‹ Contribution à l'Étude des Différentes Formes de Pseudo-ParasitismeChapitre 5 sur 13 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

On sait, depuis la plus haute antiquité, que le corps de l’homme peut abriter certains parasites. A l’époque où vivait Hippocrate, «le père de la Médecine, » l’on connaissait déjà trois vers intestinaux : les Ronds, les Ascarides et les Larges; mais la « Possession » était particulièrement ancrée dans l'esprit de tous. Avant les « Possédés du Démon », qui remontent au christianisme, existaient les «Possédés des Dieux ». La possession, zoopathique, c’est-à-dire la possession causée par la présence d’un animal avait une place des plus restreintes ; en prenant certaines précautions, on pouvait croire à la possibilité d'éviter la pénétration animale; que faire, en revanche, contre l'Esprit qui s’insinue, fluide, impondérable, par l'orifice le plus caché.

Au moyen-âge la zoopathie se développa considérablement. On trouvera au chapitre II une observation d'Ambroise Paré qui nous montre, chez les gens de son époque, la croyance à la possibilité de la « Possession ». De plus, aucun moyen d'investigation scientifique ne

permettait de différencier le parasite vrai (être vivant passant tout ou partie de son existence sur un autre être aux dépens duquel il se nourrit) d'avec ie parasite accidentel (saprophyte ou saprozoaire) et d'avec le pseudo-parasite (corps organisé ou inorganisé, organique ou inorganique trouvé chez l’homme). L'histoire naturelle en était, en effet, alors à ses débuts ; la loupe était l'unique moyen d'investigation. De grossières erreurs ont donc pu être commises, les observateurs prenant pour des parasites de simples corps étrangers trouvés dans les voies digestives ou dans la profondeur des tissus. La découverte du microscope composé permit enfin de distinguer les corps organisés d'avec les corps inorganisés; les études histologiques firent faire un pas plus décisif encore, en permettant de différencier les tissus animaux des tissus végétaux ; enfin et en même temps les progrès des sciences naturelles firent rapporter à leur place véritable dans la classification certains pseudo-parasites pour lesquels on avait trop de tendances à créer des catégories nouvelles.

Ces considérations s'appliquent aux organismes, aux corps étrangers trouvés chez l'homme, mais la source des pseudo-parasites peut être différente.

Nous savons que certaines névroses, l’hystérie par exemple, s'accompagnent fréquemment de simulation ; cette notion est relativement récente et, avant de connaître ces faits, un médecin pouvait accepter et décrire comme parasites, les objets les plus divers qu’il trouvait dans les orifices naturels du malade, ou que celui-ci prétendait avoir expulsés. Parfois aussi, un

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ROSE monomane du suicide, un homme atteint de perversion du goût, peut évacuer réellement certains organismes ingérés. Les selles, les urines, peuvent également contenir des petits animaux en grand nombre; un esprit simple, parfois même un médecin peu averti peut en déduire que ce sont là des parasites, sans songer à incriminer le récipient où ont été recueillies les matières et les conditions dans lesquelles elles ont été examinées.

Aujourd'hui, grâce aux progrès des sciences naturelles, médicales et histologiques, il est assez facile de déterminer la véritable nature des pseudo-parasites. Quelques-uns étaient devenus classiques et avaient droit de cité dans le domaine de la parasitologie ; ils se sont évanouis successivement.

MM. les professeurs Blanchard, de la Faculté de médecine de Paris et Guiart, de la Faculté de Lyon, ont, tant par leurs publications que par les collections qu'ils ont constituées dans leurs laboratoires, contribué grandement à éclaircir cette importante question.

Dans une étude aussi rapide que possible nous allons examiner les diverses formes de pseudo-parasitisme.

Débutant par l'exposé de la zoopathie interne, nous envisagerons rapidement quelques cas de simulation et passerons enfin à l'examen du pseudo-parasitisme :

a) d'origine végétale, b) d’origine animale,

par lequel nous terminerons notre étude.

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