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CHAPITRE, VI

Prophylaxie et Traitement.

Le durillon, non compliqué, ne devient gênant que par son développement excessif. Dans ce cas on peut l’exciser, ou le ramollir et lFextirper. L'excision est d’ailleurs pratiquée, le plus souvent, par le malade lui-même. Pour rendre linfirmité supportable, il suffit, avec un bistouri, d'enlever par tranches, la partie superficielle de la callosité et de répéter cette petite opération de temps en temps.

La cure radicale n’a que peu d'indications. Pour la pratiquer, on ramollit le durillon pour l'extirper ensuite.

Pour ramollir la callosité on peut employer divers moyens : les bains chauds, l'application de traumaticine, l'enveloppement dans le caoutchouc.

On peut avoir recours à différents emplâtres : l'emplâtresimple, l'emplâtre mercuriel, l'emplâtre de savon

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et l'acide salicylique, l'emplâtre de gutta additionné de salicylde Biersdorf et Unna (1)

Pour l'ablation totale du durillon on peut encore se servir des caustiques, mais il faut avoir soin de limiter l'application caustique à la région épidermique épaissi, pour éviter de brüler la peau voisine. La cautérisation peut se faire avec une solution concentrée de potasse, d'acide nitrique fumant, ou encore d'une solution concentrée d’acide salicylique. Les applications caustiques devront être répétées à plusieurs jours de distance. Quand leur effet est jugé suffisant, on fait prendre un bainlocal pour détacher les callosités (2).

Dans la plupart des professions, la prophylaxie de ces lésions qui serait évidemment l'idéal est difficile à réaliser. La main, dans toutes les professions dont nous parlons, ne peut être remplacée par la machine. D'autre part les moyens pour la protéger de façon efficace sont très rares.

Dans certains métiers, les ouvriers font usage d’une enveloppe protectrice spéciale de la main que l'on désigne chez les cordonniers sous le nom de manique et qui semble la sauvegarde la plus sûre contre la production et l'accroissement des durillons. Ce petit appareil consiste essentiellement en une plaque de cuir, destinée à s'appliquer le mieux possible sur la paume de la main et qui est retenue au niveau du poignet et

(1) Kaposi, — Leçons, t, IT, p, 41.

(2) Gaucher, — Leçons, t IT, p, 182,

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de la région dorsale du métacarpe, par deux cordes attachées sur les côtés de la manique.

Le port de la manique peut également empêcher certaines complications de se produire. Ce sont surtout ces complications qu'on pourrrait diminuer, sinon empêcher de façon absolue. Il suffirait pour cela de quelques soins de propreté. Quelques lavages minutieux à l'eau et au savon diminueraient singulièrement les chances d'infection. Malheureusement dans certaines classes ouvrières, la propreté la plus élémentaire est une chose presque totalement inconnue.

À ceux dont les mains sont souvent dans l'eau froide, on pourra conseiller l'application de corps gras de glycérine où de vaseline. C'est un des meilleurs moyens prophylactiques contre les fissures.

Se produit-il un durillon forcé où un panaris, l'inci: sion précoce sera la règle.

Contre la rétraction des doigts, il n'existe guère de traitement. Mais cette difformité ne se produit guère que chez les vieux ouvriers ; ceux-ci n’en sont pas trop incommodés, puisque leur difformité correspond à une attitude de la main exigée par la profession.

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Enumération des diverses professions et des callosités

qu'elles déterminent.

Pour passer en revue les différentes professions qui déterminent des modifications de l’épiderme nettement prononcées, nous avons adopté l'ordre alphabétique. En eflet, la nature des industries ne pouvait servir à établir une classification puisque des professions assez dissemblables peuvent produire des lésions à peu près similaires. ;

Bijoutiers.

Bijoutiers-graveurs. — Ces ouvriers présentent à la main gauche un durillon noirci occupant la face externe des deux phalanges du pouce, des trois phalanges de l'index et des premières et deuxièmes du médius.

À la main droite. un durillon occupant la pulpe du pouce et de l'index, un durillon à la base de ce doigt

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se dirigeant vers la paume de la main. Le bord radial de l'ongle du pouce est usé. Durillon à chaque coude voussure du dos. (Vernois)

Ces lésions sont produites par la pression de la main gauche qui enserre le porte-objet où est placé le bijou à graver, la pression du burin sur la main droite et sur le bord du pouce. Les graveurs sont constamment accoudés sur la table de travail, le corps fortement penché en avant.

Bijoutiers-guillocheurs.

[ls présentent à la main gauche quelques légères callosités vers le bord cubital de la face palmaire et sur la pulpe des doigts. À la main droite quelques callosités au bout du pouce et de l'index. Une callosité très marquée au coude droit seulement. (Vernois)

Les callosités de la main gauche sont produites par la mise en jeu de la nfanivelle dont la roue et la rotation sautillante permettent au burin poussé par la main droite sur la pièce à guillocher, d'y graver régulièrement les traces de son passage acéré. Le durillon du coude dû à la pression sur la table est peu marqué -chez les ouvriers qui se servent d'un coussin protecteur.

Bijouliers-sertisseurs.

Vernois qui donne des descriptions d'une pa:faite exactitude des lésions professionnelles des bijou-

tiers-graveurs et guillocheurs ne mentionne d'aucune façon les callosités des sertisseurs. On est d'autant plus frappé de cet oubli que les durillons de ces ouvriers présentent un aspect très caractéristique, tout à fait pathognomonique.

Main droite. L'ongle du pouce est usé sur son bord radial. La pulpe du pouce est aplatie, parcheminée, elle offre un sillon longitudinal plus rapproché du bord radial. La dernière phalange du pouce. est luxée en dehors. La pulpe des autres doigts est à l'état parcheminé.

Dans la paume de la main au dessous du pli de flexion inférieur une barre kératosique de plusieurs centimètres de longueur, très épaisse, plus marquée en dedans qu'en dehors.

À la face externe de la phalangine du médius une petite barre de kératose oblique.

De petits durillons sur toutes les phalanges des trois doigts du milieu, au desseus des plis articulaires.

Main gauche. Durillons sur la face palmaire des deux phalanges du pouce, sur le bord radial de l'index, enfin une barre de kératose dans la paume de la main entre les deux plis de flexion.

Les lésions de la main gauche sont dues à la pression exercée par cette main sur l'objet de travail ou sur le porte-objet.

Les lésions de la main droite sont produites par le maniement de l'échoppe; sorte de poinçon à manche. très court, qui se loge, en totalité, dans le creux de la

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main et dont la pointe passe sur le bord radial du pouce.

OBSERVATION I (Personnelle).

Ferret, bijoutier-sertisseur, 13, rue Chapon, 45 ans, exerce la profession depuis 28 ans, le dimanche il s'occupe de jardinage.

Les lésions sont également prononcées aux deux mains.

Main droite. — La pulpe du pouce est parcheminée, l'ongle est usé vers son bord externe. au niveau du pli articulaire une fine barre kératosique transversale.

Dans la paume ; un gros durillon à direction transversale qui commence vers le bord cubital et se prolonge jusqu’au milieu de la face palmaire ; ce durillon présente un bord supérieur presque tranchant et qui se confond avec le pli de flexion inférieur. *

Quelques petits durillons, au niveau de l'articulation phalingo-phalanginienne du petit doigt, sur le bord externe de l’annulaire, sur la face antérieure de la phalangine du médius, sur le bord externe de l'index.

Main gauche. — Un épaissisement marqué de l’épiderme de la face radiale de l'index.

Dans la paume de la main une bafre kératosique transversale d'environ 3 centimètres. de longueur, entre les deux plis de flexion.

L’index et le médius présentent de petites callosités cireu

laires sur toutes les phalanges.

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