symptômes typhiques. L'examen microscopique me permit de reconnaître immédiatement un grand nombre de flagellés et d’amibes différents de ceux que l'on connait comme parasites de l’intestin de l'homme. À première vue, on pouvait croire à un Cas nouveau de parasitisme, mais, en voulant déterminer ces organismes, je reconnus bien vite que le flagellé était tout simplement le
NTM ee monas termo, et l'amibe l’'amæba limax, si fréquents tous deux dans les eaux stagnantes.
« Renseignements pris, le liquide qu'on m'avait envoyé était formé par le dépôt provenant d'un lavage intestinal, lavage qui avait été pratiqué avec de l'eau de puits. M'étant procuré de cette eau, je la centrifugeai et fis l'analyse microscopique du dépôt ; elle ne renfermait pas d’infusoires, mais beaucoup de matières organiques.
« Un autre examen, fait cette fois avec les matières fécales du malade, ne donna aucun résultat.
« Les amibes et les flagellés provenaient donc vraisemblablement de kystes ayant pu cultiver dans l'eau pendant le temps qui s'était écoulé entre le lavage intestinal et l'examen microscopique.
« Rapprochant ce fait de l'observation que je fis en 1903 sur le chilodon dentatus, je fis des cultures de matières fécales de provenance diverse dans des vases renfermant de l’eau et bouchés. Or, des rotifères, des flagellés, des infusoires se développèrent bientôt dans ces cultures. Des chilodon dentatus se multiplièrent en abondance dans le voile de surface. Je n'avais donc eu, vraisemblablement, affaire en 1903 qu'à un pseudoparasite.
« Le cas du professeur P. Manson, trouvant en 1909, avec son élève le D' Sambon, dans des selles dysentériques un infusoire identique au mien, devient ainsi très douteux.
« Cependant, étant donné que le chilodon dentatus peut vivre dans une infusion de matières fécales, rien ne s'opposerait à ce qu'il puisse se rencontrer dans des
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matières diarrhéiques et surtout dans du mucus intestinal. C'est, en effet, dans ce mucus, que Manson et moi l'avons observé chez l'homme; et c’est dans le voile de surface, de constitution analogue, qu'on le rencontre aussi dans les infusions; mais il n’en suit pas forcément qu'il puisse vivre dans l'intestin, car il y a là des conditions très particulières de température et de milieu. »
M. le professeur Guiart conclut ainsi : « Pour moi, le chilodon dentatus, Yamæba limax, d'une façon générale, les flagellés et les protozoaires peuvent être introduits en grand nombre dans le tube digestif avec une eau contaminée; mais alors ils s'enkystent sous l’action des sucs digestifs et de la température et traversent ainsi l'intestin sans être altérés.
« Si les matières fécales sont diarrhéiques ou sont additionnées d’eau, les kystes peuvent se développer, une fois les matières hors de l'intestin et la constatation de milliers de protozoaires parcourant en tous sens le champ des préparations microscopiques peut en imposer pour du parasitisme; l'erreur a été commise ces dernières années par de nombreux auteurs ».