‹ Contribution à l'étude des dysenteries et de leur traitement chirurgicalChapitre 12 sur 82 · D CAT EE · texte numérisé non relu

D CAT EE

Il est possible, en effet que la prétendue récidive ne soit en réalité qu’une réinfection.

C'est le cas d’un Sénégalais qui fut évacué, une première fois, sur l’Ambulance 13/21 pour une dysenterie. La culture des selles montra l'existence du Shiga. Traité par le sérum et guéri, il revint deux mois après, avec une nouvelle atteinte de dysenterie, cette fois à Flexner.

Toutefois, dans l'observation 35, un malade atteint cinq mois auparavant de dysenterie et qui n'avait pas eu de vraie guérison, mais des récidives quasi subinñtrantes, resta en traitement pendant deux mois et demi, aves des selles continuellement purulentes. D'après l'évolution, il s'agissait d’une même dysenterie chronique à rechutes. Or, ce ne fut qu’à la sixième culture des selles que l’on obtint un résultat positif à Shiga. 2

Dans cette observation et dans d’autres semblables, il semble bien que la dysenterie chronique récidivante fut nettement bacillaire. Dans d’autres cas, il a été possible de suivre des malades atteints la première fois d’une * dysenterie mixte, à la fois amibienne et bacillaire, et la seconde d’une dysenterie seulement amibienne (36). Dans l'observation 37, enfin, le malade atteint la première fois d’une dysenterie bacillaire, présenta ultérieurement une dysenterie mixte, amibienne et bacillaire.

On voit par ces exemples, combien furent polymorphes, au point de vue bactériologique et parasitaire, les dysenteries récidivantes dont nous rapportons les observations.

Le caractère des dysenteries récidivantes consiste en la séparation des diverses poussées dysentériques par des intervalle de guérison en apparence complète.

On peut décrire aussi une forme prolongée ou à rechutes dans laquelle la guérison dans l'intervalle des crises n'est jamais complète. Il y a toujours des glaires mélangées aux selles, plus ou moins moulées, souvent les enrobant.

Il est surtout intéressant de noter que la guérison n’est jamais complète dans les intervalles qui séparent les poussées aiguës des dysenteries récidivantes. Le syndrôme dysentérique disparaît pour faire place à un syndrôme entéritique que Mouriquand et Deglos ont bien étudié récemment.

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Nous rappellerons les aspects principaux que prennent les selles. Les types nous ont paru moins complètement distincts que ne l’indiquent ces auteurs ; ils peuvent se succéder chez le même individu d’une semaine à l’autre. On peut même observer les diverses variétés de selles chez le même malade dans la même journée. Toutefois, le classement en 3 variétés des troubles intestinaux chroniques chez d'anciens dysentériques est d’une grande utilité. Quand on les observe chez un individu qui a été atteint antérieurement de dysenterie, on peut assurer leur nature pathologique et prévoir la rechute de la dysenterie. L'examen des selles et la recherche des kystes amibiens permettront quelquefois de déterminer .la pathogénie de la maladie et de prévenir la récidive.

Dans la première variété, la diarrhée prédomine, les selles sont séreusés.

Dans la deuxième variété, les selles sont crémeuses, pâteuses et en purée.

Dans la troisième variété, les selles sont en tas, étalées à la façon de la bouse de vache. Pour Mathieu qui a le premier décrit cette forme, cet aspect des selles est caractéristique de la colite muqueuse. Ravaut et Krolunitsky, Job et Hirtzmann, Mathéi et M. Bloch ont insisté sur les caractères quelquefois tardifs de ces selles en tas. |

Mouriquand et Deglos décrivent ces aspects des selles dans l’entérite chronique des amibiens. Or, Heuyer les a trouvés aussi chez des malades qui avaient été atteints de dysenterie bacillaire duement étiquetée, et qu'il a pu suivre pendant plusieurs mois, sans jamais pouvoir mettre en évidence par des examens répétés, des amibes vivantes ou des kystes à

4 noyaux. La colite muqueuse peut être une séquelle de cer-

taines dysenteries bacillaires comme des dysenieries ami-

biennes (1). Quê survienne à la suite de cette période de

(4) Déjà l’an dernier, nous émettions l'hypothèse que nombre de prétendues « entérites muco-membraneuses » et « entérites chroniques », n'étaient peut-être que des dysenteries méconnues. Tout récemment, Marcel Labbé a pu le démontrer nettement en rapportant plusieurs observations d’ « entérite glaireuse »,

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colite muqueuse une nouvelle poussée dysentérique, l'examen du laboratoire peut déceler des amibes ; mais quelquefois aussi la coproculture donne un bacille, Shiga, Fiexner ou Hiss. :

D'autre part, Deglos dans une étude sur « Le syndrôme douloureux abdominal de l’entérite chronique des amibiens » a décrit des troubles douloureux, d'ordre sympathico-abdominal chez des malades très amaigris par les poussées successives dysentériques et par des diarrhées persistantes. Ces troubles constituent une sensation de pesanteur, de douleurs en barre, localisées assez bas, autour de l’ombilic et seraient dûs aux tiraillements par les organes ptosés des filets du sympathique et du plexus cœliaque.

-Lœper parlant de la cœælialgie au cours des dysenteries chroniques décrit des troubles d’origine névritique.

Ces phénomènes douloureux sont en effet fréquents au cours des périodes d’apparente guérison des Dysenteries récidivantes et s’associent souvent aux modifications des selles.

Quelquefois, au lieu de garder un caractère diffus, vague quasi anesthésique qui les fait justement dépendre de troubles ou de lésions du sympathique abdominal, les douleurs se localisent, se modifient dans leur forme et constituent un véritable syndrôme pseudo-appendiculaire que nous étudierons au chapitre suivant.

Voici pour terminer l'étude de ce groupe de dysenteries, “la statistique d’Heuyer :

Nombre total : 180 dysenteries récidivantes. Pendant les mois de juillet, août, septembre 1918, il en observa 62 dont :

Dysenteries amibiennes .... 18 ( ayant eu des antécédents Dysenteries bacillaires ..... 13 { de dysenterie depuis moins l d'un an Dysenteries non étiquetées.. 31

d’ « entérite chronique », de « diarrhée chronique et amaigrissement » où l'examen des selles fit « faire le diagnostic en déce- Jant soit des amibes vivantes, soit des amibes kystiques. » Dans nombre de ces observations, « c'est à peine s’il y eut au début une crise dysentérique caractéristique. »

Graphique des examens de selles pour

Dysenterie avec courbes des examens positifs de

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