OBSERVATION V
Eviplocèle droite subaiguë simulant une appendicile
(Observation tirée du Viener Medizinische Presse) 1898 p.617 J. Bogdanick.
Siegfried P..., âgé de 24 ans, porte depuis trois ans dans le canal inguinal droit une hernie réductible qui jusqu'ici ne l’a pas incommodé.
Le 17 août 1897, le malade fut pris subitement de vomissements et de douleurs violentes dans la région du cœcum.
Il rentre à l'hôpital le 19 août.
L'aspect du malade n’est pas mauvais, sa température cst de 3708, le pouls bat à 104. Il présente dans la région cæcale une tuméfaction douloureuse qui se dirige en haut.
La peau qui recouvre cette tumeur est rouge. Le malade ne rend ni selles, ni gaz par l’anus, les vomissements sont fréquents. On lui fait prendre de la teinture d’opium et l’on
“place sur la tumeur des compresses de créoline. Le soir, la température monte à 389. Dans la nuit, le malade, après avoir beaucoup souffert, va à la selle et rend des gaz. Bien que dès ce moment son état se soit fort amélioré, on lui donne un lavement. Les phénomènes s’amendent et le 23 août la fièvre a complètement disparu
Le 30 août, la rougeur des téguments n'existe plus,
SE
mais la tumeur de la région cœcale persiste, quoique moins douloureuse. L’anneau inguinal droit laisse passer facilement le doigt, et en faisant tousser le malade, on sent une expansion mais sans sortie d’'intestin. Le diagnostic de hernie droite coincidant avec une appendicite est alors porté, et les phénomènes inflammatoires ayant disparu, on se décide à opérer. : |
Le 30 août, on fait une incisiomÿ comme pour une cure radicale de Bassini : on dissèque le canal déférent et l’on sent dans le sac un cordon mince. A l’ouverture du sac on voit que ce cordon est constitué par de l’épiploon de l’épaisseur dun gros fil. [’une des extrémités de ce cordon est adherente au fond du sac, l'autre se perd dans la région cœæcale. Pour arriver sur la tumeur, l’incision est prolongée jusqu’au bord des fausses côtes droites. Le péritoine incisé permet de voir la tumeur, marbrée, d’un jaune sale et de consistance assez ferme. Cette tumeur donnait l'impression d’une colléetion purulente, ce qui fut reconnu
faux ensuite.
On trouve, en effet, que cette tumeur est constituée par de l’épiploon hyperthrophié et adhérent au péritoine pariétal. On attire au dehors cet épiploon, qu'on lie au catgut et qu'on resèque. Le bout central est réduit dans la cavité abdominale. L'extrémité périphérique est libérée de ses adhérences avec la main. On trouve alors que lépiploon n’adhère pas seulement au péritoine parietal, mais qu'il est intimement uni au colon ascendant, à l'intestin grêle et au CœCuMm.
L'appendice quoique un peu hyperhémié est sain et normal ; il est enclavé dans la tumeur mais se laisse facilement énucléer, et séparer de la partie filiforme de Pépi-
ploon contenue dans le sac. Il existe aussi un autre prolongement plus épais descendant dans le petit bassin et que l’on détache aussi avec la main.
Le champ opératoire est nettoyé avec de la gaze aseptique et les parois abdominales sont suturées. On laisse des drains dans le petit bassin et l’on termine par une cure radicale de Bassini. On fait un pansement à la gaze iodoformée. L'opération a duré 105 minutes.
Le jour de l'opération, le malade a des vomissements et des douleurs assez violentes qui se calment le jour suivant, il rend des gaz et le ventre n’est pas ballonné. Le soir, la température monte à 3705 et descend le lendemain à 3609.
Le 3 septembre, on change le pansement et on enlève les drains. Le 7, on fait un nouveau pansement et on enlève les points de suture.
Le malade est repris par la fièvre du 12 au 16 septembre, sa température s'élève à 39, et cela à cause d’un petit abcès formé à la partie interne de la cicatrice.
Le malade sort guéri de l'hôpital, le 21 septembre.
L'auteur fait au sujet de cette Observation les réflexions suivantes : |
« Dans ce cas, dit-il, le diagnostic était impossible avant l'opération, tous les symptômes éprouvés par le malade étant des symptômes d’appendicite. On trouva du reste une inflammation adhésive de l’appendice.
Ce cas est exceptionnel ; aucun autre cas de ce genre n'étant signalé dans la littérature médicale. »
Ges réflexions paraissent suffisantes et nous voudrions n'y rien ajouter. Et cependant on peut se demander, étant donnée l'inflammation manifeste de l’épiploon, et