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OBSERVATION li (Personnelle).
Bartel, bijoutier-sertisseur, 57, rue Réaumur, 48 ans.
Les callosités sont moins étendues, moins épaisses que dans l'observation précédente, mais on reconnait d'autant mieux les lésions vraiment caractéristiques de la profession.
Main droile. Le bord radial de l’ongle du pouce est complètement usé, déchiqueté. La dernière phalange du pouce n’est plus dans le prolongemenl de la première, elle est luxée en dehors
La pulpe de tous les doigts présente un épaississement très marqué.
Dans la paume de la main au dessous du pli de flexion inférieur, qu’elle fait ressortir davantage, une barre de kératose de $ centimètres de longueur, d'environ $ millimètres d’épaisseur. Cette callosité est plus large en dedans que vers le milieu de la main, inférieurement elle se confond insensiblement avec la peau voisine, le bord supérieur est net, rectiligne.
Sur la face externe de la phalangine du médius une barre oblique de 1 centimètre de longueur.
Les lésions de la main gauche sont à peine prononcées.
Blanchisseuses.
Parmi ces ouvrières on peut établir quatre catégories diflérentes : les laveuses de gros linge, les blan-
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chisseuses à la rivière, les blanchisseuses au tonneau, enfin les jeunes apprenties dont la fonction principale, à Paris au moins, consiste à porter le linge en ville.
Chez les laveuses l'épiderme des deux mains est considérablement épaissi; les lésions sont toujours plus marquées à droite qu'à gauche. Entre les doigts et sur le dos dela main il se forme des gerçures. Les avant-bras présentent un aspect bien caractéristique, la peau est rouge, lisse.
Ces lésions sont dues à deux causes bien distinctes ; d'une part l'action du battoir, instrument à manche assez lourd, d'autre part l’action d’un liquide très irritant, eau additionnée de savon, de carbonate de potasse et d’eau de Javel.
Chez les blanchisseuses à la rivière nous trouvons les mêmes lésions, le plus souvent moins prononcées; les ouvrières faisant un usage moindre de substances caustiques. Mais il existe chez elles un signé spécial, une bourse séreuse prérotuliénne, ces ouvrières travaillant toujours à genoux.
Les blanchisseuses au tonneau présentent les mêmes signes aux mains. Elles ont en plus un durillon nettement circonscrit sur les deux avant-bras au milieu de la face cubitale ; cette callosité est produite par un frottement continu déterminée par le point d'appui pris sur les bords du tonneau.
Chez les blanchisseuses porteuses de linge, le port au bras de paniers très lourds produit fréquemment une inflexion de la colonne vertébrale. Un peu au dessous du pli du coude, il existe un durillon transversal pro-
LAS duit par la pression de l'anse du panier La déviation
de la colonne se fait dans le sens opposé au bras qui présente la callosité.
Bordeuses (chapeaux, casquettes, bottines, etcr u(..
La face palmaire de la main gauche, qui tient solidement l'objet de travail, est parcheminée, calleuse sur lé bord interne de l’'éminence hypothénar. Les piqüûres de l'aiguille qui vient büuter à chaque instant le bord externe de la phalangette de l'index gauche produisent un épaississement de l'épiderme parsemé de points noirâtres. La main droite n'offre rien de spécial.
‘Brossiers.
Les brossiers font usage de ciseaux très forts appelés forces, à l'aide desquels ils coupent les crins pour égalisser la surface des brosses. La pression constante de cet instrument produit des lésions communes à tous les ouvriers se servant de ciseaux, tondeurs, coupeurs d'habits, coiffeurs, couturières. La main droite seule présente des signes appréciables : callosités à la face dorsale des deux dernières phalanges, de l’annulaire, sur le bord radial de l'index aü niveau de la phalangette, sur la deuxième phalange du pouce.
Bnisseuses.
Les brunisseuses présentent à la maih droite, trois
durillons, disposés sous forme de bandes transversales à la partie antérieure de la région palmaire. Un durillon arrondi sur la face palmaire de la première phalange de l'index, du médius ét de l'annulaire. Un durillon volumineux et très saillant situé sur le bord externe du petit doigt dans la commissure interdigitale et faisant saillie sur la face dorsale. Une autre callosité semblable existe souvent à la partie antérieure et supérieure du thorax au dessous de la clavicule droite.
Tous ces durillons sont en rapport avec la pression constañte exercée par les deux instruments dont ces ouvrières se servent pour leur travail. De ces deux instruments, appelés brunisseurs, l’un très volumineux, est tenu à pleine main et son extrémité supérieure appuie au dessous de la clavicule; l'autre plus petit passe d'une part entre le pouce et l'index, d'autre part entre l’annulaire et le petit doigt (1).
OBSERVATION III (Due à l'obligeance de M. Gaucher)
Mademoiselle Léonie Ballon, 18 ans, brunisseuse. 37 cité industrielle.
Le 12 février 1897.
La malade était entrée à l'hôpital en novembre 1896 pour une crise de chloro-anémie. On remarquait à ce moment que la main droite présentait en raison de son métier plusieurs
plaques et sillons de kératose nettement délimités.
(1} Gaucher. — Leçons, t. IE p. 179.
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Face palmaire. — Au niveau des deux plis transversaux da flexion se trouve supérieurement une bande de kératose de 4 centimètres environ avec une dépression centrale correspondant à la racine du médius.
Inférieurement, également un sillon u1 peu moins allongé, de 3 centimètres environ, allant de la racine du médius au bord interne de la main; ce pli est plus saillant et plus dur que le précédent.
A la base de l’articulation métacarpo-phalangienne de l'index, du médius et de l’annulaire se trouvent également trois plaques de kératose, la première peu marquée, s’allongeant et se perdant dans l’espace interdigital correspondant. la deuxième plus accentuée, sous forme de deux durillons superposés, séparés par un petit pli de peau saine, la troisième au niveau de la base de l’annulaire faisant 4-peine saillie et beaucoup moins dure que les précédentes.
On voit encore sur cette face : Au bord externe de la phalangette de lannulaire une petite barre kératosique de un centimètre de long sur $ millimètres de large environ, et au bord externe de la phalanette de l’auriculaire la même lésion moins prononcée et de dimensions moindres.
Face dorsale. — La peau est saine sur toute l’étendue de la main, à l'exception du bord interne de la partie supérieure de la phalange du petit doigt.
Action des instruments. Toutes les plaques de la face palmaire de la main sont produites par la tenue et le maniement énergique et prolongé d’un instrument appelé brunisseur, à manche épais, de cinq centimètres de diamètre environ, et qui passe parallèlement aux plis de flexion.
Tandis que le durillon de l’auriculaire (face dorsale) est pro
duit par un brunisseur également mais dont le manche ne mesure que deuxcentimètres de diamètre environ, et passe supérieurement entre le pouce et l'index, inférieurement entre l’annulaire et le petit doigt dans la face palmaire, obliquement aux plis de flexion.
Il est intéressant de remarquer que le manche de l’instrument le plus épais porte également sous Ja clavicule droite à 4 centimètres environ de l'articulation sterno-claviculaire. La malade présente à cet endroit une légère plaque d’épiderme un peu épaissi, mais ne présentant pas les caractères kératosiques des plaques de la main, le contact de l'instrument n'étant pas immédiat et la peau protégée par les vêtements.
Caractères des lésions. Ces épaississements de l’'épiderme sont ovalaires et non nummulaires, à grand axe parrallèle aux plis de flexion de la main; d'une coloration blanc sale secs, durs. À leur niveau, la sensibilité cutanée a presque disparu et les lignes normalesde la peau sont presque effacées.
Lors de son séjour à l'hôpital, c’est-à-dire durant une vingtaine de jours, les durillons se sont applatis, rammollis, la sensibilité est un peu revenue. Toutefois il en restait des traces très nettes et un épaississement assez marqué.
Actuellement elle a repris son travail et sous l’influence de la même cause que précédemment la kératose a reparu. Les durillons occupent la même place. Ils ont une épaisseur d’environ un demi centimètre en moyenne, ne sont pas douloureux, en un mot présentent le mème aspect que lorsque la malade a
été vue pour la première fois.